‹ Abécédaire ou rudiment d'archéologieChapitre 40 sur 113 · ÈRE ROMANE SKCONDAIRE ( TOMBEAUX · texte numérisé non relu

ÈRE ROMANE SKCONDAIRE ( TOMBEAUX

DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGIF.

feuillages garnis de perles. 11 n'est pas douteux que ce monument n'appartienne au XII« siècle ; on n'a pas de renseignements sur le per-

TIB DU eiTKEttlItJi i»t lOHBKàl.

sonnagc qu'il recouvrait, cl, comme on l'a apporté du diâtean de Javnrsay, il avait déjà été déplacé, car il avait dû être érigé primitivement dans une chapelle ou une égli»>c.

Il existe au musée de la Hochclle un tombeau encore plus curieux, ptul-ôtre : il était porté par bix colonncltcs ilrois en a\anl, trois en arrière!, lesquelles reposaient sur trois lions qui, eux-mêmes, se trouvaient sur un soubassement fait en pierre de SainloDge (pierre de Ci 01 nny>, comme le reste du monument.

ÈBR BOMANE SECONDAIRE (TOMOEAUx).

Zû

-ùi « —

DE CALMONT. AUKCKDAIRK b AllCUtOLOGlF..

La pierre tumuluirc, de forn e prismolique, a 1 mètre 95 cenlimètres de longueur sur une largeur de 55 cenlimètres à la tête, et de 50 centimètres seulement aux pieis. Ce s»Trcophajce parait aToir été adossé à un mur, la tète à l'Occident et les pieds à l'Orient. Cette disposilion explique pourquoi les sculptures qui le décorent n'ont été placées que sur un des paus inclinés et aux pieds.

Les ornements, sculptés en relief, consistent en une espèce de fleuron, une croix grecque ancrée avec un chapelet de perles an miliea, une palme perlée et un hartead ; il n'y a aucune trace d'inscription. Au-dessous du toit existe une bordure, ornée de cinq palmettes perlées auxquelles succèdent des feuillages. Aux pieds, on voit un feuillage à sept branches dont le dessin rappelle celui de la bordure.

L'fxTiitMiTK PC -rovBEftff riGittt tTt^T l'oU^LHUT »r« cotomwnM.

Les colonnellis, hautes de 33 ccnlinulrps, sont oclopones. La baae présente uu cùne tronqué, et le chapiteau une corbeille ; le fût est

ÈRE hoàiank secondaire: (fonts ramismaux).

droit sans rcnllcmcnt. Les lions sout couchés et comme affaissés sous le poids qu'ils supportent. Les dal'es du souliassement oITrent, pour toutes moulures, un cliauficin et un socle. On croit que ce monument a été élevé à la mémoire d'un fondateur d'église, qui était ù la fois architecte et ecclésiastique : les ornements gravés sur une des faces le font supposer. Ce tombeau a été décrit par M. Menul, de La Rochelle, membre de la Société française d'archéologie.

Ce fut au XII" siècle que l'on commença h sculpler la statue du défunt sur quelques tombeaux : les statues de Richard-Cœur-de- I-ion, de Henry II et de sa femme, qui existent à Fontevrault sont couvertes de peintures qui relèvent les draperies de leurs costumes. Ce sont les statues tombales du XIP siècle les plus curieuses que je puisEC citer.

TÈTES DIS iTATCES SCCLPliitS SIR LES TOMBEàCX DE f O.NTEVRitLT.

Quelques tombeaux, qui sortaient de la classe ordinaire, étaient revêtus de plaques d'argent ou de cuivre éniaillé : tel était le magnifique tombeau de Henri 1'% O*" comte de Champagne, qui existait autrefois dans l'église St-Élieiine de Troyes et dont j'ai publié une esquisse (pi. C bis de l'Atlas de mon Cours Wantiquités). La statue était abritée sous un monument en forme d'autel, dont chaque face était percée de quatre arcades à jour, formant balustrade et laissant voir la statue. Ces arcades étaient subdivisées chacune en deux cintres par une colonne ; des anges remplissaient les intervalles compris entre les archivoltes des arcades ; enfin, l'entablement et le soubassement étaient complètement couverts de moulures et de broderies, de la plus grande richesse.

