‹ Abécédaire ou rudiment d'archéologieChapitre 80 sur 113 · ST · texte numérisé non relu

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STYLE OGlVAf. SECÛNDAIRt: (tOMUEaUX). 629

présentons une de ces arcatures, datant du XIV« siècle, qui existe duns

l'église abbatiale de Sl-Pierre-sur-Dive, côté nord du transept.

633 DI£ CAUMONT. ABî'xîlDAUt E D'ARCHtOLOGIE.

Pierres tombales. — Les pierres tombales ont été, au XIV* siècle, magnifiques d'exécution : tous les détails du costume y sont rendus avec une grande exactitude ; les compositions architecturales destinées à former Tentourage des personnages représentent des chapelles ou des travées d'une église. Elles ont leurs types correspondants dans les décorations de même genre dont on encadrait, au X1V% sur les vitraux, les personnages que l'église offrait à la vénération des fidèles. Dans le Nord, les Pays-Bas et quelques localités, ce sont des dalles de marbre gris ou noir qui ont été employées : dans l'IIe-dc-Fracce, la Normandie et une très-grande partie de la France, ce sont surtout des tables de pierre calcaire blanche ou jaune appartenant aux formations secondaires et tertiaires ; enfin, dans les régions granitiques et schisteuses, on s'est servi des tables fournies par ces roches, mais elles étaient bien moins faciles à tailler.

Je présente, pour exemple des plus belles pierres tombales historiées du XIV* siècle, la pierre tombale dessinée à Sl-Ouen-en-Belin, déparlement «de la Sarlhe , par M. Hucher, membre de l'Institut des provinces. Cette pierre, qui recouvrait deux tombes, offre aussi deux effigies : celles d'Audrieu, d'Averlon, sire de Belin, et d'Isabeau de Breinville, sa femme, morts dans la première moitié du XIV* siècle.

La pierre est divisée en deux arcatures ogivales trilobées encadrant les deux perssnnages, lesquelles sont surmontées de frontons présentant les découpures les plus fines et les ornements les plus élégants du XIV* siècle.

Andrieu d'Averlon, dit M. Hucher, nous présente l'aspecl fidèle d'un chevalier du XIV* siècle équipé de pied en cap; il porte en tête le pot (le fer conique, identique à celui du Prince Noir, dans l'efligie sculptée sur sou tombeau ù la cathédrale de Canlorbéry ; comme dans la statue de ce dernier, le casque est relié au camail qui protège le col par un système de chaînettes très-caractérisé. Le haubert, ou plus spécialement le haubcrgeon, recouvre tout le tronc depuis la partie inférieure du visage qu'il encadre d'uu aubère ornement, jusqu'aux deux tiers des cuisses.

Le seul vêtement apparent et qui recouvre tous les autres jusqu'à mi-cuisse, est la cotte ri'arwics chargée du blason du chevalier cl se terminant en lanibel, c'est-à-dire en lanières crénelées de 10 centimètres de longueur.

La ceinture militaire, lai^e d'environ à centimètres, entoure le bas des reins et la naissance des cuisses du personnage; elle parait ornée

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de pierreries, ou Inut au moius de rosaces émaillées, enchâssées dans des arUculalions de métal, selon Tusage du temps ; elle soutient, d'un côté, la dague de miséricorde ; de l'autre , Vépee à deux tranchants ; pardessus celle-ci, du côté gauche du personnage, on voit appendu Vécu du chevalier, blusonné comme la cotle d'armes.

Des brassai'ds avec cubiiières articulées protègent les bras ; au défaut de l'aisselle, on voit paraître le haubergeon : les jambes sont couvertes de plates nommées cuissards^ genouillères ; derrière les cuisses, on voit paraître le cuir gamboisé placé directement sur la peau ; les pieds du personnage sont appuyés sur un lion.

L'efligie de la dame de Belin n'est pas moins compliquée de détails intéressants ; elle a la tête couverte et la figure littéralement encadrée dans un camail : le costume des femmes a toujours suivi, de loin ou de près, celui des hommes.

