‹ Abécédaire ou rudiment d'archéologieChapitre 53 sur 113 · STYLE OGIVAL PRIMITIF ( FORME LES EGLISES · texte numérisé non relu

STYLE OGIVAL PRIMITIF ( FORME LES EGLISES

Ci-joint de Noln>Dame de Trêves .non.rc une des combinaisons les plus gracieuses et le plus savamment calculées pour ces églises • il en reste un bien petit nombre aujourd'hui ; mais on sait qu'il existait

rL*?l OE LFr.:.ISE DE .NOIri-DUIK Ut TnÈvrs.

dans beaucoup de villes dos églises de Notre-Damela-Rondc, cl celle qualification suffit pour prouver qu'elles appartenaient au même Ivpe que celle de Trêves.

Tels sont les dilTéreuli, plans sui\is pour les églises du XIII'' siècle appartenant au slyle ogival primilif complètement formé. On a pu juger des modifications qui s'étaient opérées, et voir quelles différences existent entre le plan d'une église romane et celui d'une église ogivale. Pour rendre ces différences plus sensibles, je mets deux plans d'églises romanes avec leur chœur peu développé (les églises à coupoles de Fontevrault et la cathédrale d'Angouléme) en regard de deux églises du

402 DE CAL'MOXT. ABf.CKDAinF n'Ancnf.OI.OGIE.

XIII* siècle, la cathédrale de Bayeux et le chœur de la mélropolc de

Hcims. La comparaison qui st»ra faite en apprendra plii« que de longs commenlaiics.

FTVLE OGIVAL PRIMITIF (FORME DKS ÉGLISES^.

ur.)

Appareils,

ON cessa lout-à-fail d'employer les petites pierres taillées carrément ; les pièces de l'appareil furent généralement plus grandes et de forme moins régulière ; on ne disposa plus les pierres en urcie de poisson ni en échiquier.

DE CACMONT. ABÉCKDAIBE D'ARCHÉOf.OGlE.

Arcs-boutants et contreforts.

UN irail bardi du nouveau sljle fui de projeter en l'air ces arcs-boutants qui s'appuient, d'un côté, «ur les contreforts des collatéraux et qui vont, de Taulre, soutenir les murs du grand comble. Ce moyen ingénieux de consolider le sommet des édiGces était inconnu dans les XI« et XII* siècles ; alors les arcs-boutants, qu'on élevait parfois le long des murs de la principale nef, étaient cachés sous la toiture des ailes.

AMCc-Bocik^Tt l'C iiir (itcii. — 5rr dc it ctlat»a»t( M tiTiti.

Du monunt (|tic les arcs-boutants formèrent des arcadti aéritnnn^

SnXE 0G1V,U, PIIIMITJF (onNKMENT.s). 405

les conlrerorrs s-élovcrent c„„,„>c ,ics .ours au-dessus des toi,, des aile. On les couronna de clocbc.ons taulôt carrés, lantô. oCogones. quelque! fors d un froniou aigu „u d'un .„ii à double égoûl. Sur les „iedsdroas de ces contreforts pyramidanx, on pratiqua des niches garnie, de colonnes dans lesquelles on plaça des statues.

Comme les ares allaient soutenir le haut des murs, ou eu lit aussi des aqueducs pour IVcoulement des eaux pluviales du grand cou.ble • ces eaux étaient reçues dans une espace de gouttière en pierre ; .lies coula.en, ensuite sur les dalles pratiquées dans l'épaisseur des ares. pu,s étaient rejetées au-.lelà des murs par des conduits saillants que I on a nommés gargouilles.

Il faul avoir examiné nos belJes églises dn XlIIc siècle, pour <=e rendre compte de l'effet des arcs-Loulanls et des conl.efo.is pyramidaux qui es soutiennent. Dans les édifices les plus élevés, chaque contrefort upporte jusqu'à trois arcs, projetés les uns au-dessus des autres avec me iiardiesse surprenante et en apparence téméraire.

