‹ Abécédaire, ou, Rudiment d'archéologie (architecture religieuse)Chapitre 6 sur 182 · SAINT-ETIENNE-LE-ROND · texte numérisé non relu

SAINT-ETIENNE-LE-ROND

pitre.

Les églises bâties en Occident , au Ve. siècle, offrirent-elles des innovations partielles dans le plan des basiliques ?

Oui. La plus notable , peut-être , fut l’apparition des transepts , c'est-à-dire l’élargissement que prit le vaisseau entre l’abside et les

nefs, de manière à donner au plan de l’édifice la forme d’une croix. Quelquefois aussi, au lieu d’une seule abside, on en fit trois de proportions différentes , on mit leur diamètre en rapport avec la largeur des nefs vis-à-vis desquelles elles étaient placées.

Plusieurs églises très-anciennes se terminent par deux absides , l’une à l’Est , l’autre à l’Ouest, et les extrémités du transept étaient aussi semi-circulaires :

c’est ce que prouvent le plan de l’église souterraine de St. -Laurent de Grenoble , probablement du Ve. siècle; celui de l’église de Germiny-les-Prés , du IXe., et d’autres encore que je pourrais citer.

Le plan des églises d’Orient fut-il semblable à celui des églises d'Occident ?

Quand Constantin eut transporté à Byzance le siège de l’Empire, et qu’il voulut y fonder, sous l’invocation du Fils de Dieu, un temple auquel il donna le nom de Ste.- Sophie , on reproduisit vraisemblablement le type de l’église St. -Pierre de Piome, qui passait alors pour la plus belle du monde ; et l’église de Constantinople dut , à son tour, servir de modèle dans l’Empire d’Orient.

Mais cette basilique, relevée par Constance, brûlée et réparée deux fois sous Arcadius et Théodose-le-Jeune, fut détruite entièrement dans la cinquième année du règne de Justinien (532).

Ce prince, ami des arts, conçut le projet de rétablir la basilique, et, pour l’exécution de cette entreprise, il choisit, entre les plus célèbres architectes de son siècle, Anthémius, deTralles, et Isidore, de Milet. Ces hommes habiles formèrent le dessein d’élever un temple tel que, surpassant tous les autres en étendue ou en majesté, il eût encore sur eux l’avantage de n’être bâti qu’en pierres et en briques ; les voûtes remplacèrent les plafonds en bois, et l’on vit apparaître de lourds pilastres , destinés à supporter des coupoles hémisphériques.

L’église de S,e.-Sophie est carrée ; elle a 250 pieds de long et autant

ERE ROMANE PRIMITIVE

de large. Du milieu de l’édifice s’élève une vaste coupole, suspendue

PLAN DE l’ÉGLISE DE SAINTE-SOPHIE.

sur quatre arcades à plein-cintre, que supportent un égal nombre de pilastres isolés, disposés de manière à figurer la croix grecque.

Ce qui avait frappé dans cette construction, c’était le parti qu’on avait su tirer de l’emploi des voûtes hémisphériques, et le bel effet de la coupole centrale. On s’efforça donc de la reproduire dans des temples moins considérables, soit qu’on leur donnât la forme d’une croix grecque, soit qu’ils offrissent simplement un carré ou une enceinte arrondie.

La forme carrée et les voûtes en coupole devinrent ainsi un des caractères principaux des églises grecques.

L’Occident resta fidèle au style latin ; le plan des églises fut , à partir du Ve. siècle, peu différent de celui que j’indiquais tout à l’heure ( pages 3 et 6 ) ; seulement le chœur s’allongea progressivement , les autels se multiplièrent, les cryptes prirent un accroissement notable, et s’étendaient parfois sous tout le chœur.

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