STYLE OGIVAL PRIMITIF (ORNEMENTS
^«</ai5 forment des couronnements en sail- ^Je, qui ne tiennent que d'un côlé au mur qui ies supporte. Le plus souvent iJs surmontent les niches destinées à recevoir des statues.
Dans l'exemple cijoint, tiré des portuiJs latéraux de la catliédrale de Chartres, ils reposent sur les chapiteaux des colonnes auxquels sont adossées les statues. Le plus ordinairement ces dais sont ornés de
tours qui figurentpeutêlre la Jérusalem céleste.
. Aux ornements que •'e viens d'indiquer, il faut ajouler quelques moulures caractéristiques de l'architecture romane et qui se représentent parfois dans la première moitié du XIIio siècle, maisavecun style particulier, une finesse
d'exécution qui ne permettent pas de les confondre avec celles des siècles précédents.
Ce sont les zigzags, les têtes saillantes, les iMn. l .
fillettes, etc., etc. l^tes-plaies, les étoiles, les
La porte que voici nous fournit un exomnlr nn
«^-^C'^Pio, non-seulement de l'em-
414 DF CAUMONT. ABÉCKDAIP.E d'aRCHÊOLOGIE.
ploi de CCS moulures (zigzags, lûlcs de clous, elc.)» mais aussi du
plein-ciiilK.' Ciiijiloyé par cxccplion uu i uuu. m omcnl du XIII*" siècle. Fintablenioiit.
A.\s le XIl'^ siècle, les niodillons à figures grimaçantes avaient <*lé peu à peu remplacés par des consoles semblables à celles-ci :
ou bien on forme de dénis de scie ; ces console^ ont élé employées pendant tout le temps que j'assigne uu style ogival primitif, ainsi que les fcuill.tges entablés.
Mais »>n cbangement plus ron<;idéral)le s'opéra dans
rcntableuionl des grands rdifices, par l'addilion di'S ba- '<v lustrades. On couronna les corniches avec des rampes en pierre dès les dernières annexes du Mh siècle : ces biilustrados devinrent l'accessoire ordinaire de* corniclies (|ui terminent les nuir» principaux, à rextcriojir.
Dans les églises où l'on remarque trois rangs de balustrades, le premier est au-dessus des cba|)cllcs ; le second surmonte les bos-côlès, et le troisième règne autour du grand comble ; mais le plus souvent on n'en voit que deux r.uigs : l'un .lu-dessus de» rliuptllos cl l'autre au-dessus du grand comble.
Les balustrades qui prédominent au Mil' siècle sont portées sur des orr^ ogives ou sur des arc* trilobés tantôt à colonnes, lanl6l sanscol(mnes.
STYLH OGIVAL PRIMITIF ( ENTABLEMFNT ). 415
A rinléiieiir, on a principalement placé les balustrades au-dessus de la
Victor Petit Del.
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corniche qui surmonte le premier ordre, comme dans cette éléraliou d'une église du Xlll^ ftiùcio.
UE CAUMONT. ABÉCÉDAIHE d'ARCHEOLOGIE.
Colonnes et pilastres.
bES colonnes minces et alloigées forment un des caraclères les plus frappants de rarcbilecture ogivale. Le plus souvent elles étaient disposées par faisceaux et tapissaient les pilastres, toujours nombreux dans les grands édifices ; c'est, je crois, dans le nord de la France que les agroupements de colonnes ont été le plus fréquents et le plus remarquables : c'est dans celle région qu'on avait commencé à disposer les colonnes en faisceau, aux XI"^ et XII" siècles. En général, les colonnes, soit groupées, soit i^olées, se détachent de manière que les trois quarts du cylindre restent visibles ; quelquesunes même sont tout-à-fait séparées du mur ou du pilier qu'elles décorent.
Les fûts des colonnes présentent fréquemment des anneaux qui les divisent par parties égales. J'ai désigné sous le nom de colonnes annelées , celles qui sont ainsi munies de renflements.
On voit aussi, au XIII- siècle, des] colonnes torses dont le fût est conduit j en spirale ( Chartres, Gènes, etc„ etc. ).
La longueur des colonnes varie suivantl la hauteur dos édifices où elles sont!
placées, et leur diamètre est t n'a- variable.]
Dans les nefs, des colonnes en faisceaux s'élancent d'un seul jet jusqu'au haut des murs, où elles reçoivent les arceaux des voûtes; mais plus souvent cncorel on en voit |)lusieurs ordres superposés] les uns aux autres, sans entahlement inlormédiairc, do sorte que la hase dos colonnes d*un étife repose immèdialemcnl sur le^ chapiteaux des colonnes infit^rieures. Dans beaucoup d'églises, le premier ordre est composa de grosses
STYLE OGIVAL PRIMITIF (cOLONNES ET PILASTRES). 417
cylindriques : les colonnes minces garnissent les étages supé
rieurs
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DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE D'AnCDtOI.OGIE.