Ces arcades, qui décrivent une muliitude de courbes autour de l'ab ide et des nefs, viennent toujours butter contre les massifs qui séparent ^ fenêtres; par là les architectes ont neutralisé la poussée des voûtes, ont les arceaux se réunissent et portent sur ces mêmes massifs Les conireforls, soit qu'ils supportent des arcs-boutants ou qu'ils ).ent immédiatement appliqués contre les murs, comme dans les çades et le long des églises qui n'ont point de collatéraux, pré- "tent des pilastres de forme carrée ; ils sont divisés en plusieurs étages Tdes corniches; et leur saillie, souvent très-considérable vers la 'se, dmunue progressivement en approchant des éloges suné- :urs. *

Ornemeiits.

. u Xlllc.iè,!,, i,,^„.,..,, „„^. ^,,.^„,^,^ révolution dans l'ornementation \arch„ectonique : au lieu de palmettes. de feuilles grasses perlées galons plus ou moins riches, en.prun.ées ù la flore ou à la déoo- •0.. orientale, on se mit. au Xllh siècle, ù i.niter les végétaux igenes: le sculpleur y trouva d'immenses ressources; il reproduisit l>pes nouveaux avec une grande babilelé. ./ la flore murale Uu tl' siècle présente au monumentaliste un intéressant sujet d'études 'S ces feuilles indigènes, si naïves, si délicatement découpées et es avec tant de bonheur sur les murs de nos cathédrales.

fJl-: CAUMONT. ABf:CKLAIIlK D*AnCehOLOGlE.

Nous n'avons pas la préleiilion de préscnlcr le tableau complet de la flore murale du XII* siècle, mais sculemcnl quelques figures: elles sulliront pour montrer loule la dis<;cmblancc qui existe entre l'ornemcnlalion du slyle roman et celle du style ogival ',{".

11 ne f.iudra pas toujours rlicrclicr dans l'exécution des végétaux une imitation rigoureuse : selon ses tendances, le sculpteur a été plus ou moins fidèle dans la reproduction, ce qui fait dire à notre savant botatiisle et ami, M. Des Moulins, de Cordeaux : •' I es fleurs crlificielles a ne datent pas du jour où les modistes en ont orné les chapeaux de

• nos dames. Dans les monuments comme dans les tableaux, comme

• dans les modes, on remarque et on remarquera toujours, on signalera, 'I comme une exception précieuse, l'imitation fidèle et rigoureuse des (. formes de détail des végétaux. On peut arguer de faux les modèles «. classiques, tout aussi bien que les t>pes les plus éléganls des die verses phases sculpturales de notre art chrétien. •

Les feuilles de vigne, de chêne, de rosier, de saule, des Heurs crucifères très-élépantes, les feuilles et les fleurs de nénuphar, de fraisier, de renoncule, les feuilles de trèfle ù pétales arrondis, ont été reconnues dans plusieurs de nos cathédrales du XIII* siècle.

(1) La tlore murale du XIII* slbcle n'est pas encore faite: nous avons en- U&Ké plusiciirâ botanistes archeolo;;ucs, notamment M. Des Monllni', k s'en occuper; il y a ùfjit consacré un mc'moire. Voici le catalo|;ae des plantes recon« nues dans la catlicdrale de li'.-ims par M. Hobinct.

I!ydrocotylc vulçare.

KA'.ADK. Asaruni Tulg»rc.

llex aiiuifolium.

Vitis (nvi-c gîap) e*).

KanunculuN (stcc fleur).

C«$ta!teus (arec fleur).

Glechoma hcdcracea.

Foucbrc».

Guirlande d'acanthe.

Cirsiiim acaule.

Quercns.

Qucrcus pedunculata ou rubur,

Vitis vinifcru.

Potintilla fr:i;:aria.

Potentllla reptiins.

Ilosa canina (avec tlcui).

Knnunculus acris (avec tieui].

lïdsa arvcnsis.

