‹ Abécédaire ou rudiment d'archéologieChapitre 63 sur 113 · STYLE OGIVAL PRIMITIF ( ICONOGRAPBIE · texte numérisé non relu

STYLE OGIVAL PRIMITIF ( ICONOGRAPBIE

Nous nous bornerons à présenler quelques ligures qui prépareront ù une élude plus approfondie du sujet, en même temps qu'elles offriront de nouveaux excmplrs des sculptures du X1II« siècle.

V Arbre de Jessé est une représentation par laquelle les sculpteurs et les imagiers du moyen-âge rendaient sensible Taccomplissement delà prophétie, qui avait préditque Jésus-Christ naîtrait de la race de David, huilicrae fils de Jessé : El egredietur virga de radice Jesse, et flos de radice ejus ascendet. Les nombreuses représentations qui existent de ce sujet symbolique, présentent un arbre généalogique offrant les différents personnages de la race de David, depuis Jessé jusqu'à la Sainte-Vierge : la figure de celle-ci occupe le faite de l'arbre, et les autres figures sont habituellement portées chacune par une branche, dont la hauteur détermine l'ordre chronologique. Ce sujet se trouve sculpté dans un grand nombre de cathédrales, et peint sur beaucoup de vitraui, depuis le XIII'' siècle jusqu'au XVI"'.

Jessé est figuré endormi, tantôt couche, tantôt assis ; la tige de '

l'arbre généalogique sort de sa poitrine, quelquefois de sa tête. La figure ci-jointe montre Jessé assis, dormant, la tète appuyée sur la main droite.

Elle est tirée de la cathédrale d'Amiens.

à part en un volume in-S" de 30O j-a^ies. Taii.-'. l'frache. rue Montmartre, 48.

DE CAUyONT. ABÉCÉDAIMIi d'aRCHÉOLOGIF.

Les sept dons du Saint-Esprit, — Quelquefois, au lieu de figurer le Saint-Esprit, sous la forme d'une seule colombe, on en voit plusieurs, ordinairement sept, autour du Seigneur ; on voulait par là indiquer les sept dons du Saint- Esprit : à Amiens, les colombes figurant les dons sont disposées avec grâce sur les feuilles d'une guirlande de pampres encadrant la figure du Christ, qui lui-même représente le Saint-Esprit, et plus bas, des deux côtés de son siège.

Le Saint-Esprit fut quelquefois roprésenlé sous forme humaim* durant la période ogivale.

Anges et archanges. — Des trois archanges, Michel, Gabriel cl Raphaël, c'est saint Michel qu'on trouve le plus ordinairement figuré, soit qu'il terrasse le démon, comme nous l'avons déjà \\x sur un tympan du XII' siècle fp. i6!i\ soit qu'il procède au péscment des âmes. C'est surtout dans l'exercice de celle dernière fnnclion qu'oo le voit sur les tableaux du Jugement dernier qui recouvraient si souvent, au XIII» siècle, les tympans de nos grandes portes d'églises.

Dans le combat, il porte un bouclier du bras gauche et de la main droite une lance ou un glaive.

Hors du combat, il est revêtu d'une longue robe à plis ondovanls (voir la figure présentée p. hlO) ; il porte une balance, comme minit>trc de la justice, quelquefois un globe.

Gabriel se voit dans les bas-reliefs de l'Annonciation ; on lui met ordinairement un lis en main.

Les Anges représentés dans leurs difTérenles fonctions ont toujours les pieds nus et sont nimbés.

UEglise et la Synagogue, ou la loi nouvelle opposée a rancienne. Dans le XIII' siiVIe cl les siècles suivants, on a représenté la Synagogue sous la ligure d'unt* femme, image de la rt ligion antérieure à l'avènement du Christ, et on l'a mise rn regard d'une autre slatue couronnée, représentant la Holigion rhréliennc triomphante, qui rr^it diius un calice le sang de Jésus-Cbrist crucifié.

STVLK Or.lYAI. r'IîIMITIF f ICONOGnAPniP.).

La Synafçogue esl figurée les jtnx cou\crts d'un baudcuu, et penchant sa lèle d'où la couronne se détache et tombe, pour montrer que la religion dMsraël a fléchi devant la religion chrétienne. Elle n*a point de manteau et tient en main une bannière ou guidon brisé en deux ou trois endroits de la hampe (V. mon Cours^ t. VI*, p. ^84}, Enfin, elle laisse tomber de ses mains les Tables de la Loi, qui ont cédé la place aux lois du christianisme; son nom esl souvent inscrit sur le livre:

SYNAGOGA.

L'ÉSLISF et la STNiGOGEE &CR Cr< TITAKIL DC \in' SIÈCLE.

Le soleil et la lune, qu'on aperçoit dans la scène du crucifiement, ont élé regardés comme les images des dcu\ Testaments; saint Augustin dit que la lune peut être considérée comme l'image de la Synagogue: de môme que la lune emprunte sa lumière du soleil, et qu'elle resterait dans l'obscurité si un autre corps venait intercepter ses rayons ; de même la Loi ancienne serait inexplicable sans le secours de la Loi nouvelle. La Synagogue esl toujours placée du côté de la lune.

DE CAUMONT. ABBCKOAIRE D'àHCHLOLOGIE.

Nous voyons TÉglise et la Synagogue sculptées en grande proportion dans le portail de l'église Notre-Dame, à Trêves. Ces statues sont n- Diarquables, quoiqu'elles aient subi des dégradations et des mutilations.

tt «THAGOfitE.

l'ÎoLISE et L( SVXiCObOC I>i!l6 LC bt4>ID rOHTUL DE ^OTBK-OiMI DE TKÎTU.

