‹ Abécédaire ou rudiment d'archéologieChapitre 64 sur 113 · VICES · texte numérisé non relu

VICES

La Foi, représentée par une vlerRe assise,

la tCle couverte d'un voile, portant sur

•on écusson un calice.

L'Idolatbie. Un homme priant devant on singe.

L'F.iPiRiN.i. U ;..!..- . , .i\ant sur son écusson une croix de Hésurrection.

Le Dt»i»rujr. l u Lorome qnl a« saldd* en «e perçant le cœar de «on friaire.

La r.a»a«T». l"ne foiiunc. ayanl pour rinh.ôme |/A« »»i«. Toc ff mm»*, aukl*» r»^« *'«■ ••*

«na brebU. •* (1<<poM«Ur *\r non vêtement fort, compte rt conaldbre le» pl^c^^ <•

ponr If ilonncr à un pauvre. monnaie qu'elle rn • aortle».

STYLE OGIVAL PIUMUTJF ( ICONOGnAPIIIP. ). 4RI

VERTUS. VICES

Jdstige a sur son écusson un phdnis, symbole , .j „„cf çgt figurée par un liomn- ! l'imraonalitô, et tient en main une palme. ^ corrompre son juge.

me cherchant

PaoorNCF. a pour emblCme un serpent, La Foue marche &ur des pierres roulante*, pu ù 'après ces paroles du Seigneur : Soyez ^-^^^^ ^^^^ ^ç, mains et en reçoit sur sa tête,

prudents comme des serpents.

m . . , v>„„. o«« //.11- La rBÉsoMPTios tombe avec le coursier qu'elle

i TEMvmiNCE porte une colombe sur son ocu , i«« • » ii,ontair

cet oiseau étant le symbole do lu Pureté,

fille de la Tempérance.

482 DE CACMONT. AnfxfiDWRr. d'archéologif.

VERTUS. VICES

La FoBCK en costume de guerrier, nre épée nue U Pttt laisse tomber son glaire et fait on e à lu main, a le lion pour attribut. nemi imaicinaire sortant d'an bnfnor.

La PiTiEitCF porte sur son écusson un bœuf. La CoLtat ^•^t • " une femn

animal docile rt supportant patiemment contre un n ne des c»:

Ictrnvall. file i.i.iiiiiv .■ i >>*.>ssii)rr.

Ij* FiuTi, rtprt-a«oté« pAr bb Micn<ar La D*rcrr« pnrto lur «on <<cunon l'Imaff* da repoosMat da pied ton «Maal.

l'agnean, doat la doncrur est proTorbialr.

STYLE CCIVAL iniUITl? (iCONOGnAPHIR). 483

VERTUS. VICES

-a CoscoRDE jiorte une branche d'olivier sur son écu.

La DisroBDE est indiquée p&i une lutte entre un homme et uns tomme.

)BÉiss;kN(.F. porte sur son c'i-usson un chameau, animal des plus dociles.

L'Indocilité est figurée par un personnage parlant avec arrogance à un évoque.

EKSETÉRANCE a mérite' la couronne par ses efforts constants, elle la porte sur [ L'Ip|r.o^sTA^c^: est lijjure'e par un moine, aban-

la tête et sur son écu. donnantjlo couvent qu'il avait considère

comme un lirureux refnpc.

DE CAHMONT. AUKC^DAIRE d'aRCAKOLOGIE.

Le bon et le mauvais arbre de l'Érangile, opposés l'un à Taulre, se voient à Amiens : Tun est vigoureux, couvert de fruits : les oiseaux du ciel viennent s'y abriter ; l'aulre ( le maucais arbre ) a ses branches

Lirr u*

desséchées et stériles : la hache a d^i attaqué son Ironc ; il sera coupé et jelé au feu.

Deux lampes sont suspendues au bon arbre^ comme pour accueillir l'huile qui va couler de ses fruits.

On pourrait faire, dans le grand porlail de la calhcdralc d Amiens, un cours complet d'iconographie: je dois à M. l'abbé Duval l'cxpiication et l'esquisse de quelques-uns des autres bas-rcIiefs qu'on > voit; je vais les reproduire pour familiariser avec celle élude, en faisant observer que, pour bien se rendre compte du rapport des sujels entre eux, il faudrait une vue générale de la façade.