Hanunculus llngua.

A l.'iNTtRICUU Di: l.'tOLISE.

Sacittarin sagittifoli i.

A (, ri mon la.

Hedcra lielix.

DANS LE TRirORlUX.

Atarum cnroparum.

Glechoma hederacca.

.\canihp.

Vi;:nc sauvacr.

Laurier.

Arum Tulffare.

Malra sylvettri».

lUnuocnlus (avrc fleur).

STYLE OGIVAF, PRllllTIF ( OllNKUtNTS ).

FECnXEg DE VIGNE,

CIlvriTEAC DE L\ CATUKDRXLF. UE UEIMS,

Garni de (euillcs de vigne et do fleurs de la famille des Rosacées.

DE CAUMONT. ABECtDAIRE D AUCntOLOGlF..

BOCQrRTS DE nOSES »CB CH CHiriTEAC.

FECiLLFs iiF iirRr.r.

rtlitLtt O AlM.

lîiy'iif

OMUlIMiTIO^ TiulTill VI l'ibll»! ^OTaK•Dt■t, 4 ItlVU.

SmE OGIVAL PBIMITIF (ORNEMKNTS).

DÉCOBATION VÉGÉTALE u'

CN CilAPITEAl DE LA FIN DC xmC gli

nECMAPÉTAL.Sn,„,E„ÉE6, „o,„,c„Èct..

DK CAUMONT. ABÊCKDAIRE d'aRCHÉOLOGIE.

oii!«i>irMiiio!« vikiTilc H »m» Mtct«.

5TYI.K OGIVAL PRIMITIF (on.NEMKNTs).

I li

Moii.rars ou xm^ sikcle uaNS t* catiikdkale de laon

DE CAUMONT. ABKCÉDAïaE D'aRCHÉOLOGIE.

Les violettes ne ressemblent pas toujours à la fleur de ce nom, et l'on comprend sons lu même dénomination plusieurs fleurons de forme différente, sculptés eu relief, qui garni>stnt les arcliivoll(s, les piedsdroits des portes et des fenêtres , et quelquefois les arceaux des voûtes. J'ai souvent observé , sur les voussures des portes principalement, des violettes à pétales, renversées et vidées en dessous avec tant de di licaicsse qu'elles ne tiennent ù la pierre que par leurs extrémités.

Les feuilles entaillées ont reçu colle dénontinalion, parce qu'elles forment des bordures sur les parties saillanlcs de reulablcuiinl, notamment sur les tailloirs.

Les crochets ou crosses sont placés sur les angles des pyramides, le long des frontons, sous les corniches et dans quelques autres parties des édifices, surtout à l'extérieur ; ils se rencontrent principalement dans leXill' siècle, mais on les trouve vers la fin du MI'. Ils ont pour caractère, dans le XI 11% d'être allongés et terminés par un évasement qui figure lanlôt un petit fleuion , tantût une feuille roulée en forme de volute. On peut ;ijouler qu'ils sont plus écartés les uns des autres que ceux du XIV* siècle, et (ju'uu lieu d'être implantés const^imment stir

les parties les plus saillantes, telles que les angles des pyramides, le bord des frontons, etc., etc., ils sortent quelquefois du centre des cannelures pratiquées dans les voussures des portes, entre les colonnes ou le long des pilastres.

Quelquefois les ciocliets ou crosses si» terminent p.ir des figures humaines ou des têtes d'animaux.

Le portail de l'église de la Couture, au Mans , montre dans tes \oussures des ciO( luis terminés, les uns par des bouquets de fouillsge, les autres par des têtes humaines.

les pinacles présentent de pelitr<i pyramides trop peu élcvér> pour pnu\oir êlie confondues au'c les clochetons iunquelj clU^ ressemblent toujours plus ou moins. Ces pyramides ont été, comme nous le verrons, bien plus communes d»ins le \1V» >iètlc que dans le Xlll».

Page 1