‹ Abécédaire, ou, Rudiment d'archéologie (architecture religieuse)Chapitre 124 sur 182 · DE SENS · texte numérisé non relu

DE SENS

qui la recouvre. Dans un très-grand nombre, j’ai trouvé le dessin suivant, exécuté en rouge sur les murs. Ce sont des pierres d’appareil avec un fleuron au centre; ailleurs , j’ai vu des arcatures et l’imitation de quelques détails architectoniques , toujours peints en rouge d’ocre, en vert, en jaune et en bleu sur un fond blanchâtre.

On retrouve les mêmes teintes que dans les peintures du XIIe. siècle, mais le travail a subi des changements analogues à ceux de l’architecture.

Vitraux peints.

Un nouvel élément de décoration fut produit en grand , au XIIIe. siècle, par l’introduction des vitraux peints dans les églises; il y avait eu quelques vitres peintes dès le XIIe. M. Texier a publié le dessin d’un vitrail qu’il croit de 1135 et dont voici l’esquisse; mais ce ne

fut qu’au XIIIe. siècle que ce genre de décoration put être adopté partout.

Quelle origine peut-on attribuer aux vitraux de couleur?

Il est parfaitement certain que le verre a été employé à beaucoup d’usages chez les Romains, et de bonne heure chez nous on s’en servit pour vitrer les fenêtres des églises. Le verre de couleur put très-bien y être disposé de manière à former des mosaïques ; mais il règne beaucoup d’obscurité sur ce que pouvaient être, jusqu’au XIIe. siècle, les vitres peintes.

Effectivement on ne connaît pas, aujourd’hui, une seule vitre de couleur qui puisse, avec certitude, être rapportée au-delà du XIIe. siècle , et c’est réellement à cette époque que commence pour nous l’histoire de la peinture sur verre. Il est assez remarquable que le développement de ce genre de peinture coïncide avec le temps des Croisades , et l’on en a conclu que les peintures, les mosaïques et peutêtre les vitraux de l’Orient, où il y avait toujours eu des artistes , avaient dû inspirer les créateurs ou les rénovateurs de la peinture sur verre en Occident; mais il ne faut pas exagérer les conséquences de cette supposition. Sans nier l’influence de l’Orient, je crois, avec M. Emile Thibault, que l’art de la peinture sur verre, tout français, n’a emprunté de l’Orient que son style d’ornementation , en s’inspirant du souvenir de ses riches tapis.

Le développement de la peinture sur verre coïncide encore avec l’adoption de l’arc en ogive pour les ouvertures des édifices ; on conçoit quelle influence cette forme exerça sur la marche de l’art du peintreverrier, et réciproquement quelle influence le progrès de la peinture sur verre exerça sur le développement de l’architecture ogivale , en permettant aux architectes de percer ces énormes fenêtres que l’on trouve dans les édifices , dès la fin du XIIIe. siècle.

Les seules vitres à personnages que l’on cite comme remontant certainement au XIIe. siècle , sont celles que donna l’abbé Suger à son église, et dont il reste encore des verrières à St. -Denis.

Plusieurs autres verrières sont présumées du XIIe. siècle, mais on n’a pas, pour le prouver, comme à St. -Denis la signature de Suger, et l’on doit être très-réservé dans l’attribution de dates aussi reculées.

Les vitraux peints du XIIIe. siècle , jusqu’au temps de saint Louis et long-temps encore après son règne, sont composés de médaillons de différentes formes (circulaires, elliptiques, quadrilobés, en losange, etc., etc.), disposés symétriquement sur un fond de mosaïque , comme le montre l’esquisse suivante d’une fenêtre en forme de lancette , telle qu’on les faisait le plus souvent dans la première moitié du XIIIe. siècle.

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Des médaillons alternativement ronds et quadrilobés forment une ligne verticale de tableaux , au centre de la fenêtre ; d’autres cadres se trouvent à droite et à gauche des précédents ; mais, vu le peu d’espace, ils n’offrent que des moitiés de cintre et de quatrefeuilles : dans les ouvertures en lancettes, qui ont peu de largeur et un grand développement dans le sens de la hauteur, on a souvent réduit ainsi à moitié les médaillons qui touchent à la bordure de l’encadrement.

Ce sont ces médaillons qui ont été remplis de figures ; le reste n’offre qu’un fond de mosaïque.

Les mosaïques des fonds présentent le plus souvent des compartiments, tantôt carrés ou en losange, remplis de fleurs à quatre pétales , tantôt arrondis et garnis de feuillages, souvent avec des fleurons dans les intervalles qui sépa

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