Une description complète des figures on bas-rdicfel dw statues de la cathédrale d'Amiens a été faite par If. lahbé Duval et son collaboralour . M. Jourdain.

Les deux médaillons suivants, sculplé» on dcmi-rclicf au-dessous de la statue colossale du prophète Isaie, rcpa^scnlcnl deut scènes lirtWrs

STVi.t: CGIVAL inniniF (iconograi'uie). 485

de ses Proplicdcs. Dans la prtniièrc, Isaïe a la vision du 'iiès-IIaul

sur son tn5nc, entouré de st^raphins (cli. vi, ;\^ 1 et 2) ; dans la seconde, un des séraphins purifie les lèvres d'Isaïe avec un charbon ardent (ch. vr, >\ 6 et 7).

Les sujets des deux autres médaillons sont tirés des Prophéties de Jérémie. Dans le premier, le prophète enfouit près du fleuve de l'Euphrate, selon Tordre du Seigneur, s:i ceinture de lin (Jérémie, ch.

X!ii, ;C. 1 et suiv. jusqu'à 8) ; dans le second, le prophète Auanias ôte la chaîne du cou de Jérémie (ch. xxviii, y. 9 et suiv.).

486 DE CAL'4:0NT. ADtCkDAIRE D'AnCotOLOGlE.

Voici deux sujels de la vie d'Éxccbiul. Dans le premier, Ézéchiel a la vision d'une roue dans une roue (Ézéchiel, cb. i", >''. IG) ; dans le

second, le propbèle, devant Jérusalem, lui annooce des malheurs divers chapitres, nolammenl le second).

Les sujels suivants se rapportent au prophète Daniel. Dans le prc>

mior, on \oit Daniel devant Dallliazar; dan? I« second, Dan t-1 dans la fosse au\ lions (cb. v et vi).

STYr.K OGIVAL MUMITIF ( iCONOCnAI'UIK ),

Les quatre médaillons qui suivent se rapportent au prophète Soplionie. Dans le premier, le Seigneur visite Jérusalem In lumière à lu main (cli. i*r, ;^. 12) ; dans le second, le Seigneur étend sa main sur Juda et

sur les habitants de Jérusalem (/tirf., i^. 4 et 8) ; dans le troisième, le hérisson demeure dans les maisons et le corbeau sur le linlcau (ch. ii, ;^. i6) ; dans le quatrième, les troupeaux et toutes les bêtes des nations couchent au milieu d'Assur {lOul,).

488 DE CALUONT. AbF.CÉDAlBR D'ARCHt.OLOGIE.

Je place ici quatre médaillons qui se rapportent au prophète Aggéc. Dans le premier, on voit le temple ruiné (ch. ii, ;h\ A) ; dans le second, le temple rebâti (cli. ii, ]^, 8 et suiv.) ; dans le Iroisicme,

le Scipncur apparaît ou prophète (ch. i cl ii), et lui montre k temple ruiné ; dans le quolrièmc, la terre et tout ce qu'elle produit sont desséchés (ch. i", y. 11).

gTVLF, OGIVAL pniMITIP ( ICONCORAPHIP. ).

Les deux médaillons que voici sont lires de la vie du prophète Zacharic : 1° un ango lui apparaît et lui moulre le ciel (cb. v, -}^. 5i ; 2* une

fernme dan» un vase, représentant l'Impiété, est élevée entre le ciel et la terre par deux femmes ailées {Ibid., ^. 6, 7, 8 et 9). Sur le trumeau qui porte la statue de la Mère de Dieu, au portail de

ce nom, on voit : 1° la création d'Adam ; 2° la création d'Eve. C'est la première Eve en face de la seconde, la chute avant la réparation.

DE CAUMONT. AIltCKOAIRE d'aRCUÉOLOGIE,

Les quatre figures suivantes rcpn'*senlenl la virginité de la Sainte- Vierge dans le mystère de l'Incarnation, elles sont sculptées au-dessous des statues colossales de Marie et de l'ange représentant ce mvstère et montrent : i° la pierre vue par Daniel qui se détache de la montagne,

tans In main d'aucun homme ; 3* la toison de Gédi^oo ; 3* le buisson

ardent ; 4' In verpe d'Aaron.

