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PARTIE DE l'abside DE l'ÉGLISE DE KCGLE

St- Martin-de-la- Lieue et Fierville , près Lisievx, L*église de St- Martin-de-la-Lieue, près de Lisieux, montre des appareils de revêtement qui peuvent remonter au X* siècle.

Un autre appareil très-ancien existe à Fierville, entre cette ville et Pont-rÉvêqne (1).

Chœur de Ccglise de La Coulure^ au Mans, Diverses pailiesde IV^lise abbatiale de La Coulure, notamment les bas-côtés qui forment le pourtour du chœur, apparliennenl au X* siècle : on en fixe la date à 995.

Les chapiteaux des colonnes, leurs bases ne démentent pas celle

(1) Voir les tuines IV et V de ma Statistique vwnumeniale du Calcados-

date; ce qui la confirme encore, c'est remploi alternatif de la brique

CHAPITEAU ET BASE DE fiOLOî<KF A L'ÉcLISE DE LA COOTCRE.

et des pierres dans les claveaux de plusieurs cintres. Voici une portion

DE CACMONT. ABÉCÉDAIRE D'aRCHÉOLOGIE

AlCiDE A l'ceUSE DE LA COCTffRE (995\

de la construction dont je parle : c'est encore un spécimen qui peut conduire à distinguer le X* siècle des époques suivantes.

Je regarde aussi comme antérieures au XI* siècle : 1° les colonnes de la crypte de Lemenc à Chambéry, dont les chapiteaux ont un faire carlovingien et qui ont été décrits dans le compte-rendu du Congrès scientifique de France tenu danscelte ville (p, 98-101) ; 2" quelques-unes des colonnes qui précèdent la crypte de la rotonde de St-Bénigne à Dijon.

Parmi les édifices de la dernière moitié du X* siècle, on cite aussi la chapelle St-Saturnin, à St-Wandrille (Seine-Inférieure).

En étudiant attentivement nos vieilles églises, en en faisant une sévère anatomie, on finira par trouver de nouveaux exemples à citer et des caractères de plus en plus accusés pour les périodes mérovingienne et carlovingienne.

Vases sacrés.

LES trésors des églises étaient très-riches en objets d'art, durant la période romane primitive, mais il reste à peine quelques pièces d'orfèvrerie, qui puissent remonter aussi loin: s'occuper de cette branche de l'archéologie serait nous écarter du plan que nous avons annoncé vouloir suivre dans cet Abécédaire. Je dirai pourtant un mot des calices et des vases accessoires de l'autel, parce qu'il en existe encore quelques-uns réputés antérieurs au X"= siècle, et qu'il est utile de connaître la forme qu'ils affectèrent alors pour la comparer avec celle des vases de même espèce figurés, aux XI*, XI I', XIII* et XW" siècles, sur des pierres tombales et dans des bas-reliefs.

Il y avait deux sortes de calices: les calices qui servaient au prêtre pour le saint sacrifice, et ceux avec lesquels on administrait la communion aux fidèles ; on appelait ceux-ci calices ministériels ; ils étaient plus grands que les premiers.

Il y avait encore d'autres calices, dont parlent Anaslase-le-Bibliothécaire et divers auteurs, et qui, vu leurs grandes dimensions, ne pouvaient servir que d'ornement dans les églises (1).

(1) Anast;ise-lc-Bibliothécaire parle de ces calices clans plusieurs endroits da Liber pontijicalis : dans la Vie de saint Léon, il en cite un qui avait été offert par Cliarlemagne et qui pesait 58 livres; dans la Vie de Grégoire IIF, il en indique un autre dont le poids était de 34 livres. Ces calices avaient deux anses, on les saspen iait ave^ des chaînes aux jours des grandes solennités; uiais il y en avait que l'on plaçait simplement sur l'autel.

(Vo:r le mémoire de M. l'abb;? Barraud, de l'Insritat des provinces, dans le tome VIII du Bulletin monumental, p. 383 et suivantes.)

