‹ Abécédaire ou rudiment d'archéologieChapitre 16 sur 113 · MA FJIS REQUIESCAT IN PACE · texte numérisé non relu

MA FJIS REQUIESCAT IN PACE

L'inscription suivante (p. 10/i) a été trouvée près de Château-Gontier et replacée surle mur de l'église voisine; elle est gravée sur une grande planche en ardoise, et les caractères en sont magnifiques.

Elle a été érigée au IX" siècle, D CGC XIX (819), comme le porte le texte.

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L'inscription tumulaire d'un jeune Gis de Gérard de Roussillon, qui avait été inhumé, à la fin du IX^ siècle, dans l'église de Pothières, village du diocèse de Langres, était attribuée à un moine nommé Lambert qui vivait au commencement du X« siècle; il ne reste plus qu'un fragment de celte inscription , déposé aujourd'hui à la bibliothèque de Chàtillon et dont voici le fac-similé fl).

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On entend par onciaie une écriture majuscule qui all'ecte souvent des contours arrondis, et qui se dislingue de la capitale par la forme des lettres A, D, E, G, H, M, Q, T, V. Voici, pour exemple, quelques mots d'une inscription du IX* siècle gravée sur une tablette de marbre.

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Cette écriture a été employée parfois dans les inscriptions murales,

(!) M. Mignard , de Dijon, a publié une notice snr cette inscription dans le Compte-rendu des séances tenues à Dijon, en 1852, par la Société française d'arctiéologie.

DK CAUMONT. ABÉCKDAIRE d'aRCHÉOLOGIE.

quand il s'agissait d'inscriptions très-ûnes, et dans ce cas on a souTent fait de l'écriture mixte, c'est-à-dire mélangée de capitales et de lettres onciales.

Quelques ég-lises appartenant au roman

primitif.

MAINTENANT que j'ai indiqué dans le roman primitif une coupe que des études ultérieures pourront rendre plus claire et plus certaine, je vais citer quelques édifices appartenant, les uns à la période mérovingienne, les autres ù la période carlovingienne , sans établir entre eux d'ordre chronologique.

La crypte St-Laurent de Grenoble se compose de quatre murs, disposés en forme de parallélogramme ou de carré long dirigé de l'Est à rOuest. A ces deux points opposés, on a pratiqué des enfoncements circulaires (G D) qui sont répétés aux deux côtés du Nord et du Sud ^E F) formant transept. A une égale distaiice de la face occidentale, se voient deux ouvertures cintrées (G H), ménagées dans les murs de ces mêmes

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côtés (Nord et Sud ). Dix-huit col(<nnes d'ordre corinthien, à base atlique, la plupart en marbre, distribuées, à l'intérieur, sur les quatre faces du monument, en soutiennent la voûte, qui s'élève à 20 pieds. Deux fenêtres, prises à l'Est et au Nord, donnaient le jour nécessaire. La longueur de l'édifice est de 25 pieds, lu largeur de 15, et chaque enfoncement ayant 5 pieds de profondeur, on a pour la plus grande longueur 35 pieds, et 25 pour la plus grande largeur.

L'église St-Picrre^ à Vienne (Isère,, est ornée de belles colonnes en

ÈRE ROMANE PRIMITIVK.

marbre et d'autres débris de monuments romains ; les murs latéraux sont construits en petit appareil (V. la figure, p. 20).

M. de Terrebasse établit, dans un mémoire, que, durant la première moitié du X« siècle, l'église de St-Pierre fut renouvelée en partie, et il attribuerait à celle époque les incrusialions de briques figurées p. 20. Sans discuter cette opinion , nous dirons que des incrustations de même genre existent dans le fronton du baptistère de St-Jean de Poitiers, qui nous paraît bien antérieur au X* siècle. Il y a lieu de penser qu'une grande partie de celte intéressante église, qui va renfermer prochainement le musée lapidaire, est antérieure au X* siècle.

Véglise de Savenières ( Maine-et-Loire ) a été figurée , pour la première fois, dans mon Cours d^antiquités Mome IV ) : la façade et le mur latéral Sud sont construits en pierre de petit appareil. On remarque, à diflférentes hauteurs, depuis le niveau du sol jusqu'au sommet de l'ancien fronton , six larges bandes de briques posées en feuilles de fougère, et trois petits cordons composés seulement d'un double rang de briques posées à plat. Ces différentes lignes rougeâtres contrastent, par leur couleur, avec le fond rembruni de la muraille. Deux fenêtres, percées au centre, ont leurs archi voiles garnies de briques, et l'on remarque, tout près de l'extrémité du pignon, des briques disposées de manière 5 former un triangle.

On peut citer également : Véglise de la Basse-OEuvre , à Beauvais { l'ancienne cathédrale), dans laquelle on distingue, au haut des murs latéraux demeuiés intacts, et qui sont en petit appareil, des fenêtres à plein-cintre, à claveaux séparés par des briques ; un cordon horizontal formé de deux rangs '^ de briques, court d'une fenêtre à l'autre au niveau des impostes et encadre l'archivolte.

l'AKTlE l)E LA BVSSE-OKIJVRE.