STYLE CGIVAI. MUMITIF ( ICO.NOCnAPDIE ). 491

Voici quatre médaillons sculptés au-dessous d(s statues colossales de Marie visitant sainte Élisubilli ; ils représentent ; 1° l'Ange appa-

raissant ù Zacliarie pour annoncer la naissance de saint Jean ; 2" Zacharie devenu muet ; 3° la naissance de saint Jean ; 4° Zacliarie écrivant que l'enfant sera appelé Jean.

DE CAUMOXT. ALtCtDAIRE D'aRCHÉdLOGIE.

On voii, dans les quatre médaillons accompagnant les statues colossales de Marie et du vieillard Siméon, figurant la Présentation au temple : 1" la fuite en Égjplc ; 2° les idoles de l'Egypte, tombant

de leur trône au moment de l'entrée de Jésus-Christ ; 3 Jèsus-CJiriil enseignant dans le templi" ; 4** le retour à Naxarctli.

Pour montrer le rapport qui existe entre les médaillons et Ic5 grande* images ou les statues dons certains portails, je tab prbeater, toujours

STYLE OGIVAI. PRIMITIF ( ÎCO?COGnAI'UIE). 403

d'après MM. Jourdain et Duval, les slalues de Salomon el de la Reine de Saba qu'on voit à Amiens, sur un des latéraux d'un des porches de la grande façade appelée Porche de la Mère de Dieu,

Les quatre médaillons qui remplissent le soubassement , immédiatement au-dessous des statues, ont un rapport certain et évident avec ces grandes images.

Le 1" médaillon (V. p. Ii9'i) représente le monarque devant un temple, à genoux sur une courte colonne, les mains jointes et un peu élevées vers le ciel. Le livre des /ioia, après avoir raconté la construction et la dédicace du temple de Jérusalem, dit que le roi de Juda s'adressa au peuple dans Vatrium du temple, et que, se tournant ensuite vers le temple lui-même, il adressa ù Dieu une admirable prière, agenouillé sur un socle que les Paralipomènes nomment basis.

Le 2« médaillon au-dessus du précédent est historié du roi Salomon le diadème au front, le sceptre ù ia main, siégeant sur un trône principalement remarquable par l'ornementalidn de ses six degrés, par les deux bras qui, s'allongeant de chaque côté, empoignent des deux mains les accoudoirs du siège, et par les deux lions qui se tiennent à droite et à gauche auprès des mains. Les versets 13* et J9* du x* chap. du III* livre des Rois donnent l'explication de ces faits. Il y est dit que le roi Salomon fiL^ de plus , un grand trône d'ivoire qu'il revclit d'un or très-pur. Ce trône avait six degrés... et deux mains tenaient te siège des deux côtés ^ et deux lions étaient auprès des deux mains.

La statue de la Reine de Saba est aussi clairement désignée par les sujets d'historiation des deux médaillons qui lui correspondent.

Sur l'un d'eux est représenté un festin royal dans lequel le monarque, assis à une table splendidcnnent servie, se montre entouré d'officiers de sa maison, d'échansons et de serviteurs. Sur l'autre, le roi, toujours couronné, indique à une reine, parée comme lui du diadème et du manteau, la scène du premier carloHche, en même temps que, de l'autre main, il lui désigne les deux tableaux représentant le trône de Salomon et sa prière au temple. On comprendra facilement le sens de ces deux sujels, sur la seule exposition du texte sacré: Or, la Reine de Saba, voyant toute la sagesse de Salomon, ta maison qu'il avait bdtie, la manière dont la table était servie, les appartements de ses officiers^ tes diverses classes de ceux qui le servaient, la magnificence de leurs habits, ses échansons et les Iwlocaustes qu'il offrait dans la maison du Seigneur, fut ravie en admiration, et elle dit au Roi: Ce qu'on m''avait rapporté, dans mon royaume, de vos entretiens et de votre sagesse était véritable.

