‹ Abécédaire, ou, Rudiment d'archéologie (architecture religieuse)Chapitre 143 sur 182 · NEF SANS BAS-CÔTÉS · texte numérisé non relu

NEF SANS BAS-CÔTÉS

chercher une cause pour cette disposition , celle qu’on admet généralement serait vraisemblable ; mais ces déviations sont-elles intentionnelles ? C’est encore une question qui n’est pas complètement résolue.

Contrairement à ce qui se passe dans le nord , dans le midi de la

PLAN DE LA CATHÉDRALE DE SAINT-BERTRAND ( Haute-Garo'nne ).

France, notamment dans le sud-ouest, beaucoup d’églises du XIVe.

siècle n’ont pas de bas-côtés accolés à la nef ; le chœur n’en a lui-même que par suite de la clôture du jubé et des stalles qui le séparent du reste de l’église.

Au lieu de bas-côtés, on trouve des chapelles rectangulaires entre les épis des contreforts qui reçoivent les arceaux des voûtes. On a fait alors quelquefois, au-dessus de ces chapelles, des tribunes correspondant exactement à celles-ci et éclairées par de longues fenêtres à deux ou trois baies et à sommet garni de trèfles encadrés ; mais le plus souvent il n’y en a pas. On comprendra cette disposition par l’esquisse qui suit de deux travées de la cathédrale de St. -Bertrand-de-Comminges (Haute-Garonne).

Ainsi, au XIVe. siècle, les églises du Midi n’ont presque jamais de triforium , et le clérestory occupe les deux tiers de la hauteur des murs latéraux. La même ordonnance a été observée , au XVe. et au XVIe. siècle, dans cette partie de la France.

Contreforts et arcs-boutants. — La disposition des contreforts et des arcs-boutants était, au XIVe. siècle, à peu près la même qu’auparavant ; seulement on substituait quelquefois aux clochetons qui couronnaient les contreforts , au XIIIe., des aiguilles pleines, garnies de crochets, portées sur des bases carrées, octogones et parfois triangulaires.

La largeur considérable que prirent , au XIVe. siècle , les fenêtres du clérestory , et le peu de résistance que les murs à jour offrirent alors à la poussée des voûtes, obligea de renforcer les parties solides, entre les fenêtres, au moyen d’un plus grand nombre d’arcs-boutants. Le même contrefort servait souvent de support à deux arcs superposés (Amiens, St.-Ouen de Rouen, Le Mans, etc.).

Les clochetons n’avaient pas seulement pour but de couronner le contrefort, ils servaient aussi par leur poids à l’affermir contre la poussée des voûtes et des arcs-boutants.

Dans les contrées méridionales dont je parlais tout-à-l’heure , l’absence des bas-côtés saillants le long de la grande nef a dispensé d’établir des arcs-boutants ; les contreforts se sont élevés verticalement jusqu’au haut des murs, offrant souvent beaucoup de saillie. L’intéressante église des Jacobins de Toulouse, que je présente à la page 520, nous fournit un bel exemple de la disposition habituelle des contreforts , dans le Midi. Cette église, entièrement construite en briques, est une des plus hardies que je connaisse. Comme étude des constructions en briques , on ne peut trouver rien de mieux à observer ,

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