U MOYEN-AGE
IMITATIONS DES DESSINS DE LA MOSAÏQUE PRÉCÉDENTE TIRÉES DES RUINES DE SAINT-SAMSON-SUR-RILLE.
Les incrustations en pierre de couleur et en terre cuite, les arcades sans ouvertures, à plein-cintre , les niches et les fausses fenêtres surmontées d’un fronton triangulaire, furent encore des ornements employés
(1) V. la troisième partie de mon Cours d’antiquités.
tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des monuments des premiers siècles du moyen-âge.
ciel.
INCRUSTATIONS EN TERRE CUITE DANS LE MUR DE L EGLISE SAINT-PIERRE, A VIENNE.
À l’intérieur les murs étaient plaqués de marbre, couverts de peintures, incrustés des plus riches mosaïques.
Ces mosaïques , principalement employées pour la décoration des absides, des murs latéraux, etc., etc., étaient formées de petits cubes en émail opaque de différentes couleurs et souvent dorés. Le bleu, le vert, le noir, le rose, le blanc, le brun, le grisâtre, sont les couleurs qu’on a le plus employées dans la composition des tableaux ainsi formés de fragments vitrifiés.
Nous n’avons plus en France qu’une de ces belles mosaïques en verre, bien qu’elles y aient été nombreuses durant l’ère mérovingienne, ainsi que le prouvent des témoignages incontestables; c’est celle de Germiny-les-Prés, que l’on croit du IXe. siècle, comme l’église où elle se trouve.
Les tableaux en mosaïque et les peintures à fresque représentaient le Christ, les Apôtres ou d’autres personnages, tantôt sous leur forme
ÈRE ROMAINE PRIMITIVE. 21
véritable, tantôt sous diverses formes emblématiques dont l’usage fut consacré, à partir du Ve. siècle.
Ainsi le Sauveur est souvent figuré par un agneau élevé sur un tertre d’où sortent quatre fleuves, et auquel rendent hommage douze autres moutons représentant les douze Apôtres.
L’agneau, seul avec la croix, représente Jésus-Christ.
Tout le monde sait que la figure du Bon- Pasteur, portant un agneau sur ses épaules et tenant à la main la houlette ou pedum , est l’image de la communauté chrétienne.
Le bœuf, l’ange, l’aigle et le lion furent très-anciennement, sans que je puisse assigner l’époque, les symboles des quatre Évangélistes.
Plusieurs autres animaux expriment des idées symboliques. Les colombes sont prises pour l’image de la pureté et de la douceur chrétienne ; le paon ou le phénix sont l’emblème de l’immortalité de l’âme et de la félicité éternelle; les cerfs ou les daims, qui viennent se désaltérer à une fontaine, figurent les chrétiens aspirant aux eaux vivifiantes.
Les poissons étaient emblématiques de la qualité de chrétien.
Outre les ornements sculptés et peints sur les murs, on voy ait encore dans les églises des tentures en étoffes plus ou moins riches.
On suspendait des rideaux aux balustrades qui entouraient le sanctuaire, aux arcades des nefs, etc. (1).
Les portes elles-mêmes étaient fermées au moyen de rideaux, dont la tradition s’est conservée jusqu’à nos jours , en Italie, dans ces pesantes tentures qu’il faut soulever et pousser devant soi pour pénétrer dans les églises.
Peut-on présenter quelques spécimens des sculptures employées dans la décoration des édifices de la période romane primitive?
On voit, dans le musée lapidaire de Lyon , des bas-reliefs ornés de rosaces, d’entrelacs, de moulures, trouvés à l’église St. -I rénée en 1824, et portant les numéros 531-32 et 33, qui me paraissent de l’époque mérovingienne.
Il existe, à l’église St. -Jean de Poitiers, des tables de pierre sculptées, incrustées dans la maçonnerie entre les fenêtres, et dont la partie supérieure. est taillée en forme de fronton. Les moulures en méplat qui
(1) Anastase-le-Bibliolhécaire parle souvent des rideaux qui décoraient les différentes parties des églises.
ornent ces pièces , d’une date à peu près certaine. , indiquent bien la manière des sculpteurs mérovingiens.
Ce sont des rosaces à lobes arrondis on lancéolés , des bordures
formées de perles allongées et de torsades; combinaisons que j’ai souvent retrouvées dans les objets d’art de cette époque.