STYLE OGIVAL PlUMITlF ( ICONOCJHAI-niF).

Zodiaques. — ^a religion commande et sanctifie le travail ; on voit souvent dans les portails des signes du Zodiaque, la représentation des travaux agricoles, des douze mois de l'année, etc. ; ainsi on peut trouver, comme .'i Sens :

Janvier, indiqué par un vieillard en repos et paraissant méditer. Février y indiqué par un vii'iilard qui se chauffe. Mars, par un vigneron qui taille la vigne.

Avril j par un homme qui sème.

Maiy par un homme ù cheval, époque de la guerre et des

voyages.

Juin, par un faucheur, époque de la recolle des foins.

Juillet, par un moissonneur.

Août, par un homme battant le blé.

Septembre, par les vendanges.

Octobre , par l'entonnage des vins. Novembre, par un bûcheron faisant la provision de bois nécessaire

pour l'hiver.

Décembre, par un homme tuant un porc.

Les zodiaques ont aussi été représentés en peinture, à l'intérieur des églises : j'en ai signalé un du XUi* siècle sur l'arc triomphal de l'église de Prilz, près Laval, dont les figures sont peintes avec beaucoup de naïveté. Voici celles qui représentent les mois de mai, d'août et d'octobre : le mois d'août est figuré par un homme qui bat le blé nouvellement récolté ;

le mois de mai, saison des \oyagcs, pi\r un jeune homme à cheval:

DE CACMONT. ADÉCÉDAIRE D*ARC«KOLOGIE.

oCto;bC

in oelobre, unbommcsi'mcleblécl lc<pommi«r5 sont cbarjès de fruit».

STYLE OGIVAL PRIMITIF (iCONOGRAPQIE).

UApocalypse a fourni son contingent de sujets aux sculpteurs du XIII* siècle : les figures tirées de ce poème ont, dans la composition des grandes pages historiées de nos artistes, une place déterminée par l'attention des fidèles.

Voici deux figures tirées de la cathédrale d'Amiens ; ce sont deux

des chevaux mentionnés dans le chapitre vi de V Apocalypse: l'un, le cheval noir, dont le caralier portait une balance; l'autre, le cheval pâle portant la Mort, qui devait répandre le meurtre sur la terre.

Toutes les sciences viennent de Dieu et doivent concourir à sa gloire. Les iconographes les ont figurées par des personnages symboliques ayant leurs attributs particuliers:

La Théologie^ en costume de clerc ;

La Musique^ avec une lyre ou un autre instrument ;

La Pédagogie, avec ses disciples sur des bancs ;

La Philosophie, la tèio couverte d'une toque ;

DE CACUONT. ABHICKOAIRE D ARCntOLOGIE.

VÀrchiteehiret avec la règle qui lui serl de mesure ;

La Géométrie, avec un compas ;

La Peinture, avec sa palette et ses pinceaux ;

U Astronomie, avec la sphère céleste.

Les fjbles et les apologues ont exercé le ciseau des imagiers.

La fable du Ilcnurd et du Corbeau, celle du Loup et de la Cigogne, se voient à Amiens.

Les fabliaux ont aussi été iconographies au XIII* siècle, et ces représentations ont un but moral qui ne saurait être méconnu : elles sont là pour montrer à quelles folies Tamour peut entraîner les esprits les plus sérieux, et recommander la sagesse à ceux qui pourraient l'oublier. A celte époque, où l'on nourrissait son esprit de la lecture des romans de chevalerie, le sculpteur devait aller prendre là, pour les rendre plus populaires, les allégories morales dont il décorait les édiûces. Je ne citerai qu'un exemple de ces sujets: il est tiré du Lai d'Aristote,

Ce philosophe, éperdiiment épris d'une courtisane, se soumit , pour lui plaire, au plus humiliant de ses caprices: elle exigea qu*il se

laissât seller comme une bête de somme, qu'il marchât à qujlrc pattes,

en la poilant s\ir son du> jusqu'au |Kilais d'Alexandre: le Ktilpteur ■ reproduit sur plusieurs cathédrales le >age Aristole ainsi égaré par l'amour,

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