LUTRIN DE FER EN FORME DE PLIANT , DANS L’ÉGLISE ABBATIALE DE
cerisy-la-forêt (Manche).
STYLE OGIVAL DE LA 3e. ÉPOQUE (BOISERIES).
en fer et ont la forme d’un pliant, comme celui qui existe encore à Cerisy-la-Forêt (Manche), et figuré sur la page précédente.
Le XVe. siècle, la deuxième moitié surtout, et le commencement du XVIe. sont pour nous la période la plus riche en boiseries de tout genre : il nous reste encore beaucoup de portes dans le style qui les caractérise. Elles sont presque toujours ornées de panneaux , séparés les uns des autres par des espèces de contreforts , et découpés à leur partie supérieure de manière à figurer un rang de fenêtres à compartiment multiple , surmontées de panaches, etc., etc. Je présente, pour exemple, l’esquisse d’un des battants de la porte de l’église
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St.-Sauveur, à Caen. La partie supérieure est, comme je le disais, occupée par un rang de fenêtres qui se détachent sur des broderies. On a figuré des draperies dans les panneaux inférieurs.
Ce spécimen peut donner une idée de l’ornementation des portes du XVe. siècle. Je pourrais en citer en France une centaine d’assez remarquables encore.
STYLE OGIVAL DE LA 3e. ÉPOQUE (VASES SACRES). 635
Vases saerés.
Les collections renferment un certain nombre de calices du XVe. siècle, plus ou moins ornés de ciselures et d’émaux.
Les moules à fabriquer les hosties sont des objets que l’on rencontre dans les trésors des églises : la plupart de ceux que j’ai vus sont du XVe. siècle et du XVIe., comme celui dont voici l’esquisse, mais il y en a de bien plus anciens.
Sur ce moule on voit le Christ en croix et saint Martin.
Le moule figuré p. 636 offre, d’un côté , J.-C. portant sa croix; de l’autre, le crucifiement avec la légende suivante :
Qui vult venire post me tollat crucem suam et sequatur me.
Foderunt manus meus et pedes meos. Dinumeraverunt omnia ossa mea.
Chasses. — Le XVe. siècle n’est pas comparable au XIIIe. pour l’orfèvrerie. Nous ne trouvons pas, à cette époque, ces belles châsses en métal que nous avons admirées au XIIIe. Le XVe. a produit surtout des calices, des ostensoirs , des crosses et autres objets d’une petite dimension. Il y a des châsses fort élégantes en ce genre ; mais , si l’on en juge par une châsse appartenant au trésor de la cathédrale de Gênes , il ne paraît pas qu’on ait réussi aussi bien pour le petit nombre de châsses d’une grande dimension qui ont été faites: je veux parler de la châsse saint Jean , qui est de 1437 et dont le travail est trèsmédiocre.
La châsse de St.-Sebald de Nuremberg est un chef-d’œuvre de l’artiste P. Vischer ( 1460-1529 ) ; il fut aidé dans cet ouvrage par
mot; ETES A HOSTIES DIT XVe. SIÈCLE.
STYLE OGIVAL DE LA 3e. ÉPOQUE (TISSUS).
ses fils, et y employa treize années de travail. Cette belle châsse fut terminée en 1519; elle se compose d’un magnifique dais, porté sur des colonnes, sous lequel reposent les reliques du saint, dans une châsse incrustée de plaques d’argent; tout le reste du monument est en bronze. Les statues des douze apôtres, qui garnissent les piédestaux des colonnettes, ont une expression de dignité qui a frappé tous les artistes; aussi ont-elles été souvent moulées et les épreuves en plâtre se sont répandues dans toute l’Europe. Douze figures plus petites de saints , et un grand nombre d’autres figures d’ornement, sont habilement distribuées au milieu de fleurs et de feuillages.
Les miracles de saint Sebald sont, comme toujours, représentés en bas-relief sur les plaques d’argent qui recouvrent le coffre.
La châsse de St. -Sebald a été figurée plusieurs fois; on la trouve notamment dans la collection publiée par M. Hausser, sous le titre de : Moyen-âge pittoresque et archéologique.
Depuis quelque temps on a figuré dans les ouvrages illustrés, et même exécuté pour nos églises , divers objets dans le style du XVe. siècle.
Tissus.
Les ornements pontificaux du XVe. siècle ont le plus grand rapport avec ceux du XIVe. Nous pensons pourtant que, pour les chasubles et les chapes, on employa plus souvent les tissus de soie unis ou à dessins symétriques que ceux qui, aux XIIIe. et XIVe. siècles, portaient des personnages brodés dans des médaillons.
