TÊTES DES STATUES SCULPTÉES SUR LES TOMBEAUX DE FONTEVRAULT
Quelques tombeaux, qui sortaient de la classe ordinaire, étaient revêtus de plaques d’argent ou de cuivre émaillé : tel était le magnifique tombeau de Henri Ier. , 9e. comte de Champagne , qui existait autrefois dans l’église St.-Étienne de Troyes et dont j’ai publié une esquisse, pl. C. bis de l’atlas de mon Cours d’antiquités. La statue était abritée sous un monument en forme d’autel , dont chaque face était percée de quatre arcades à jour, formant balustrade et laissant voir la statue. Ces arcades étaient subdivisées chacune en deux cintres par une colonne ; des anges remplissaient les intervalles compris entre les archivoltes des arcades ; enfin, l’entablement et le soubassement étaient complètement couverts de moulures et de broderies, de la plus grande richesse.
ISABELLE d’ANGOULÊME, FEMME DE JEAN-SANS-TEURE.
TOMBEAU DE HENRI 1er., DIT LE LARGE, COMTE DE CHAMPAGNE , MORT EN 1180, ( Autrefois dans l’église St. -Étienne , à Troyes.)
Pierres tombales.
Ou’ appelez-vous pierres tombales ?
Ce sont de grandes dalles, ordinairement d’un seul morceau, recouvrant les cercueils enterrés sous le pavé des églises. Les pierres tombales font conséquemment partie de ce même pavé et ne peuvent être confondues avec les tombeaux apparents précédemment décrits : elles doivent former une classe à part dans les monuments funéraires.
Il nous reste à peine quelques pierres tombales du XIIe. siècle, parce qu’elles ont été usées par les chaussures des fidèles qui ont chaque jour circulé dans les églises depuis cette époque : je crois aussi que ce fut principalement au XIIIe. siècle que les pierres tombales historiées devinrent communes.
Ces pierres reçurent, au XIIe. siècle, des moulures en creux et parfois des ornements en méplat ( entrelacs , zigzags , losanges , croix, etc. , etc. ).
Dans Vatrium qui précède à l’Ouest l’église Ste.- Marie-du-Capitole, à Cologne, j’ai vu plusieurs pierres tombales qui ont été déposées là , après avoir été enlevées soit de l’église, soit du cloître qui en est tout près : plusieurs de ces tombes offrent des dessins géométriques qui rappellent ceux de certaines mosaïques gallo-romaines : voici l’esquisse d’une de ces pierres.
Nous donnons (p. 275) la belle pierre sculptée du tombeau de Constantin de Melle, dans le transept Sud de l’église St.-IIylaire, à Poitiers, en faisant observer pourtant que l’on pourrait regarder cette dalle comme n’appartenant pas aux pierres tombales, parce qu’elle est abritée sous une arcade.