DE CAUMONT, ABÉCÉDAIRE D* ARCHÉOLOGIE

Les calices étaient en or, en argent, en cuivre, etc.; on en fit aussi en ivoire, en corne, en verre, en étain, et même en bois.

Le pape Léon IV (IX« siècle) défendit de se servir de calices de bois ou de verre. Cette défense fut renouvelée par le Concile de Tibur, tenu en 895.

Les calices ordinaires étaient souvent ornés de pierres précieuses ; ils avaient la forme d'une coupe hémisphérique, portée sur un pivot et sur un pied plus ou moins orné. La plupart étaient garnis de deux anses.

PLATEAr EN OR TROCVE A (.0CR005,

On a trouvé, il y a peu d'années, à Gourdon, arrondissement de

Châlons-sur-Saôue, une cerlainequanlilé de médailles, dont plus de cent étaient à l'effigie d'Anastase et de Justin, qui ont régné à Conslantinople de 508 à 527, et avec elles un petit plateau en or (p. 116; et un vase à anses en forme de calice orné de diverses moulures, de Oligranes et de cœurs, les uns en grenat, les autres en turquoises (1) : si ce n'était pas un calice, attendu qu'il est d'une très-petite dimension, ce serait,

VASE ES OR TROCVE A GOCRDOS.

comme le pense M. Rossignol , une des ampuUœ que nous connaissons sous le nom de burettes. Ainsi les burettes auraient eu parfois, dans le VI* siècle, la forme de petits calices ; à cette époque, on en avait aussi d'une forme très-difiFérenle, comme il serait facile de le prouver, et qui se rapprochaient beaucoup de la forme actuelle.

(1) Les pièces d'orfèvrerie mérovingienne sont souvent ornées de grenats on de verroteries rouges cloisonnées , c'est-à-dire posées dans des alvéoles où elles sont enchâssées et retenues par le bord même des alvéoles légèrement rabattu sur elles.

DE CAUMONT, ABKCKDAIRK D ARCHEOLOGIE,

Co'îinie exemple de calices d'iinj cpoquj inoin^ ancienne , je présente l'esquisse du calice de saint Gozlin, évêque de Toul de 922 \ 962, lequel a élé décrit par M. Auguste Digot, et qui se trouve à Nancy, dnns le trésor de la cathédrale.

L'extérieur de la coupe, le pied et les anses sont ricbcnicnt ornés de ciselures, de pierres précieuses et d'émaux verts et bleus.

CVLICE UE SMM GO/Llïl,

Les patènes avaient, dès les premiers temps, à peu près la même forme que de nos jours ; les plus riches étaient ornées de pierres précieuses, de ciselures et d'émaux, comme les calices. On possède à Nancy la patène de saint Gozlin.

Son diamètre est de 15 -centimètres ; la partie intérieure présente une sorte de rosace, formée de cinq arcs de cercle garnis d'un ornement eu filigrane ; des pierres enchâssées se trouvent dans les angles

formés par la réunion des aies. Le cercle extérieur est orné de pierres et d'émaux.

PATENE DE Sàl.NT OOZLl».

Peut-être doit-on aussi attribuer à la fin de la période romane primitive quelques-unes des pièces renfermées dans le riche trésor de Conques f Aveyron) qui, pour la plupart, sont du temps de l'abbé Begon (1099-1 H 8 ). Les belles couronnes du trésor de Guarrazar en Espagne, aujourd'hui au musée de Cluny, sont des monuments uniques de l'orfèvrerie dq VII« siècle.

Tissus.

7\ DBA.NT les périodes mérovingienne et carlovingienne, les tissus sont \/ extrêmement rares et renfermés depuis longtemps comme reliques dans les trésors des églises, soit qu'ils servent à envelopper des ossements vénérés, soit qu'ils aient été employés à confectionner d'anciennes chapes ou des chasubles.

Je figure trois tissus de ce genre, dont l'ancienneté est généralement acceptée.

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M. de Linas {Rapport sur les anciens vêtements sacerdotaux .et les

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