DURANT LA PÉRIODE ROMANE PRIMITIVE
lutels.
Quelle était la forme des autels pendant la période romane primit i ve ?
Dans les premiers temps de l’Église, les autels étaient souvent en bois, ainsi que le prouvent un grand nombre de faits et d’autorités ; les uns ressemblaient ù une espèce de coffre qui pouvait s’ouvrir et se fermer ; d’autres devaient offiir simplement l’image d’une table carrée. Mais le 26e. canon du Concile d’Epone, tenu l’an 517, la 4e. année du pontificat du pape Hormisdas , ordonna de ne consacrer ù l’avenir que des autels en pierre, et quoique cette prescription n’ait pas été constamment suivie, on s’y conforma la plupart du temps, et les exceptions furent assez rares.
Les plus anciens autels de pierre furent carrés, le plus souvent composés d’une table portée sur un pédicule central et sur des colonnes habituellement au nombre de quatre , quelquefois au nombre de six. D’autres autels étaient formés de planches en marbre et offraient l’image d’un coffre. Il y eut aussi des sarcophages de marbre transformés en autels.
Quelques autels étaient revêtus de lames d’or et d’argent, et incrustés de pierres précieuses : tous étaient couverts d’étoffes plus ou moins riches, souvent relevées par des broderies dont quelques-unes reproduisaient de pieuses images. Rien n’est plus intéressant à lire que les descriptions , données par Anastase-le-Bihliothécaire, de ces riches surtouts d’autels.
Les autels étaient surmontés de ciboires; on appelait ainsi un dais ou baldaquin supporté par des colonnes.
Les ciboires étaient d’une grande magnificence dans les églises les plus importantes. Celui que le pape Grégoire Ier. fit élever à St.- Pierre de Rome était, d’après Anastase-le-Bibliolhécaire, porté sur des colonnes en argent massif.
ÈRE ROMANE PRIMITIVE ( AUTELS)
Devant l’autel on plaçait aussi des espèces de lustres dont parle souvent Anastase-le-Bibliothécaire, et qui portaient les noms de Phnra , Pharacanthara , Coronœ. Les phares et les couronnes offraient des cercles d’un diamètre plus ou moins considérable, dont le pourtour était chargé de cierges ou de lanternes, et qui étaient suspendus au moyen de chaînes ou de cordons fixés à la voûte ; l’usage s’en est perpétué fort long-temps dans les églises de France.
Il est probable qu’il n’y eut d’abord qu’un autel dans chaque église ; mais bientôt on en établit plusieurs. Grégoire de Tours, parlant de l’église de Breine au diocèse de Soissons, dit qu’il y célébra la messe sur trois autels différents. Le pape Grégoire-le-Grand , qui vivait au VIe. siècle , cite une église dans laquelle il y en avait jusqu’à treize. Enfin Mabillon prouve, par des autorités incontestables, que la pluralité des autels avait commencé de bonne heure. Cependant il faut remarquer que, jusqu’au XIIe. siècle, beaucoup d’églises n’eurent que quatre ou cinq autels.
Autels portatifs. Outre les autels ordinaires, il y avait dans quelques églises des autels portatifs ; c’étaient des morceaux de marbre ou de bois incrusté de métaux, d’ivoire, etc., etc., de 1 pied sur tous sens environ , et parfois encadrés dans un cercle de métal ayant une poignée. On trouve ces autels mentionnés dans des conciles, des chartes, etc., sous les dénominations suivantes : ait are viaticum , portatile , gestatorium , lapis portatilis. On les appelait aussi tables ou autels itinéraires, altaria itineraria , parce qu’on s’en servait principalement en voyage.
Il est probable que ces espèces de pierres sacrées se plaçaient sur des
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piédestaux, quand elles servaient, à la célébration du divin sacrifice.
Existe-t-il en France quelques autels antérieurs au XIe. siècle ?
Je ne connais guère à citer que l’autel du Ham, table en pierre chargée d’inscriptions, déposée à la bibliothèque de Valognes, et que j’ai décrite dans le 6e. volume de mon Cours d’antiquités, pages 137 et suiv.; un autel très-étroit, porté sur quatre colonnes et un piveau central, que j’ai remarqué dans l’église de Tarascon et dont voici l’esquisse ; enfin quelques autels cubiques fort anciens, mais dont la date est incertaine.
Baptistères.
Quelles étaient la forme et la disposition des édifices dans lesquels on administrait le baptême ?
Ces édifices consistaient, à ce qu’il paraît, en deux pièces principales : l’une destinée aux cérémonies préparatoires , l’autre au baptême proprement dit. Ils étaient parfois spacieux et ornés de portiques à colonnes. La piscine sacrée se trouvait au centre ou vers le fond.
Les églises des premiers temps étaient souvent précédées d’une cour, ou atrium , environnée d’une galerie et offrant à peu près l’image d’un cloître.
Quelquefois ce fut au milieu de cette enceinte qu’on plaça la piscine destinée à l’administration du baptême ; mais , plus souvent , elle se trouvait en-dehors dans un bâtiment séparé de l’église , placé tantôt en avant de celle-ci , tantôt de côté , et parfois adossé aux parties latérales : beaucoup de baptistères furent aussi à une certaine distance des basiliques et tout-à-fait indépendants de ces dernières.
Les baptistères étaient sous l’invocation de saint Jean-Baptiste , quelquefois aussi sous celle de Notre-Dame. La piscine affectait le plus souvent la forme ronde, carrée ou octogone , quelquefois celle d’une croix ; on y descendait par des degrés.