L'Ancien et le Nouveau-Testament sont représentes par des li*res; le livre symbolique de la Loi ancienne est arrondi par le haut comme les Tables de la Loi (Voir la figure précédente ; il est toujours carié qiMD«l il représente la Loi nouvelle.

Les quatre fleuves da Paradis^ que les iconographes regardent cn«»e

figurant les quatre l'ivangélisles ont été rrpré5rntés au XIII* ?ièck* par des urnes d'où jaillisMMit des eaux abondantes; quelqudîiM les uruct sont tenues par des personnogc^.

STYLE OSIVAL fRlMlTI? (ICONCGRaPHIE). -177

Aux quatre Évangélisles les sculpteurs réunirent parfois les quatre grands Prophètes: Daniel, Jérémie, Isaïe et Ezéchiel.

Ils ont aussi placé les douze Patriarche?, les douze petits Prophètes et les Sybilles.

Les douze Patriarches sont les douze enfants de Jacob, père des douze tribus d'Israël :

Benjamin. Juda.

Aser. Zabulon.

Gad. Issachar.

Nephtali. Siméon.

Dan. Joseph.

Ruben. Levi.

Quand leurs noms ne sont pas écrits près de leur figure, ils sont reconnaissables à certains attributs rappelant la célèbre prophétie de leur père mourant (1).

On donne aussi le nom de patriarches aux justes de l'ancienne Loi , (Noé, Abraham, Jacob, etc.).

Les douze petits Prophètes n'ont souvent aucun intérêt particulier et seraient difficiles à reconnaître, si leurs noms n'étaient inscrits dans les cadres qui les renferment.

Les Sy billes apparaissent, dans le XIII* siècle, sur quelques-uns de nos monuments religieux.

Ces antiques prophétesses étaient regardées comme ayant prédit la venue du Christ, d'où elles ont figuré dans la décoration des églises ; sculptées, mais plus souvent encore peintes sur verre, elles y sont ordinairement vêtues des plus riches costumes. Les Sybilles les plus connues étaient ainsi désignées: la Sybille de Cuines, la Tyburiine, la Persique y la Lybienne^ la Samienne ^ la Delphiquey la Phry' fjienne, VHellespontine, VErythvéenne, etc.

On en ajoute plusieurs autres: quelques-uns en ont fixé le nombre à douze, peut-être pour les faire correspondre au nombre des Apôtres et des petits Prophètes.

Leur nom est ordinairement gravé près de leur image. Plus tard, vers le XV* siècle, on les représenta portant des phylactères sur lesquels étaient écrits leurs oracles.

Apôtres. —On connaît les attributs des Apôtres. Plusieurs sont tirés du genre de mort qu'ils endurèrent.

(1) V. Iconographie chrétienne de M l'nbbé Crosnier, p. 190.

DE CAUMONT. ABÉCtOAinE D*ABCatOLOGlE.

Saint Pierre portelesclerselparfoislacroix, instrument de son supplice ;

Saint Paul, l'épée avec laquelle il fut décapité ;

Saint Jean tient à la main un calice duquel s'échappe un dragon (1'.

Saint André porte la Croix;

Saint J acques-le- Majeur , le glaive, comme saint Paul, ou un bâton de pèlerin ;

Saint Philippe^ une croix ;

Saint Barthélémy, un large coutelas ou une croix, à cause de rincertitude du genre de sa mort: comme il fut écorclié, on l'a aussi figuré portant sa peau sur un bâlon.

Saint Mathieu porte une pique ou une équerre ;

Saint Jude, un bâton ou une massue, quelquefois la palme du martyre seulement;

Saint Jacques-lc-Mincur^ un bùton ; il fut assommé après avoir été précipité du haut du temple.

Saint Thomas tient une grosse pierre à la main : les architectes du moyen-Age Phonoraient comme leur patron et lui donnaient quelquefois une lance pour attribut.

Saint Mathias lient une hache ou un glaive.

Depuis le XIII* siècle, on a représenté les Apôtres avec les attributs que je viens d'indiquer: l'esquisse suivante d'une vignette dont nous ne connaissons pas lu date, nous montre les douze Apùtres avec leurs attributs.

S. rierrc. S. Andr<(. S. Jacqncs-1e-Ma|car. S. Jean. S. Thnmas, Sv. Jâcquc«>lc-MlaeVik

(I) l'n prftro d'idiilrs ayant dit à cet ApAtrc qu'il croirait è ton Dira k'il

STYLE OGIVAL l'HIMITIF ( ICONOGHAPHIE ).

On les a représentés de même jusqu'au XVI* sit'^cle et m<^me jusqu'à nos jours.

S. Philippe. S. Barthélémy. S. Matthieu. S. Simon. S. Jude. S. Mathias.

Les vertus et les vices ont fourni, comme au siècle précédent, de nombreux sujets aux sculpteurs du XIII*^ siècle ; mais au lieu de repré* senter les vices sous des formes liideuscs, de les montrer vaincus par la vertu armée d'une lance, on a mis plus de recherche dans la distinction des spécialités.

Chaque vertu a été figurée par un des actes ou attributs les plus frappants, et dans un autre tableau, mis en regard, chaque vice a été peint par l'action honteuse qui le caractérise.

On a commencé aussi ù placer ces sujets ou bas-reliefs dans de petits cadres.

Je citerai, pour exemple, quelques-unes des représentations de ce genre décrites dans le Bulletin monumental par MM. Jourdain et Duva), membres de l'Institut des provinces.

Ajoutons que les vertus prirent les insignes de la chevalerie, et qu'elles portent habituellement un écusson chargé de symboles indiquant leurs mérites spéciaux.

avalait un calice rempli île poison, saint Jean accepta ; mais Dieu permit que la mort sortit de la liqueur avant d'être bue, sous la forme d'an reptile.

DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE o'ARCUtOLOGIR.

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