On a fait, au XIII* siècle, des colonnelles détachées dont la légèreté étonne quand on compare la longueur des fûts à leur petit diamètre.
Quelquefois ces fûts sont d'un seul morcpau, et toujours il a fallu, pour obtenir quelque solidité, se servir de trèsgrandes pièces. On peut ciler, entre beaucoup d'autres, les colonnes détachées de la cathédrale de Dol (Ille-€t- Vilaine), celles de la cathédrale de Lausanne, etc., etc.
A Dol, les colonnes dont je, parle se voient dans la grande nef: elles s'élèvent, détachées des piliers, depuis le pavé jusqu'aux voûtes.
A Lausanne, elles se détachent aussi sur chaque pilier de la grande nef.
A Auxerre, dans la cathédrale, des colonnes trèssvcltcs et monocvlindriqucs forment une sorte de clairevoie devant les chapelles qui s'ouvrent au-delà des collatéraux, derrière le chœur. C'est une disposition <ruu bel elTol , que l'on relrou\e dans quelques grandes t'-glises de l'Ilede-France, de la Champagne et des autres provinces où le style ogival était dans totitc sa splendeur au XII !• siècle.
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STYLE OGIVAL PRIMITIF (cOLONNES ET PILASTRES). 419
▼" DE L^ CHAPELIE TERMtNAlC IT D
l* CATHÉDBAIE D'iCXEnRE,
DIMS
4,0 DE CACMONT. ABiCÊDi.BE D'AECHtoLOGlE.
"«.US trouvons celle dUposiUon, nol.ma,en, dans .'égUse de St.
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,laii dcji dan» c«Ue de Sl-B. «nj de Reloi. dont
STYLE OGIVAL PRIMITIF ( COLONNES KT IJLAfeTRES). 421
le Chœur remonte, à ce qu'il paraît, à la 2-^ moitié du XI1« siècle.
OATUÉDBALE DE LUIBOX (POCRTOCR DU CUOEBB),
I)K CAUMONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGIE.
Les chapiteaux des colonnes d'un petit diamèlre ont, au XIII* siècle, un galbe très-caractéristique et sont d'une élégance qu'on ne retrouve à aucune autre époque.
uiàriTrtri pr xiii* tiicu.
STYLE OGIVAI- PHIMITIF (rOl.f)N.\K5 KT I'II-ASTHES ). 423
Un second rang; de feuilles existe souvent sur les chapiteaux, même sur ceux qui appartiennent à des fûts de petite dimension, surtout lorsque ceux-ci sont isolés ; et les feuilles du rang inférieur sont quelquefois d'une autre espèce que celles de la partie supérieure de la corbeille.
Dans les colonnes monocylindriques d'une içrande dimension, telles que celles qui supportent souvent les arcades du premier ordre au pourtour du sanctuaire, les bouquets de feuilles sont d'autant plus nombreux que le diamètre du chapiteau est plus considérable.
Le chapiteau que voici est un de ceux qui couronnent les grandes
|l^^|lfiflil7l'(^lh^lilTÏÏTJ^f|l^ll[ll!|ll)^T'|^-^lM!n'f!M'Wl|r''^/|fr|lll^|^lT^^'^ffl
colonnes accouplées, flanquées de deux colonnettes, qui entourent le chœur de la cathédrale du Mans, et qui ont été élevées, d'après M. l'abbé Tournesac, durant une période comprise entre 1232 et 1270. Les deux rangs qui les recouvrent se terminent par des bouquets, presque sphériques, de feuilles roulées en volutes.
Au XIIP siècle, surtout durant la première moitié, l'abaque ou le tailloir qui surmonte la corbeille du chapiteau est souvent carré ; ce n'est guère qu'au milieu de ce siècle qu'il affecte constamment la forme octogone.
DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGIE.
Les bases des coloones du XIII' siècle sont txès-caraclérisées ; on en voit encore quelques-unes munies, comme au XII' siècle, de feuilles ou appendices qui les rallachenl au piédestal ; mais dans les plus ordinaires le tore inférieur est Irès-évasé par rapport au tore supérieur, et la scotie qui les sépare Tun de l'autre est creusée de telle sorte qu'elle forme, au pied de la colonne, un petit canal dans lequel Teau pourrait séjourner.
Dans quelques colonnes I I
de la (in du XIII* siècle, les bases se composent, comme dans le spécimen que voici, d'un premier tore très-épanoui, sur lequel repose immédiatement un second tore ou un listel couvert de petites moulures ; ce genre de base se voit aussi dans le XIV« siècle.
