STYLE OGIVAL DE I.A 3^ ÉPOQUE ( TOURS
de panneaux, les jambages de ces derniers semblent quelquefois sortir de ces bouquets de feuillages.
Voûtes.
LES arceaux des voûtes deviennent plus saillants et prismatiques ï la coupe des voussures offre la forme d'une carène de navire dont la quille serait très-saillante ; ces voussures commencent aussi à se ramifier dans la 2* moitié du XV« siècle.
Tours.
Au XV'e siècle , les tours n'ont pas toujours autant d'élévation que celles du XIV% cependant on en trouve de tout aussi élancées. Dans la Belgique, la Vendée, l'Aunis, le Bordelais et en Angleterre, les flècbes en pierre offrent assez souvent, au XV« siècle, des lucarnes surmontées de frontons, superposés à différentes hauteurs (V. la page 658). On trouve aussi des tours octogones , terminées par un toit peu élevé ou par une plaie-forme.
EuGn on rencontre, au XV' siècle, des tours carrées, flanquées de contreforts très-saillants, dont la pesanteur contraste désagréablsment avec l'élégance et la légèreté des pyramides (V. la tour p. 6Zi8}.
Au XV«= siècle, au lieu de flanquer de deux tours les façades des grandes églises , on a souvent élevé une seule tour carrée an milieu du fronton occidental, comme à St-Riquier (Somme), ù St- Jean de Caen, dont la tour occidentale est en partie du XV^ ù Sl- Jacques d'Anvers, St-Bavon de Gand, à la calliédrule de Berne, à Fribourg en Brisgaw, à la calhédrale d'Ulm, etc., (te, etc. Sauf quelques exceptions, celte tour unique a le défaut d'écraser les fiiçades, et généralement elle produit un mauvais effet : on peut s'en convaincre ù St-Riquier, ou, pourtant, l'arcbilecle a fait de grands efforts pour lier cette tour à une façade extrêmement ornée, d'une largeur et d'une hauteur considérables. Quand la tour est en saillie, comme 5 St- Bavon, l'effet est plus mauvais encore; alors la façade, partie si importante des églises, est masquée ou complètement sacrifiée. Cotte
rôS 1)1- CAUMONÏ. AB£C!^:DAIRE D'A^iCUèOLOGlE.
posilion des lours, irès-habiuiellc en Allemagne surtout, a eu des
conséquences importantes sur la distribution des ornements, des basreliefs et des statues dans la façade des églises.
Les clochers-arcades ont été, je crois, aussi communs au XV' siècle qu'à aucune autre époque pour les églises peu importantes. L'esquisse suivante montre le parti qu'on a su tirer de ces clochers si simples et que l'on pouvait asseoir sur le mur occidental de la nef, ou sur l'arcade qui si'païc rcllc-ci du chœur.
STVI.R OGlVAl', DE LA 3'' LPOQUE (rOUns). 050
CLOCHER-ARCADE A DEOX BAIES ET A UASE ORNEE DE PANNEAtX.
L'église (lu Taur, à Toulouse, nous offre une disposition que d'jutrcs clochers du Midi reproduisent avec ((uelques variantes. C'est un cloclierarr.ade, très-large et percé de plusieurs ouvertures formant deux étiiges superposés. Ces arcs sont triangulaires comme ceux que nous avons fait remarquer dans la tour en brique de réglise des Jacobins de Toulouse.
On peut voir, parle clocher du Taur, comment l'emploi de lu brique
660 DK CAUMONT. ABÊCÉDAIRK d'aRCHKOLOGIK.
5 conduit à faire des ouvertures en losange et des dessins de formes géométriques.
CLOCDEU DE l'ÉOLISE UO T\Cn, * T0CL0C5E.
Dans la tour des Augustins de la même ville, dont je présente les parties basse et moyenne, et qui appartient au même type que celle des Jacobins, on voit un bel exemple du parti qu'on a tiré de la brique dans les constructions du XV« siècle.
Clochetons. - A partir du XV*' siècle, les clochetons offrent asseï souvent des tourelles, sans ouvertures latérales, dont les faces sont ornées de panneaux simulés ; les aiguilles hérissées de crochets n'ont point de cavité intérieure ; quelques-unes consistent dans trois corps superposés et terminés par un fleuron. ^
En Allemagne, les gables de quelques églises offraient des rampants taillés en gradins avec pinacles ou clochetons étages : td est le gable occidental de l'église Notre-Dame , 5 Nuremberg, figuré page 6A6.
STYLE OGIVAL DE LA 2"" ÉPOQUK (tOUP.s). 661
TOCR DES *C(,OSTI«S DE TOCLOCSE.
Ori CAIJMONT. AUliCÉDAIIlE u'AUCUKOI.OfJIE.
Ce gable est ;ittribiié ù Adam Kraf, qui vivait à lu lin du XV^ siècle; la partie basse de i'église est du XIV^