DE CAUMOM, ABtCt-DAlRE P*ARCObQ|.QÙlE,

ÈRE ROMANE SECONDAIRE (PIEFRES TOMBAf.ES ). 329

Pierres tombales.

LES pierres lombales sont de prandes dalles, ordinairement d'un seul morceau, recouvrant les cercueils enterrés sous le pavé des églises. Les pierres lombales font conséciucmment partie de ce m<^me pavé cl ne peuvent être confondues avec les touibeaux apparents précédemment décrits : elles doivent former une classe à part dans les monuments funéraires.

Il nous reste à peine quelques pierres tombales du XU* siècle, parce qu'elles ont été usées par les chaussures des fidèles qui ont, chaque jour, circulé dans les églises depuis cette époque : je crois aussi que ce fut principalement au XIl" siècle que les pierres lombales historiées devinrent communes.

Ces pierres reçurent, au XII« siècle , des moulures en creux et parfois des ornements en méplat ( entrelacs , zigzags, losanges, croix, etc. , etc.).

Dans Vatrium qui précède à l'ouest l'église S"- Marie-du-Capitole, à Cologne, j'ai vu plusieurs pierres tombales qui ont été déposées là, après avoir été enlevées soit de l'église, soit du cloître qui en est tout près : plusieurs de ces tombes offrent des dessins géométriques qui rappellent ceux de certaines mosaïques gallo-romaines ; voici l'esquisse d'une de ces pierres.

Nous donions (p. 330) la belle pierre sculptée du tombeau de Constantin de Melle, dans le transept sud de l'église deSt-Hilaire, à Poitiers, en faisant observer pourtant que l'on pourrait regarder celte dalle comme n'appartenant pas aux pierres tombales, parce qu'elle est abritée sous une arcade.

DE CAUilONT. ABKCKDAIRE D ARCHKOI.OGIK.

-0-70 pirtnc Tomui Di co:(tT&nTi!i dk HCtit, k rotncB*.

fenE ROMANE SECONDAIRE (WKRRES TOMBALES ). 331

On a fait, au XI I« slccle et môme dès le Xr, des pierre» tombales

portant rcfligie du défunt en demi-relief; mais les exemples en sont Irèsrares. Voici l'efligie de saint Memmie sur une pierre tombale, ù Chàlons.

DR CAUMONT. ABKCKDAIRE D'ABCBi'.OLOGIE.

Croix de pierre,

IL resle si peu de croix élevées dans les cimetières el dans les carrefours, aux XI* et Xll* siècles, que je n'en puis offrir qu'un spécimen complet:

je l'emprunte à ma Statistique monumentale du Calvados :

c'est la croix de Crisy, placée sur le bord d'une voie romaine, sur la limite de deux communes. Ce petit monument en pierre se compose d'une croix grecque couverte d'étoiles el ornée, au centre, d'un fleuron entouré d'un cercle garni de moulures, puis de quatre colonnes groupées en faisceau ; le tout taillé dans le môme bloc de pierre calcaire et d'un seul morceau.

Quelques croix offraient absolument l'image de celles qui couronnent encore les pignons d'un grand nombre d'églises romanes ; on en cite dans quelques localités, et ce furent les plus communes aux Xl« el Xll' siècles.

On dut, au XII' siècle, sculpter le Christ sur quelques croix en pierre, et on imita, pour celle image, le type alors adopté : type que nous avons (léjîi indiqué page 255, tfl que nous retrouvons sur les croix en cuivre cmaillé de la

>VUM<

ÈRE ROMANK SECONDaIHE ( CROIX DE PlERRk). 333

même époque, dont l'exemple ci -joint peut donner une idée.

Page 1