Ces vêtements étaient d’ailleurs, comme auparavant, bordés de riches galons. Nous donnons l’esquisse d’une mitre en soie conservée à St.- Gildas de Ruys (Morbihan), et que M. de Soultrait, auquel nous devons ce dessin, regarde comme n’étant que du XVe. siècle, quoique d’autres observateurs l’eussent crue plus ancienne. Cette mitre, dit M. de Soultrait, a 0,038m. de hauteur sur 0,030m. de largeur; les barbes ont 0,037m. de longueur sur 55 millim. de largeur dans le haut et 84 millim. dans le bas. Le fond de la mitre est formé d’une étoffe de soie, assez fine et sans grain, qui ressemble à du foulard, ce tissu était blanc, mais il est devenu Isabelle ; tout ce fond est orné de fils d’argent, disposés deux à deux dans le sens de la hauteur. Les bandes du milieu et du bas sont en étoffe pareille ; elles sont bordées de cordons d’or brodés assez saillants; celle du milieu a en outre, de chaque côté, un
autre cordon d’argent de même relief et de petites torsades , également en argent, qui se croisent et forment des losanges dans toute sa hauteur.
Quatre figures ornent les deux faces de cette mitre : ces figures ont été faites sur de grosse toile et appliquées sur le fond ; les chairs , les dessous de vêtement et les ombres paraissent brodés en soie à plat , tandis que les vêtements sont comme tissés en soie à gros grains ; les nimbes sont formés de gros fils d’or , cousus en rond : ils avaient une bordure quelconque , de perles peut-être , qui a disparu.
Les étoiles à rayons flamboyants qui se voient autour des personnages sont faites avec de gros fils d’or, cousus sur le fond.
Sur la lace principale on voit la Vierge et saint Jean-Baptiste. La
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Vierge tient sur son bras gauclie l’Enfant- Jésus, entièrement nu , couronné d’un nimbe ordinaire; elle est vêtue d’une robe d’or et d’un manteau bleu large et bien drapé ; sa couronne à trois fleurons est formée de fils d’or cousus. La pose de Marie rappelle assez celle du XIIIe. siècle; seulement ici elle n’a point le voile qui, à la première période ogivale, se trouvait toujours sous la couronne.
Saint Jean-Baptiste a une ligure sévère , à barbe épaisse ; il porte une longue robe et un manteau dont il est fort diflicilè de retrouver la couleur. De sa main droite , il montre l’Agneau nimbé qu’il porte sur un livre posé sur son bras gauche ; peut-être ses vêtements étaient-ils bordés de perles : on voit que quelques points y ont été enlevés ; son nimbe, de bis d’or, est orné de rayons bleus. Le corps de l’Agneau a disparu, on n’en voit plus que la tête, formée de fils d’argent et nimbée.
Sur l’autre face se trouvent deux saints abbés, sans doute les deux patrons du prieuré. Ils sont vêtus , à peu près de la même manière , de robes glacées d’or : tous deux tiennent des crosses d’or, à fanons bleus et blancs; l’un porte en outre un livre, l’autre un scapulaire bleu.
Sur les pendants se trouve , appliqué de la même manière , un saint Sébastien , percé de flèches , attaché à un poteau , comme on le voit sur plusieurs monuments. L’autre pendant de la mitre offre un personnage vêtu d’une longue robe et tenant un livre ; sa tête manque et il est un peu effacé ; mais, a en juger par les flammes sur lesquelles il est posé, ce doit être saint Antoine : cette attribution est d’autant plus probable que saint Antoine était invoqué pour la guérison de la maladie connue sous le nom de feu saint Antoine ; de même que saint Sébastien , qui est figuré sur l’autre pendant , guérissait de quelques autres maladies.
Il existe, dans l’église de Damblainville (Calvados), une chasuble qui peut remonter à la même époque que la mitre de saint Gildas; elle porte plusieurs tableaux religieux brodés. M. Victor Petit a été, comme moi , frappé de l’expression des têtes et du fini des broderies.
Nous n’avons presque rien dit jusqu’ici des tapisseries, parce qu’elles sont fort rares avant le XVe. siècle. Quelques-unes de nos églises de France en possèdent de très-remarquables de cette époque qu’il sera bon d’examiner , et qui , la plupart , ont été décrites dans l’ouvrage publié par M. Jubinal. Nous renvoyons à cet ouvrage, pour tout ce qui concerne ce genre de tissus.
MITRE CONSERVÉE A SAINT-GILDAS ( Morbihan ) ( FACE POSTÉRIEURE ).
STYLE OGIVAL DE LA 3e. ÉPOQUE ( PALÉOGR. MURALE). G/tl
Paléographie murale.
Les inscriptions murales du XVe. siècle sont assez difficiles à lire. L’écriture cursive, que nous avons déjà citée comme souvent employée au XIVe. siècle ( V. la page 562 ), est constamment usitée au XVe. poulies inscriptions murales comme pour l’écriture habituelle ; mais , au XVe., les caractères sont beaucoup plus serrés qu’au XIVe. et souvent ou lieu d’offrir des formes bien déterminées, comme dans ceux-ci:
les traits verticaux dominent, et l’on a beaucoup de peine à distinguer certaines lettres les unes des autres.
Voici une inscription tumulaire d’une très-belle conservation, gravée sur marbre , dans la cathédrale de Bayeux ; elle date de la première moitié du XVe. siècle :
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