CLEF DE VOUTE, A SAINT-GERMER
Pour diminuer la poussée, on a, dans quelques églises, eu soin d’exhausser les voûtes et de leur donner la forme d’un fer-à-cheval. Les voûtes des ailes, dont la portée était beaucoup moins considérable et qui 11e présentaient pas la même difficulté d’exécution, ont été disposées de manière à soutenir la voûte centrale. Ces ailes ont, en effet, dans les églises dont je parle, une hauteur presque égale à celle de la grande ne!
et semblent avoir été élevées jusque-là pour servir de contreforts à la voûte principale. Ainsi, dans quelques édifices , la voûte des ailes ou celle des galeries qui les surmontent ne forme qu’un quart de cercle qui vient s’appuyer en arc-boutant sur les murs de la nef, un peu audessous du niveau des impostes de la voûte magistrale.
On ne peut méconnaître dans cette disposition l’origine des arcsboutants , qui jouent un si grand rôle dans l’architecture à ogives.
Au centre du transept , où il y avait ordinairement une tour , les voûtes prenaient souvent la forme ovoïde, et se rapprochaient plus ou moins des coupoles adoptées en Orient.
Qu’ est-ce qu’une coupole?
C’est une voûte qui représente la moitié d’une sphère , et qui, comme une calotte, couvre les différentes parties des nefs, le transept , etc. , etc.
Y avait-il plusieurs coupoles clans une même église?
Sans doute, il en fallait plusieurs pour couvrir la nef, le transept , le chœur. A St. -Front de Férigueux, il y a cinq coupoles; il y a des églises orientales qui en offrent un nombre plus considérable.
Comment ces coupoles arrondies étaient-elles établies sur des murs dont les divisions devaient toujours offrir des car rés?
On établissait , entre les arcs , des pendentifs qui étaient disposés de
manière à former avec eux , ù la partie supérieure , un cercle horizontal qui devait porter la coupole.
Les absides se couvraient de demi-coupoles. C’est ainsi, dit Thomas Hoppe ( Hist. de l’architecture que, dans les églises grecques,
VOUTES EN COUPOLE DE l’ÉGLISE SAINT-FRONT , A PÉEIGUEUX.
toutes les surfaces rectilignes, carrées, angulaires, se changèrent en surfaces circulaires et curvilignes, concaves à l’intérieur, convexes à l'extérieur.
Y a-t-il , en France , beaucoup d’églises à coupoles ?
Le nombre en est assez limité aujourd’hui. Un fait très-curieux , c’est la manière dont ces églises sont distribuées sur le sol français. 11 y a long-temps que j’avais constaté l’absence d’églises à coupoles au nord de la Loire , tandis que Fontevrault, sur la rive gauche du fleuve , nous en offre des exemples remarquables ; mais depuis , M. de Verneilh, qui a fait une étude spéciale des églises à coupoles en France, a trouvé que ces monuments sont décidément beaucoup plus nombreux qu’on ne le pensait. « J’en connais , dit-il , un certain nombre dans « le seul département de la Dordogne : je sais qu’il en existe au moins « autant hors du département. Les enquêtes faites par la Société fran- « çaise en ont relevé d’autres dans la Charente-Inférieure. »
M. de Verneilh croit que tous les monuments à coupoles , compris entre la Loire et la Dordogne ( au-delà de laquelle il n’y en a pas, selon lui ) , se rattachent par St. -Front de Périgueux à la grande souche byzantine : c’est un point capital qu’il a établi au moyen de plans et de coupes à une échelle uniforme , où l’on peut suivre les dégradations successives d’un seul et même type, commun à St. -Front de Périgueux et à St. -Marc de Venise.
Il était très-important de constater la vraie date de St.-Front. Cet édifice a été construit, d’après M. de Verneilh, peu de temps après St. - Marc, de 976 à 1047, au moment où les colonies vénitiennes se fondaient dans la région centrale de la France. L’an 1000 , la comtesse Emma de Périgord, mère de l’évêque Martin, bâtissait l’abside ou chapelle de St. -André, ce qui prouve que les constructions étaient déjà assez avancées. — L’église à coupoles de St.-Jean-de-Colle , en Périgord , a été bâtie par l’évêque Piaymond de Thiviers, dans la seconde moitié du XIe. siècle ; celle de St.-Astier , dans la première moitié du XIIe. , par l’évêque Raoul de Coulié. Celle de St.-Avit-des-Autels date de 1117 et de 1142. La cathédrale d’Angouîème est de 1101 à 1130; celle de Saintes , dont il ne reste qu’un des transepts , était du même temps. Les églises de Fontevrault et de Cahors ont été consacrées par le pape Calixte II; ainsi des autres. La plus ancienne, après St.- Front , serait la cathédrale du Puy-en-Velay. En somme , la présence de voûtes en coupole dans une église n’est point un signe de haute antiquité. Elle annonce plutôt le XIIe. siècle que le XIe.
Voûtes ogivales cupoliformes. — Il estime autre espèce de voûtes qui se montre très-fréquemment en Anjou, en Poitou et ailleurs, dans la deuxième moitié du XIIe. siècle : ce sont des voûtes qui s’abaissent ,