‹ Abécédaire, ou, Rudiment d'archéologie (architecture religieuse)Chapitre 20 sur 182 · PLAN DE LA CRYPTE DE SAINT-AVIT · texte numérisé non relu

PLAN DE LA CRYPTE DE SAINT-AVIT

martyrium , séparée de l’abside semi-circulaire par un mur percé de deux portes et de deux fenêtres cintrées , que l’on voit dans le dessin (p. 38).

La crypte de St.-Aignan d’Orléans offre la même disposition et paraît à peu près du même temps. Peut-être la crypte St.-Avit devra-t-elle être définitivement classée parmi les monuments du Xe. siècle.

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Valcabrère. Quoique l’église de Valcabrère, près de St. -Bertrand de Comminge§ (Haute-Garonne), soit, en grande partie, construite avec des débris antiques, il n’est pas certain qu’elle appartienne à la période romane primitive , et quelques-unes de ses parties, notamment le portail historié, l’autel, etc., doivent être moins anciennes; mais le plan général est conforme à celui des basiliques ; les pilastres ornés de colonnes antiques appliquées, et les fragments qu’elle renferme, donnent à cette petite église un parfum d’ancienneté qui m’engage à la citer , en attendant que son histoire soit mieux connue.

L’ancien baptistère St. -Jean, près de la cathédrale du Puy, offre des pans de murs et des colonnes qui appartiennent à la première période romane.

Il pourrait en être de même de quelques parties de la cathédrale (partie inférieure du chœur, regardé par quelques-uns comme du IXe. ou du Xe. siècle ) , dans lesquelles on a employé un assez grand nombre de pierres sculptées de grand appareil, ayant appartenu à un édilice antique d’une certaine importance (1).

St.-Restitut. Enfin nous signalerons , comme pouvant appartenir à une époque antérieure au XIe. siècle et peut-être au Xe. , le monument de St.-Restitut , près de St.-Paul-Trois-Châteaux.

C’est un édifice carré, comme une grosse tour, dont la partie inférieure, voûtée, renfermait : 1°. le tombeau de saint Restitut, monument refait, à ce qu’il paraît, à une époque peu ancienne; 2°. une chapelle au-dessus du rez-de-chaussée voûté , laquelle se termine aujourd’hui par une voûte ou coupole un peu ovale. A l’extérieur, la partie supérieure de cet édifice carré offre une espèce de frise , décrite par M. l’abbé Jouve dans le Bulletin monumental , et dans laquelle on voit , d’un côté , des animaux quadrupèdes , des oiseaux , etc. ; le côté Ouest présente des personnages, et, au centre, une figure assise qui paraît être le Christ ; toutes ces figures sont d’une extrême barbarie, et nous n’hésitons pas à les rapporter à une période qui ne peut remonter audelà du IXe. siècle. Selon nous , le Xe. siècle ou le commencement du XIe. pourrait leur convenir. L’appareil est allongé et moyen. Voici , du reste, un spécimen de cet appareil et de la frise, dessiné du côté de l’Ouest par M. Bouet (V. la pt’ge suivante ).

(1) Peut-être à un temple de Diane, comme on l’a cru à cause des chasses qu’on voit sur quelques-uns des grands blocs sculptés.

ÈRE ROMANE PRIMITIVE

N’exisle-t-il pas des descriptions des anciens édifices détruits ?

Oui, sans doute, et à ce qui précède on pourrait ajouter un grand nombre de descriptions d’églises des VIIe. VIIIe. et IXe. siècles, que nous ont laissées les chroniqueurs ; mais ces descriptions apprendraient peu de chose de plus que ce que nous savons déjà ; car elles parlent

riIACMFiNT DE LA FRISE DE SAINT-RESTITIT,

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de la fonne des églises de cette époque , plutôt que de leur style architectonique.

Plusieurs faits à noter ressortent pourtant des descriptions répandues çà et là dans les chroniques : elles nous prouvent , par exemple , que les autels se trouvaient quelquefois placés le long des murs , sans qu’il y eût de niches ou de chapelles pour les contenir ; que cellesci , moins nombreuses à cette époque qu’elles ne le devinrent dans la suite , étaient formées par l’abside principale et par celles qui se trouvaient au fond des collatéraux ou dans le mur oriental des transepts.

On peut admettre , je crois , que beaucoup d’églises étaient alors construites en bois : ce qui explique pourquoi il en reste si peu aujourd’hui , la promptitude avec laquelle elles étaient élevées , et la fréquence des incendies qui venaient les détruire , incendies dont nous parlent continuellement les chroniqueurs.

Quels étaient les moyens d’exécution ?

Il est certain que les ecclésiastiques les plus distingués et les plus instruits faisaient de l’architecture l’objet de leurs études. Les anciens écrivains mentionnent un grand nombre d’évêques et d’abbés , qui donnaient les plans de leurs églises et qui travaillaient eux-mêmes à les construire.

Plusieurs couvents étaient remplis de littérateurs et d’artistes, dans les VIF. VIIIe. et IXe. siècles. Les évêques, les moines et les ecclésiastiques en général, étaient souvent architectes, peintres, sculpteurs, etc.

Mais, si les abbayes pouvaient en quelque sorte être considérées comme des écoles où se perpétuaient les traditions relatives aux arts et aux sciences, il y avait aussi hors des cloîtres des ouvriers habiles, qui travaillaient sous la direction des évêques ou des moines architectes.

Quels ont été les progrès ou la décadence de V architecture durant la période romane primitive ?

Il n’est pas facile d’établir de coupes dans la période de cinq à six siècles que j’ai assignée au style roman primordial ; cependant l’architecture ne fut point stationnaire pendant un si long espace de temps. Il est probable que, depuis le Ve. siècle, l’art de bâtir, imitation servile de l’architecture gallo-romaine, avait plutôt perdu que gagné, lorsque le génie de Charlemagne vint imprimer une nouvelle impulsion aux arts et aux lettres. Il est très-difficile de savoir exactement quels changements se manifestèrent alors dans l’architecture ; les opinions sont sur ce point assez divisées ; mais le grand nombre d’églises et d’abbayes élevées en France, sous ce prince, imprimèrent nécessai-

ÈRE ROMAINE PRIMITIVE

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rement un grand mouvement. Le charmant fragment de l’abbaye de Lorsch , qu’on voit sur le chemin de Manheim à Darmstadt, et qui

date de l’an 776, offre des chapiteaux composites et des pilastres ioniques, qui montrent qu’à cette époque encore on imitait assez correctement l’antique.

L’état prospère auquel les arts étaient parvenus ne put se maintenir dans les temps , moins heureux , qui suivirent le règne de Charlemagne. Les dissensions intestines et les malheurs sans nombre , qui résultèrent de l’invasion des Normands» amenèrent bientôt une décadence marquée dans l’architecture; on vit s’éteindre, à la fin du IXe. siècle et dans le Xe., le talent des architectes, en même temps que les lumières de l’ancienne civilisation, ranimée par Charlemagne.

Une superstition bizarre contribua peut-être encore à hâter la décadence de l’architecture : on croyait que la fin du monde arriverait dans le Xe* siècle ; le découragement et l’apathie qui résultaient de cette croyance paralysaient les esprits, et loin d’élever des constructions nouvelles, à peine réparait-on les anciennes.

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DE GAUMONT. ABÉCÉDAIRE d\\RCHÉOLOGIE.

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