STÈLE MÉROVINGIENNE , A BOURGES
monogramme du Christ ou quelques ornements très-simples en méplat ;
ÈRE ROMANE PRIMITIVE ( TOMBEAUX )
j’en ai trouvé une au musée de Trêves, et je crois pouvoir aussi rapporter à l’époque mérovingienne celle que j’ai vue chez M. de La Chaussée , membre de la Société française d’archéologie , à Bourges ( V. p. 54).
Quels changements eurent lieu , après le VIe. siècle, dans V ornementation des tombeaux apparents ?
J’ai décrit et figuré avec soin, dans mon Cours d’antiquités (tome VI, p. 242 et suiv.), les tombeaux très-curieux qui existent dans la crypte de Jouarre , et dont plusieurs doivent remonter au VIIe. siècle ; on peut consulter les figures que j’ai données dans mon Cours , on verra qu’ils ne ressemblent plus, quant aux ornements, et aux sujets, aux sarcophages du Ve. et du VIe. siècle.
Dans le cours du VIIIe. siècle , du temps de Charlemagne et de ses successeurs immédiats , les tombeaux apparents offrirent à peu près les mêmes formes qu’au VIIe. siècle : je n’en connais guère à citer de cette époque ; mais nous avons un certain nombre d’inscriptions tumulaires qui étaient vraisemblablement incrustées dans les murailles voisines des cercueils , et qui ont été conservées après la destruction des tombeaux.
A en juger par celles que j’ai pu examiner, on ne gravait plus que rarement sur ces tablettes le monogramme du Chrit : les inscriptions carlovingiennes que j’ai rencontrées ne sont point, habituellement, accompagnées des figures symboliques que nous avons vues aux Ve., VIe. et VIIe. siècles (les colombes, les paons, etc., etc.).
Voici deux sarcophages qui paraissent antérieurs au Xe. siècle, et qui donneront des spécimens de l’ornementation usitée alors.
Sur l’un sont des espèces de roues ou de croix encadrées.
Sur l’autre on voit une croix encadrée, des arcatures, des enla-
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cements , des feuilles et deux niveaux renversés : j’ai trouvé, sur beaucoup de cercueils du midi de la France, cette image du niveau. Serait-ce l’emblème de la mort qui nivelle tous les rangs ? ce serait une explication assez naturelle , et cette figure a été trop souvent répétée pour n’avoir pas une signification.
Quelles particularités les tombeaux non apparents présentent-ils ?
Les cercueils enfouis sous terre sont faits de différents matériaux , suivant les contrées où on les rencontre : le plus souvent on s’est servi de pierre calcaire , et plus elle était tendre et légère , plus elle était recherchée, parce qu’elle était plus facile à travailler et qu’il était plus aisé de transporter au loin les cercueils fabriqués dans les carrières où on exploitait la pierre. Le calcaire poreux et coquillier auquel on a donné , en Touraine , le nom de tufeau , et dont l’analogue se trouve sur quelques points de la France , a été employé de préférence là où on pouvait en trouver.
Après le tufeau , les calcaires poreux secondaires , tels que ceux des environs de Caen , du Poitou et de plusieurs autres contrées , ont été recherchés pour le même usage. A leur défaut , on s’est servi de grès , d’arkose et de différentes roches pesantes et plus ou moins difficiles à tailler.
Enfin , dans certaines contrées dépourvues de pierres susceptibles d’être creusées en forme d’auge , et trop éloignées des lieux qui en fournissaient pour qu’on pût y en transporter sans de grandes dépenses , on formait des cercueils avec plusieurs morceaux de pierres plates juxta-posés et cimentés, quelquefois aussi avec des briques ; on trouve même des cercueils ainsi formés de plusieurs pièces dans des localités où l’on pouvait se procurer des cercueils d’un seul morceau , sans doute parce qu’ils coûtaient moins cher, et qu’on trouvait sur place des matériaux pour les construire.
Quant à la forme , ce sont toujours des coffres, moins larges vers
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les pieds que vers la tète, fermés avec un couvercle, tantôt plat, tantôt prismatique ou en dos-d’âne.