Véglise de Vieux-Pont-en-'Auge (Calvados) présente aussi un des

DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGIK.

exemples, si rares aujourd'hui, de maçonnerie en petit appareil avec chaînes de briques.

Les parties les plus remarquables de cette église sont le mur méri-

FiÇÀDB DB l'Église de viecx-pokt.

dional de la nef et celui de la façade; mais il faut distinguer dans celle-ci des reprises faites à plusieurs époques : l'absence de cordons en briques dans la maçonnerie, du côté gauche de la porte, pourrait

annoncer une reprise ; la niche pratiquée au-dessus de la porte doit être du XVI* siècle , et le gable a été exhaussé pour donner au toit plus d'inclinaison.

Dans le mur méridional , on voit encore les restes des fenêtres primitives; elles étaient étroites, cintrées, sans colonnes, et bordées d'un triple cordon de briques. Trois assises de briques forment les cordons horizontaux placés, de distance en distance, dans la maçonnerie.

La chapelle de Langon (Ille-et-Vilaine ) est construite en petit appareil, dont les pièces présentent des cubes de 9 à 11 centimètres de haut et de large, incrustés dans un mortier fort épais. Des assises horizontales de briques, séparées elles-mêmes par du ciment, régnent, i» différentes hauteurs, dans l'élévation du mur.

Les restes des murs anciens s'étendent sur chaque façade latérale, depuis l'extrémilé ouest, dans une longueur d'environ 5 mètres et dans la plus grande partie de la façade occidentale.

L'abside conserve des traces de l'appareil primitif; sur la voûte en cul-dc-four de cette abside, un enduit assez épais a été décoré de peintures, aujourd'hui Irès-détériorées , mais qui doivent être fort anciennes.

Si-Martin iC Angers. Ce qu'on voit encore de la nef et de la croisée de St-Marlin d'Angers, aujourd'hui transformée en chantier, a été, sauf quelques parties refaites, élevé par l'impératrice Hermengarde au commencement du IX* siècle. Des lits alternatifs de briques et de pierres de taille se voient dans les quatre arcades du transept, et dans les murs latéraux.

Elles oui environ ik pouces de largeur sur 9 ou 10 pouces de hauteur; elles sont séparées les unes des autres par une couche de ciment, dont l'épaisseur varie depuis 1 demi-pouce jusqu'à 10 lignes. Les briques employées dans les arcades ont, pour la plupart, 9 à 10 pouces de longueur.

Parmi les églises qui présentent des murs en petit appareil avec chaînes de briques, on cite encore l'église St-Mesmin, à une lieue d'Orléans, décrite par W. Duchallais; celle de St-André, à Domagné ( Ille-et-Vilaine ), à trois lieues de Vitré, qui offre dans ses murs en petit appareil , trois rangs de briques horizontaux et parallèles ; diverses parties de l'église de Gennes (Maine-et-Loire); enûn quelques autres églises, réparties dans diverses régions de la France.

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L'église de S i- Christophe , à Suévres ( Loir-el-Glier i monlre une

F»r.*nE nE I'fCLISE SiMT-fHHISTOPIlK. A SrÈ\BIS (lOIR-rT.fHE» ).

frise de briques disposées en arôle de poisson et des briques en cordons horizontaux. Cette ornementation rappelle celle de Savenières.

Véglise d'Ouillyj à 3 kilomètres de Lisieux, sur la route de PontrÉvêque, montre aussi des chaînes de briques dans un appareil trèsancien, selon toute apparence, antérieur au X* siècle.

L'église St-Lubin , d Suèvres , a été bâtie sur un débris de temple romain dont un des murs a été utilisé dans la construction actuelle ; elle offre, sous le clocher, quatre arcades qui pourraient bien être antérieures au Xl« siècle; les pièces de l'appareil sont séparées par une grande épaisseur de ciment, et l'on voit, entre quelques-unes de ces pièces, comme à St-Martin d'Angers, des briques verticales. Les briques verticales , entre les pierres d'appareil , se rencontrent quel-

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quefois dans les monuments romains eux-mêmes : c'est donc une présomption d'ancienneté pour la partie de l'église que je signale.

Dans une autre région, à Chassenon (Charente), localité indiquée sur la Carte de Peutinger, la brique avait été employée dans la façade de l'église, par bandes, disposées en arêtes de poisson, alternant avec des assises de petit appareil.

Église de Rugles. Le fragment ci-joint du mur de l'abside du côté sud de l'église de Rugles, citée pour la première fois par M. Ch. Vasseur , montre l'alternance des assises en pierre et des chaînes de briques. Mais, à Rugles, un fait important doit être noté : c'est que diverses pièces de l'appareil sont artificielles, c'est-à-dire composées d'un béton dans lequel on distingue des fragments de terre

DE CAUMONT. ABÉClÎDAlRE d'aRCHÉOLOGIE.

cuile et qui affecte une teinte rosée. Ces pierres forment une ligne horizontale.

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