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XV-e SIÈCLE

Les caractères du style ogival de la troisième époque sont faciles à saisir, et Ton éprouve peu d'incertitude dans la détermination des monuments de celte époque.

Forme des églises.

IL ne paraît pas qu'aucunes modifications aient été introduites, au XV<> siècle, dans le plan des églises : la forme générale demeura la même depuis le XI V« jusqu'au temps où l'on abandonna le style ogival pour revenir à l'architecture classique. Toutefois, des artistes du XVe ont eu de la tendance à s'écarter de la régularité symétrique des XIII«^ et XIV« siècles ; ils ont fait aux églises existantes des additions qui en détruisent souvent l'harmonie : ils leur ont accolé des chapelles hors de proportion avec celles qui existaient auparavant et qui produisent l'effet d'une excroissance monstrueuse sur le corps des édifices. La Bretagne est une des contrées de la France où ces irrégulières additions sont le plus fréquentes.

Dans Is midi de la France, les petites églises et même les grandes continuent souvent, au XV siècle, à offrir des nefs larges et sans bas-côtés, peu distantes du chœur. Celui-ci est quelquefois séparé de la nef par une simple boiserie (V. la page suivante).

Dans les grandes églises du Nord, l'ordonnance générale se maintient : elles ont des bas-côtés ; le clérestory est séparé du premier ordre

640 DE CAUMONT. ABÈCIiDAIItR d'aRCQÉOLOGIE.

des arcades par un triforiurn, une balustrade ou une galerie : nous

PLVN d'cne Église niiiuiE oc x^*^ su cle ^lanccedoo).

donnerons pour exemple une église supprimée de Caen (St-É(iennele-Vieux), dans laquelle un banquet académique avait lieu il y a quelques annéps (V. la page suivanle).

Nous présentons aussi, à la page 642, l'élévation extérieure de la belle église St Ouen de Rouen. On sait que celte église, comnien( ée au XIV* siècle, n'a été aclievée qu'au XV*^, et qu'à celle dernière période appartiennent la nef, les belles fenêtres du transept avec leurs roses, etc., etc. (1). La tour, qui couronne si heureusement tout l'édifice, n'a même été Onie qu'au XVI" siècle.

L'église St-Maclou de Rouen est une conslruclion qui appartient complèlement au XV« siècle et qui mérite d'être citée.

(t) L'architecte AliX:inilio Bfnieval , mort en ItiO, et s )n clcve travail- Ibreiit aus grandes fenêtres du transept.

542 DE CAUMONT. ABÉCÉPAIRE DWUCnKOI.OGlE.

STYLE OGIVAL DE LA 3^ LPOQUK (oRNEMENTS).

Ornements.

Au XV« siècle, les formes prismatiques ou anguleuses domineal dans les moulures ; elles se manifestent dans les tores, les nervures, et jusque dans les moindres détails : ce qui donne aux ornements un air de maigreur, une séclieresse de trait que n'oflfrent point ceux des XIII« et XIV« siècles.

Ces nervures prismatiques sont peut-être le caractère le plus frappant de l'architecture ogivale de la troisième époque, et la font reconnaître au premier abord.

Trèfles et quatre-feiilles. — Les pétales des trèfles et des quatrefeuilles ne se terminent pas toujours par une pointe mousse, comme dans les siècles précédents, mais par une pointe aiguë.

Ornementation végétale.— Les feuillages affectent, à partir du XV« siècle, des formes tout-à-fait différentes de celles que nous avons remarquées au XIII* et au XIV*' ; ce sont des feuilles de choux frisés, de chardon ou de quelque autre plante. Les feuilles de vigne ont été employées avec les feuilles déchiquetées : celles-ci forment, dans les rampants des portes, des fenêtres , des corniches , des guirlandesexécutOes avec tant d'art qu'elles se détachent complètement et tiennent à peine au mur; ces guirlandes sont parfois enlacées avec des rubans. Les sculpteurs se sont souvent plu à figurer divers animaux au milieu des feuillages.

Crochets. — Des crochets , quelquefois peu différents de ceux du XI V« siècle, montrent, pour la plupart, un changement de forme analogue à celui des ornements.

Ordinairement ils représentent des feuilles de chou ou de cliardon

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frisées, arrondies, coulournées et ressemblant à des têtes de dauphin.

Abcatures. - Les arcatures sont presque toutes surmontées d'un fronton pyramidal, partant des impostes, qui est souvent garni de crochets et couronné d'un bouquet de feuillages frisés. La plupart de ces arcatures en renferment d'autres qui sont trilobées.

Balustbades. — Les dessins contournés que nous allons remarquer dans les compartiments des fenêtres, se

montrent également dans les balustrades en pierre.

Pinacles. — Les pinacles en application, sur les contreforts et sur les parties saillantes des édifices, sont ornés de crochets. Les rampants des frontons reposent assez souvent sur des animaux.

Dais.— Les dais offrent aussi des couronnements pyramidaux trèscompliqués : beaucoup d'églises du XV<= siècle renferment des ornements de ce genre, d'une grande finesse d'exécution.

Pauneal'x. —Tel est le nom que M. Rickman et plusieurs autres antiquaires anglais donnent à de petites arcades trilobées, ordinairement superposées les unes aux autres et séparées par des lignes horizontales, qui ont été figurées sur les murs durant les XV et XVI« siècles. Ces sculptures symétriques, qui divisent les murailles en com-

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