‹ Abécédaire, ou, Rudiment d'archéologie (architecture religieuse)Chapitre 153 sur 182 · ROSE FLAMBOYANTE A COMPARTIMENTS TRIANGULAIRES · texte numérisé non relu

ROSE FLAMBOYANTE A COMPARTIMENTS TRIANGULAIRES

les grandes ouvertures circulaires appelées roses , présentent le plus* ordinairement des ligures

contournées, ressemblant à des flammes, à des cœurs allongés , etc. , etc. , qui différent des trèfles, des quatre-feuilles et des autres ligures rayonnantes. C’est en raison de ces formes contournées , si souvent reproduites dans les compartiments des fenêtres , des roses , des balustrades , et

dans les ornements figurés sur les murs , qu’on a désigné le style ogival du XVe. siècle sous le nom de gothique flamboyant.

Il faut dire cependant que les dessins contournés n’ont pas été employés, dans toutes les contrées, aussi généralement que dans le nord de la France :

en Bretagne, peut-être parce que le granit se prêtait moins bien que les autres pierres aux compartiments contournés , les dessins rayonnants ont souvent été préférés pour les gran- • des fenêtres du XVe.

siècle , et il y en a dans ce pays de fort remarquables. Dans la région monumentale du Pdiin, les broderies rayonnantes ont aussi continué d’être usitées pour beaucoup d’édifices: on y trouve assez souvent encore la disposition flabelliforme que présentent les broderies de la fenêtre suivante.

STYLE OGIVAL DE LA 3e. ÉPOQUE (FENÊTRES )

En Angleterre, les fenêtres n’ont souvent aucune broderie au sommet et sont divisées par des meneaux qui décrivent des lignes verticales parallèles, depuis le bas de l’ouverture jusqu’à l’intrados (style perpendiculaire) : ces meneaux sont seulement parfois assujettis par des traverses horizontales. La Bretagne nous présente, dès le XIIIe. siècle , des exemples de ce mode de remplissage des fenêtres. J’en connais aussi quelques exemples dans le Calvados.

En Alsace, on trouve des fenêtres extrêmement hardies , garnies de meneaux très-minces et subtrilobés à leur extrémité : dans les hautes fenêtres des églises sans bas-côtés , ces meneaux très-minces sont assujettis au moyen d’une traverse en pierre, et l’ensemble de la fenêtre offre l’image de deux rangs superposés de panneaux transparents.

La fenêtre que voici est tirée de l’abside de la charmante église de Thann ( Haut- Rhin ) ; elle est fort étroite , parce qu’elle est ouverte dans l’abside; mais, si onia suppose double ou triple en largeur , on aura l’idée des plus belles fenêtres du troisième style ogival de ce pays.

L’archivolte des fenêtres est souvent ornée d’une guirlande de feuilles frisées, qui forment des crochets de place en place , et qui supportent un bouquet de feuillages élevé sur un pédicule ; celles qui occupent le sommet des murs latéraux sont aussi couronnées assez souvent d’un fronton triangulaire, dontle sommet surpasse le niveau de l’entablement ( V. la fig. p. 567 ).

Arches. — Les tores, qui garnissent encore les arches des nefs au XIVe. siècle, disparaissent, au XVe., pour faire place aux nervures prismatiques. L’extrados de quelques arches fut garni de feuilles frisées comme celles des fenêtres ; quand le mur qui les surmonte est tapissé

de panneaux, les jambages de ces derniers semblent quelquefois sortir de ces bouquets de feuillages.

Voûtes. — Les arceaux des voûtes deviennent plus saillants et prismatiques : la coupe des voussures offre la forme d’une carène de navire dont la quille serait très-saillante ; ces voussures commencent aussi à se ramifier dans la deuxième moitié du XVe. siècle.

vation que celles du XIVe. , cependant on en trouve de tout aussi élancées. Dans la Belgique, la Vendée, l’Aunis, le Bordelais et en Angleterre, les flèches en pierre offrent assez souvent, au XVe. siècle, des

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