La partie étroite ou des pieds est en général tournée vers l’Est , de sorte que , dans les cimetières que j’ai explorés , les cercueils forment des rangs plus ou moins régulièrement alignés , dirigés du Nord au Sud.
M. l’abbé Le Comte, curé de St.-Exupère de Bayeux, a fait, en 1853, des fouilles pour retrouver l’ancien caveau dans lequel avaient été inhumés les premiers évêques de cette ville. Cette recherche a été couronnée de succès : la planche placée page 58 montre la disposition et la forme des cercueils trouvés sous le pavé du chœur de St.-Exupère.
L’église St.-Exupère était à 1 kilomètre à l’Est de la ville romaine de Bayeux. Dans toutes les autres villes gallo-romaines, les premiers évêques ont été inhumés dans le suburbium : ainsi , au Mans , ce fut au couvent du Pré, aü-delù de la Sarthe; à Rouen, à St.-Gervais ; à Chartres, à St. -Brice ; à Tours, dans le faubourg de St. -Martin ; à Amiens, à St.-Acheul , etc., etc., etc., que furent inhumés les premiers évêques.
Je serais très-embarrassé d’établir un ordre chronologique absolu pour ces champs de sépulture, et je crois ne pas devoir y attacher d’importance par cette raison que les inhumations s’étant succédé sans interruption, dans beaucoup de cimetières, depuis le Ve. siècle jusqu’au XVIe., ils renferment des cercueils de plusieurs époques.
Dans ceux qui renfermaient des squelettes ayant appartenu à des guerriers, j’ai trouvé des boucles sur la partie des squelettes qui répondait à la hauteur du ventre ; elles étaient évidemment destinées à fixer le ceinturon ; à droite du mort gisait une lame de sabre ,
coupant d’un seul côté, et sur laquelle on remarquait presque toujours une rainure dessinant, au milieu de la lame, la forme de la lame elle-même.
Ce caractère est à peu près constant. Du côté opposé (à gauche du défunt) était ordinairement une espèce de poignard ou de couteau , très-souvent de la même forme que le sabre.
J’ai trouvé ensuite des clous de bronze, les uns bombés , les- autres aplatis , et diverses pièces de métal qui avaient été appliquées sur l’armure, des fibules et autres petits objets.
DISPOSITION DES CERCUEILS DES PREMIERS ÉTÊQUES DE EAYEUX , A SA1NT-EYUPERE , SCUS LE PAYÉ DU CHOEUR.
ÈRE ROMANE PRIMITIVE (TOMBEAUX)
L’esquisse , que voici , d’un tombeau ouvert en
ma présence et dessiné
par moi immédiatement ,
montre toutes les parti-
cularités que je viens de
mentionner ; à droite , le
sabre; à gauche, le poignard ; sur le bassin, la
boucle (C) du ceinturon
qui servait à suspendre ces deux armes tranchantes.
Plusieurs de ces cercueils renferment de petites bouteilles, ayant probablement contenu de l’eau bénite. Voici l’image d’un de ces petits vases; il est en verre, trèsaplati , et représente un goulot cylindrique évasé à son extrémité ; des blets de verre ondulés ou plissés, appliqués sur les deux côtés , à partir de la moitié du goulot jusque sur le ventre de cette bouteille, forment deux anses, à l’aide desquelles on aurait pu la porter en sautoir. Des filets semblables, appliqués sur le milieu de l’aplatissement du vase, y dessinent le monogramme du Christ.
Le suivant est de forme globuleuse avec des plis sur la panse.
Ces vases sont le plus souvent en terre cuite et de forme globuleuse.
Les boucles ou agrafes , les haches , les sabres , etc. , etc. , trouvés dans les tombeaux présumés des époques mérovingienne et carlovingienne, sont, à présent, si nombreux dans les collections qu’il est bon de s’y arrêter un peu.
Les boucles en bronze et en fer ont souvent été damasquinées ou incrustées d’un métal qui produit l’effet de l’argent : les figures ont été creusées dans les parties qui devaient être ainsi argentées , pour former un excipient au métal incrusté. Dans plusieurs collections j’ai trouve
m; GAUMONT. ABÉCÉDAIRE D’ARCHÉOLOGIE.
que la représentation de Daniel dans la fosse aux lions, ainsi que le