STYLE OGIVAL SECONDAIRE ( FONTS BAPTISMAUX
leurs faces de dessins ou comparlimenls qui figurent une fenêtre rayonnante ; dans quelques-unes des cuves de ce type, des colonnettes encadrent chacune de ces fenêtres et séparent les panneaux les un*^ des autres.
Les fonts qui m'ont paru les plus répandus et les pius caractéristiques du XIV' siècle sont les raonopédiculés, avec calice octogone reposant sur un pédicule de même forme , et ayant aussi une base à huit pans.
Les panneaux sont habituellement, comme dans les types précédents, ornés d'arcatures ou de fenêtres simulées.
Le font qui suit appartient à cette catégorie , aussi bien que celui que j'ai dessiné à Langres et figuré dans mon Cours d'antiquités (tome VI) : toutefois, celte forme s'était produite dans la seconde moitié du XÏIl' siècle, et on ne saurait spécialement l'attribuer au XIV«.
L'un des plus beaux fonts du XIV* siècle que j'aie rencontrés est celui de Mayence; il est en plomb et présente l'image d'une coupe multilobée.
624 DE CAUMONT. ABÉCÉDAIRE d'aRCHÉOLOGIK
d'un diamètre considérable, qui repose sur un court pédicule octogone. Les lobes de la coupe sont extérieurement ornés de moulures dans le style du XI V« siècle, et des images du Sauveur, de la Sainte-Vierge, de saint Martin et des douze Apôtres. Il a été fondu en 1328.
Tombeaux.
PENDANT le XIV* siècle, les tombeaux ne se distinguent de ceux du XIII' que par la manière dont les ornements sont traités. Les caractères que j'ai indiqués, pour Parchitecture du XIV* siècle, devront facilement faire reconnaître les tombes à arcades placées le long des murailles ; les colonneltes qui supportent les voûtes, les frontons à feuilles rampantes qui souvent couronnent l'arc ogival, les pinacles qui parfois les accompagnent, enfin les moulures qui garnissent le devant du tombeau fournissent des moyens faciles de classification chronologique, pour les monuments de quelque importance.
Les trois statues suivantes, dessinées à Campigny (Calvados), appartiennent à deux tombeaux du XIV* siècle : le premier offre deux statues couchées, le mari et la femme : le mari est revêtu de la cotte de mailles et de la cotte d'armes. On voit attaché au côté gauche son bouclier, son épée, ses gants ; sous ses pieds, un lion. La femme porte un habillement à manches serrées, garnies de boutons jusqu'au coude, recouvert d'un surcol largement drapé, et un voile sur la tête. Ses pieds reposent sur un chien, emblème de la fidélité.
Le second tombeau est celui d'une femme dont le costume est le môme. Un portique subtrilobé, dans le style du XIV* siècle, surmonte la tête de la statue qui repose sur un coussin porté par deux anges.
Trois tombeaux remarquables du XIV* siècle existent dans la grande église de Fécamp.
Sur un de ces tombeaux, autour de la statue assez bien drapée et la tête surmontée d'un dais, étaient six figurines, dont deux seulement subsistent; les autres, mutilées, n'offrent plus qu'une partie du corps; autant qu'on peut en juger aujourd'hui, les poses de ces statuettes étaient très-bonnes, et l'on doit regretter qu'elles aient été si complètement endommagées.
Sur la partie antérieure du tombeau sont des arcades à présent au nombre de neuf et demie, car la dernière, vers la tête du défunt, a été presque supprimée : elles devaient être primitivement au nombre de
STYLK OGIVAL SKCONDAIKK (tO.MBEAL'X).
STYLR OGIVAL SECONDA IRE ( TOMM AUX). G27
dix. Dans chacune de ces arcades, tiénées à l'intérieur, sont sculptées en bas-relief diverses scènes de la vie de Jésus-Christ, savoir : la Nativité, la Passion, la Résurrection, TAscension, etc., etc.
L'autre tombeau n'avait, en-dessus, que quatre figurines., La mitre et le collet de la statue sont ornés de pierreries. La partie antérieure du tombeau est garnie de six niches en bas-relief, plus soignées que les précédentes. Les personnages étaient plus grands. Chaque compartiment est couronné de trois petits frontons triangulaires, disposés de manière à abriter les personnages. La même chose existe ù l'opposé. Ce tombeau devait être isolé, et je pense qu'il n'est plus dans sa position primitive.
Le troisième tombeau est fort endommagé. Il y a sept arcades en avant du tombeau. Entre les frontons se voient des anges ailés, debout.
On distingue différents groupes de personnages dans les arcaîures.
Les statues tombales en bronze ont été usitées au XIV<= siècle comme au XIII^ Je donne, ù la page 628, la statue de Jean de Dormans, évêque de Beauvais, qui avait été inhumé à Paris, dans l'église des Chartreux. Cette statue, en cuivre jaune, était posée sur une table de marbre noir sur laquelle on lisait l'inscription suivante, que je reproduis d'après la copie de Gaignières :
AN\0 MILLENO TER C. TER I SEPTL'AGENO (1373)
SOLVITUR ET MEMBRIS SEPTEXA LUGE NOVEMSRIS
J. DE DORMANO PRIMO PRO SEROSIANO
PRESULE SL'SCEPTL'S, PATER HINC RELVACIJS ADRPTUS
SUR FRANCO HEGE CANCELLAVIT DL'CE LEGR
.... FOVEKDO SUR ACTIS
INTL'S CONFRATREM PUERORUM QUEM SCITO PATREM
COLLEGII CLAUSTRI RRUNELLI SIT SCIUS ASTRI.
Des deux côtés sont des anges en cuivre jaune comme la statue ; ils soutiennent chacun un phylactère sur lequel on lisait ce qui suit ; sur l'un, h pace fiât locus ; sur l'autre, El habitalio ejits in Syon.
Au milieu du chœur de l'église du collège de St-Pierre de Beauvais. à Paris, on voyait, entre le pupitre et les degrés du sanctuaire, deux statues en cuivre jaune, reposant comme la précédente sur une table en marbre noir, lesquelles appartenaient à d'autres membres de la famille de Dormans {1375-1387).
Les statnes étaient souvent placées dans les arcatures pratiquées dans les murs latéraux et que l'on a appelées tombeaux arqués : nous