‹ Abécédaire, ou, Rudiment d'archéologie (architecture religieuse)Chapitre 161 sur 182 · PARTIE BASSE DU GRAND TABERNACLE DE SAINT-LAURENT , A NUREMBERG · texte numérisé non relu

PARTIE BASSE DU GRAND TABERNACLE DE SAINT-LAURENT , A NUREMBERG

STYLE OGIVAL DE LA 3e. ÉPOQUE (AUTELS). 6O7

La pyramide est portée sur trois personnages , qui sont , à ce qu’on croit, les portraits d’Adam Kraf et des deux apprentis qui l’avaient aidé dans l’exécution de l’œuvre ( V. les figures, p. 606). Ce magnifique tabernacle a demandé six ans de travail ; il fut terminé en 1500. L’artiste éminent, qui a embelli sa ville de plusieurs chefs-d’œuvre, mourut en 1508.

Je donne (page 606) le dessin de la base qui sert de support ou de piédestal à cette tour aérienne, dont la hauteur est, dit-on, de 60 pieds.

J’ai vu , dans le chœur de la cathédrale d’Ulm , un tabernacle au moins aussi élevé que celui de Nuremberg : on l’attribue, m’a-t-on dit, au même architecte, et l’analogie de composition justifie cette attribution. Il se trouve aussi du côté de l’évangile.

Comme on le voit, c’est à la fin du XVe. siècle et au commencement du XVIe. qu’on éleva en Allemagne les ciboires les plus magnifiques. Il est probable que cette impulsion fut donnée par suite des prescriptions épiscopales qui ordonnaient de conserver les hosties dans des armoires bien fermées, près de l’autel. Il y avait, au point de vue de l’art et des cérémonies, avantage ù pratiquer ces armoires dans les murs avec tout le luxe usité par les sculpteurs de l’époque.

A St. -Sébald de Nuremberg, on voit, à l’extérieur de l’abside, la représentation de l’ensevelissement du Christ. Ce tombeau correspond ù un magnifique tabernacle placé à l’intérieur de l’église et adossé à la muraille, lequel se compose d’une armoire creusée dans le mur, fermée par un volet bardé de fer et entourée de niches et de contreforts, formant un grand rétable de style ogival allemand.

Ainsi, pendant que les hosties reposaient dans cette espèce de tabernacle, on pouvait, jour et nuit, à toute heure, adorer les saintes espèces dans la rue, car l’ensevelissement et la chapelle extérieure dont je parlais 11e sont, en quelque sorte, que le revers du tabernacle de l’intérieur.

Les enquêtes de la Société française d’archéologie nous ont appris que la même disposition existait, en petit, dans plusieurs églises rurales de l’est de la France (diocèses de Verdun, de Metz, de Nancy, etc. , etc. ). Une lampe placée dans une petite fenêtre indiquait, à l’extérieur, la position correspondante du tabernacle à l’intérieur.

J’ai trouvé, dans plusieurs églises du nord-ouest de la France, des tabernacles en pierre offrant l’image d’une tour , et dans lesquels il y avait, comme dans nos tabernacles actuels, une petite cavité fermée

d’une porte, pour déposer les hosties, et au-dessus un étage percé de fenêtres , qui pouvait servir d’ostensoir ou d’exposition. La plupart de ces tabernacles ont été déplacés et mis de côté.

Le spécimen suivant offre l’image de ceux que j’ai vus dans plusieurs églises, notamment dans celles de Maltot et de Tracy-Bocage (Calvados).

Je pense que ces tourelles , quand elles n’étaient pas placées le long des murs du sanctuaire , s’élevaient au-dessus de l’autel, comme nos tabernacles : aucune de celles que j’ai vues ne paraît remonter au-delà du règne de Louis XI.

C’est là l’origine des tabernacles qui décorent aujourd’hui nos autels : il est probable pourtant que , bien antérieurement au XVe. siècle, et même très-anciennement , il y eut sur quelques autels des turres pour renfermer l’Eucharistie , et ce serait là le type primitif des tabernacles actuels ; c’est, du reste, un point fort obscur. Mauléon dit, dans son ouvrage liturgique, qu’à Ste. -Croix d’Orléans, le ciboire était, de son temps, renfermé dans une tourelle de cuivre jaune ; mais il ne donne aucun renseignement sur l’âge présumé de cette tourelle.

Fonts baptismaux.

Quel est le caractère des fonts du XVe. siècle et du commencement du XVIe. ?

Les formes usitées, au XIVe. siècle, pour les fonts baptismaux l’ont été également au XVe. , mais les fonts de ce dernier siècle et du commencement du XVIe. offrent , quand ils ont été sculptés avec soin , des

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