Outre ces différentes bases on en trouve de bien plus riches, comme celles des colonnes ornant les péristyles des portails latéraux de Chartres. Ce sont des piédestaux octogones, sculptés sur chaque face.
Fenêtres.
I -ES fenêtres sont étroites el allon^^ees Udans l'architecluro ogivale primitive:
comme elles ressemblent en quelque sorte ù nn fer de lanre, les antiquaires anglais leur ont donné le nom de lanreltcs. Les proportions dos lancettes varient : on en voit de très-co«irlcs et do Irés-loofoes d^ins les monuments de la même époque.
Il } a des fenêtres qui ne présentent point d'orr>emenL« ; d'autres qui sont couronnés d'un simple cordon garni de denti de tcie ou d*un léger zigiag ; la plupart offrent des \oussurc$ cannelées, soateanes par des colonnes appliquées sur les parois des ouvertures.
DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE D*ARCHÉOLOGIE
Dans les édiGces peu élevés, tels que nos églises de campagne, les lancettes sont presque toujours isolées ou séparées les unes des autres ; au contraire, dans les monuments plus considérables, on les rencontre très-fréquemment réunies deux à deux et encadrées dans une arcade principale ; c'est ce que j'appelle des lancettes géminées.
Entre les sommités des lancettes géminées et celle de l'arcade principale qui les renferme, il reste un espace dans lequel on a presque toujours pratiqué une ouverture en forme de trèdc, de quatrc-feuilles ou de rosace. Cette addition complète, en quelque sorte, les fenêtres du XWÏ' siècle, qui présentent alors les formes les plus élégantes et les plus heureuses proportions.
La travée d'une église du XIII* siècle, que j'ai figurée page 417, montre une belle lancette géminée, sur montée d'une rose dont la séparation, à l'inlérieur de l'édifice, se compose d'une colonnette isolée très-élégante.
Vers le temps de saint Louis, les fenêtres s'élargissent et sont divisées, dans les grands édifices, par trois meneaux qui se terminent à la hauteur de la naissance de l'arcade ; le sommet de l'ogive, à partir des impostes, peut alors être rempli par plusieurs rosaces à quatrcfeuilles. Les fenêtres de la Sainte-Chapelle de Paris sont ainsi composées.
Les fenêtres ont été disposées, dans 1rs églises du XIII* siècle, à peu près comme dans celles du XII*.
Quelques fenêtres du XIII» siècle offrent une particularité asscx singulière : c'est d'être triangulaires au sommet, au lieu d'offrir la forme
STYLE OGIVAL ITlIMITIF ( FENÊTRES ).
de l'ogive ; l'esquisse suivanlc fera comprendre celle disposition fort peu gracieuse, el qui ne pcul mieux se comparer qu'à celle d'un accent circonflexe.
FEMÉTRE PU Xin^ SIÈCLE, X SOMMET TRIANGULAIRE.
Évidemment, on n'a employé cette forme que pour éviter de donner à la pointe de l'arcade ogivale l'élévation qu'elle eût eue si la forme eût élé normale : on se servait ainsi du triangle quand on était gêné par la voûle ou par quelqu'autre obstacle.
Dans les façades on plaçait assez fréquemment trois lancettes, dont une (celle du milieu) était plus élevée que les deux autres. Cette disposition s'observe dans les églises de Chartres, de St-Denis, de Gournay et dans celle de Mortain. Elle existe aussi aux chevets des églises qui n'ont pas d'absides et qui se terminent par un mur droit.
DE CACMOÎTT. AfifecÉDAÎIlE D'AHCeéOLOGIE.
STYLE OGIVAL PRIMITIF (fENÊTBEs). 429
Vers le milieu du XIII* siècle, les lancetles sont plus rapprochées,
fort allongées, mais inégales ou hauteur dans les chevets.
DE CAUMONT. ABtCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGIE.
Hosee.
J'ai parlé de l'effel produit par les grandes roses et de la place qu'elles occupent dans les basiliques. Au XIII* si(«le, elles offrent assez souvent des compartiments en forme d'ogives trilobées, ou bien une suite de figures régulières, telles que rosaces, quatre-fcuilles encadrés, trèfles, etc. En général, elles ne présentent pas encore dans leurs découpures la complication que l'on remarque aux XI V« et XV* siècles, et souvent elles affectent encore la forme d'une roue, comme au XII«, Dans les églises rurales, les roses, d'un diamètre peu considérable, offrent souvent une disposition analogue à ceile qui suit :
Kn» ne iiii'' (iccir.
rlle^ se voient p;irliculièremrnl du clirvd, rt souvent elle* y snrmonlont deu\ lancette*, reprotlui^ant ainsi avec elles le nombre trob, »i babitui'l dans nos édilîces religieux du Mil* siècle.