La taille et les hanches sont comprises dans cet élégant vêtement, qui sous le nom de surcot ^ a été en usage depuis saint Louis jusqu'au milieu du XV* siècle. Rien de plus élégant, en efTet, que ce vêlemrnt qui dessine et eflQle la taille, puis l'encadre et la voile ù demi dans deux espèces d'ailerons ; la partie ontérieure, celle qui descend de la gorge sur le ventre, est composée d'une plaque de fourrure de menu vair ; cette même fourrure orne l'intérieur des ailerons ; les bras de la dame de Belin et les faces latérales du surcot portent, d'un côté, le blason d'Averton, et de l'autre , celui de Breinville qui est composé de fret tes ; une sorte de galon orné entoure les hanches et a l'air de tenir la place de la ceinture.

Les deux personnages ont les mains jointes sur la poitrine : celles de la femme, qui étaient en marbre blanc commes celles du mari, ont disparu.

De chaque côté de leur tête, figure un pelit écu aux armes réciproques du chevalier et de sa dame. Le cimier du casque, qui surmonte les écus en tournois du chevalier, représente un âne, ou un cheval, dont la peau se termine en lambrequins.

Un système de fencslrages découpés d'une manière admirable décore les côtés des personnages ; sous ces espèces de niches à pinacles, particulières aux pierres tombales du XIV* siècle, on voit une série de six petits personnages, espèces d'acolytes d'une cérémonie funèbre ; le premier, ù gauche, porte la croix processionnelle; le second, audessous, un livre fermé; le troisième, qui paraît être une femme, un livre ouvert, à fermoirs ; le premier, à droite, soutient uu (lambeau

STYLE OGIVAL SECONDAIRK (STALLES ET BOlSERIEs), 633

le second plonge l'aspersoir dans un vase d'eau bénite; le dernier lit dans un livre.

Ces niches à pinacles paraissent représenter les travées d'une église, d'autant qu'elles sont surmontées d'autres fenestrages et terminées par un faisceau de clochetons. De chaque côté des deux pinacles principaux, qui abritent le sire et la dame de Belin, est un ange encensant d'une main et portant de l'autre une navette à encens. Ces quatre anges nimbés complètent la décoration du monument (1).

Stalles et boiseries, vases sacrés, croix, omements en métal.

nOLS trouvons dans les stalles de l'abbaye de la Chaise-Dieu , en Auvergne, un magnifique spécimen des boiseries sculptées du X1V« siècle : nous en donnons des fragments p. 63^.

Les châsses, les calices, les croix processionnelles, les ciboires, les crosses, les encensoirs, etc., etc., offrent au XI V^ siècle ù peu près les mêmes formes qu'au XIII". Les détails arthitectoniques seulement se modifient suivant le style du XIN*^. Les reliquaires affectent souvent la forme de la partie du corps qu'ils renferment ; ainsi, si l'on possédait un os du bras, ou de la main, on le renfermait dans une main ou un bras en métal. Si c'était un os de la tête, le reliquaire représentait le buste ou la tête du Saint. Quelques crosses se chargent de crochets et de festons trilobés ; la magnifique crosse conservée dans le trésor de la cathédrale de Cologne est un bel exemple des plus riches monuments de ce genre au X1V« siècle. Quelques ciboires tendent à s'élargir et à se comprimer : tel est le ciboire conservé a Sens et décrit par M. l'abbé Barraud, dont je donne l'esquisse, page 635. Les encensoirs ont encore, au XIV*^ siècle, une forme globulaire comme au XIP (V. page 3^6). Ce n'est que dans la seconde moitié du XIV« qu'ils commencent à s'allonger pour prendre, au XVs une forme décidément pyramidale. Enfin les devanls-d'autel en bronze doré, émaillé en argent, eu or, reproduisaient dans leur composition les décorations architectoniques de l'époque (arcatures, pinacles, feuillages, etc., etc.) ; le travail en était absolument semblable à celui des châsses et souvent des statuettes occupaient les arcatures. Les rétables prennent des dimensions un peu plus considérables qu'au XIII« siècle.

(1) Voir le «lémoire de M. Huchcr, dans le t, XIV du Bulletin monumental.

DE CAUMONt. ADÉCÉDAIBE d'aUCDÉOLOGIE.

E. Sa^ot del.

FRAGMENTS DtS STALLES DE l'aBBIYE DE LA CUAISE-DICD.

STi'Lt: OGIVAL SECONPAIRE (VASKS SACRÉS

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