ÈRE ROMANE SECONDAIRE ( MODII.LONS ET CORNICHES
Modillons et Corniclies.
T\ ANS quelques édiûces , les corbeaux
V ou modillons, placés ordinairement
sous les corniches de murs extérieurs,
remplissent le même office à l'intérieur.
Le plus souvent ces espèces de con-
soles figurent des têtes d'hommes grotesques et grimaçantes, des têtes d'animaux , des monstres , des griffons , des volutes, des sautoirs, des angles de corniche, les signes du Zodiaque, etc. , etc.; on y voit aussi assez souvent des obscénités.
On trouve la plus grande variété dans les modillons, et l'on y a parfois représenté divers objets d'un usage habituel , tels que la bouteille, le petit tonneau dont se servent encore les ouvriers de la campagne pour porter aux champs leur boisson, le verre à boire, etc.
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Quelquefois des rosaces ou autres figures ont été sculj)lées cuire les modillons.
Il y a aussi des modillons simples et en forme de consoles, comme ceux des églises romanes primitives.
Nous avons déj;j vu (p. 1^4) qu'en Alsace, sur les bords du Rhin el dans le midi de la France, le couronnement de? murs repose sur des pieds-droits ou ressauts avec des arcatures à consoles très-plates dans les intervalles ; suivant les provinces, on pourrait remarquer quelques différences dans la manière dont les modillons sont traités. Dans
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l'Est et en Bourgogne, les figures grimaçantes sont plus rares que dans le Nord-Ouest. Souvent l'extrémité des consoles est taillée en doucine,
très-évidée. En Auvergne, les modillons et les coruicbes ont beaucoup de saillie (Voir page 485).
Sans nous attacher aux variations locales , en considérant les
modillons d'une manière générale, on peut .
dire que ceux qui supportent des arcades semi-circulaires sont moins anciens que les modillons à entablement droit , et leur succèdent parfois à la fin du C XP siècle.
Ceux-là sont , à leur tour, plus vieux que les modillons séparés les uns des autres par de petits arcs trilobés, ou alternant avec des dents de scie , comme on en voit dans le XII* siècle , Oïl que les modillons aplatis et portant des arcs , dans lesquels se dessinent d'autres consoles avec sous-arcatnres.
Enfin , les modillons îiplatis , ornés de fleurons ou d'autres moulures , et surmontés d'arcalures en ogive avec sous>aroatures ou contre-corbeaux ,
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ÈliF. r.OMAXF, SECONDA inr, (COLONM'.S).
et les modillons en dénis de scie , sont les moins anciens de tous : on les rencontre trèscommunément dans le XIII* siècle.
La corniche qui surmonte les modillons est quelquefois toute simple, d'autres fois elle est ornée de zigzags, de moulures hachées (V. p. 195], de denticules , de dessins en échiquier, de torsades, etc.
Elle se modifie comme les modillons dans Je cours du XII* siècle, et se charge quelquefois de moulures variées.
Colonnes.
SUIVANT la position qu'elles occupent, les colonnes présentent un grand nombre de proportions diverses : le plus souvent elles sont droites entre la base et le chapiteau , et n'ont point de renflement ; dans l'église S*^-Marie du Capitole, à Cologne, la diminution du fût entre la base et l'astragale est considérable.
Certaines colonnes sont pesantes et courtes, formées d'un gros fût cylindrique.
L'usage s'introduisit assez généralement, au XI* siècle , de former les piliers d'un assemblage de demi-colonnes réunies en faisceau. Cette innovation , Tune des plus notables du XI* siècle, est un acheminement très-marqué vers le système nouveau d'architecture que nous verrons adopté dans la suite ; là est renfermé un des principaux éléments du style ogival. Du moment que la colonne n'était plus le support réel , mais seulement l'accessoire , l'ornement du support , on pouvait sans inconvénient en varier à l'infini les proportions.
Bientôt des fûts d'une longueur disproportionnée s'élancèrent d'un seul jet depuis le pavé jusqu'aux combles, soit pour aller recevoir les arceaux de la voûte , soit pour diviser les murs par ces lignes perpendiculaires
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et également espacées , d'un effet prodigieux dans la perspective d'un grand édiOce.
Il me paraît évident que c'est dans le nord et le centre de la France qu'on a commencé à grouper les colonnes.
Dans le XII* siècle , les fûts devinrent de plus eu plus élégants ; on couvrit parfois de moulures diverses ceux qui étaient le plus en vue , tels que ceux qui supportaient les archivoltes des portes et de quelques fenêtres ; les églises d'Autun, d'Avallou, du Puy, de Semur, de ïouruus, de Chartres, de Bourges, de St-Gilles, etc., eJc, en offrent de semblables.
Les uns, couverts de zigzags et de losanges, peuvent être désignés sous la dénomination de fûts zigzagues , losanges , tic.
D'autres sont ornés de feuilles imbriquées, de dessins alvéolaires, etc., etc.
Quelques-uns sont garnis de guirlandes, de pet les, de fleurs ou
de feuilles, conduites tantôt eu spirale, tantôt en lignes verticales. La calhédralc d'Autun moulrc, daus ses deux portes, des exemples de colonnes ainsi décorées.
D'.iulres colonnes m'ont' présenté des rinceaux profondément