SPÉCIMENS DE CARACTÈRES FLEURIS , A SOLESME
STYLE OGIVAL DE LA 3e. ÉPOQUE (CLOCHES). 6/l5
aspect que ceux des inscriptions précédentes , et dont nous donnons un spécimen d’après le dessin qu’en a fait M. Hucher. Ces caractères fleuris se rencontrent assez souvent sur les costumes des statues qui, à cette époque , ont figuré dans beaucoup d’églises l’ensevelissement du Sauveur, groupe qui a été fort ù la mode pendant un siècle surtout et dont on trouve encore des centaines en France. Ainsi , j’ai vu de beaux caractères de cette forme sur les manteaux des personnages du sépulcre, à Neufchàtel-en-Bray.
Le spécimen précédent est un fragment de la longue légende qui orne le voile de la Vierge dans un des remarquables groupes de statues qu’on voit à Solesmc, département de la Saillie, et qui date de 1495 (1).
Des caractères semblables ont été employés sur certains vases en métal que j’ai vus dans les musées , et sur des cloches ; mais , je le répète , on peut les considérer comme exceptionnels. Il est souvent trèsdilïicile de trouver un sens à ces inscriptions , peut-être parce que les lettres sont entremêlées avec de simples ornements.
Cloches. — Nous présentons le dessin d’une belle cloche du XVe. siècle (1499) décrite, dans le Bulletin monumental, par M. Rossignol , membre de la Société française d’archéologie. Cette cloche, aujourd’hui dans la tour de l’église de St. -Pierre à Gaillac (Tarn), appartenait, avant la révolution de 93, à l’abbaye de Candeil, diocèse d’Alby : elle est remarquable par les inscriptions et les ornements qui la décorent.
Le dessin géométral (page 646) en fait connaître les dimensions et la forme, depuis le battant jusqu’aux anses.
Elle mesure en hauteur 1 mètre 10 centimètres; elle a, au niveau delà première inscription, une circonférence de 2 mètres 20 centimètres, et à sa base, 3 mètres 90 centimètres également de circonférence. Les inscriptions sont en caractères gothiques.
La première inscription, celle du haut, est la plus importante; elle est composée de belles lettres gothiques non ornées , de 4 centimètres 1/2 de hauteur, espacées et séparées régulièrement les unes des autres; elle occupe tout le pourtour de la cloche, et commence par un basrelief figurant l’Agneau'pascalet, au-dessus, une croix pattéee nfermée
(1) V. le Mémoire de M. Iluclier dans le Bulletin monumental , t. XIII , p. 362.
dans un cercle en manière d’écu. Dans cette inscription , qui est en latin , c’est la cloche elle-même qui parle et qui nous apprend l’année
dans laquelle elle a été fondue , son poids et le nom de l’abbé qui l’a fait faire.
La seconde inscription occupe également tout le tour de la cloche ; elle est aussi en lettres gothiques, mais beaucoup plus petites (1 centimètre 1/2) et ne paraît pas d’abord avoir la même importance; elle n'est composée que d’une courte phrase latine : ihesvs avtem transiens per medivm illorvm iBAT , et des trois premiers mots du cantique d’actions de grâce te devm lavdamvs, répétés jusqu’à six fois, de manière que cette inscription occupe, comme la première, tout le tour de la cloche.
Au milieu de la cloche, en caractères gothiques de 3 centimètres de hauteur, on voit le monogramme du Christ, IMS, dont l’usage remonte au XVe. siècle : il est entouré de quatorze rayons flamboyants.
STYLE DE LA RENAISSANCE
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