STYLE OGIVAL PRI
trouve dans les voûtes coniques qui occupent le centre du transept de nos églises ogivales du Nord.
Ce système, qui peut offrir quelques avantages pour la solidité, ne permet pas d’embrasser d’un coupd’œil la perspective de l’édifice : le point de vue se trouve continuellement arrêté par la retombée des voûtes sur les arcs parallèles, qui forment ainsi une suite de diaphragmes d’un effet désagréable.
Tours. • — C’est au XIIIe. siècle surtout, que le génie des architectes parvint à élever jusqu’à une hauteur prodigieuse ces pyramides élancées qui donnent tant de mouvement à l’architecture ogivale.
Objet d’étonnement pour les siècles qui les ont vues naître, ces tours feront l’admiration de tous ceuxqui seront témoins de leur durée.
Elles sont percées de fenêtres longues et étroites, et assez souvent couronnées par des flèches octogones. Les espaces triangu- .
laires qui existent entre les quatre angles de la tour et la base de la pyramide octogone , sont remplis de quatre clochetons ; et les quatre pans de l’octogone qui correspondent aux quatre faces de la tour, sont occupés par des fenêtres à pinacles.
Beaucoup de tours n’ont pas été terminées et s’arrêtent là où eût dû commencer la pyramide octogone. Elles sont alors couvertes d’une plate-forme ou d’un toit supporté par une charpente (Notre-
MITIF (tours ). 393
TOUR DU XIIIe. SIÈCLE SURMONTÉE ü’UNE FLÈCHE PYRAMIDALE OCTOGONE.
DE CAUMONT. ABECEDAIRE D ARCHEOLOGIE.
Dame de Paris, Reims , etc. ).
Dans les grandes églises au XIIIe. siècle, comme dans celles du XIe. , les deux tours principales sont placées à droite et à gauche du grand portail de l’Ouest ; une autre tour moins haute , mais d’une plus grande hardiesse , s’élève portée sur les quatre piliers des arcades qui occupent le centre des transepts. Ce dôme était quelquefois ouvert de manière à présenter un grand vide au-dessus des voûtes. Alors, semblables à des lunettes colossales , ces tours allaient puiser la lumière à une grande hauteur pour la verser au milieu des nefs.
Mais on ne s’est pas toujours contenté de trois tours principales dans les grands monuments du XIIIe. siècle : les transepts qui offrent des portails'jnARE ^ d’une structure remarquable , au Nord et au Midi , sont quelquefois flanqués chacun de deux tours carrées, isolées sur trois faces, et percées de longues ouvertures sans vitres (Chartres, Reims, etc. ), qui devaient offrir la répétition des deux grandes tours de l’Ouest. A Chartres, deux autres tours étaient encore placées de chaque côté du chœur, à peu près au point où commence la courbure du rond-point.
Ces tours , qui auraient produit un effet admirable si elles eussent été achevées, sont presque toujours demeurées imparfaites (I).
Voici quelques exemples de nos tours du XIIIe. siècle, les plus sveltes et les plus élégantes.
(1) A Chartres et à Reims, elles ne s’élèvent guère plus haut que le toit et se terminent par des plates-formes. Mais la solidité avec laquelle elles ont été construites ne permet guère de douter que, dans l’origine , on n’eût eu l’intention de les couronner de fléchés en pierre.