ACTEL DU XV* SIÈCLE, DA>S LA CATHÉDRALE DE SAI^T-P01 -DE-LÉ
Il ne faut pas oublier que beaucoup de devanls-d'autels étaient couverts'd'étoffes brodées d'or et ornées de pierres précieuses.
Les XV* et XVI* siècles ont produit de magnlGques rétables en bois et en pierre, qui étalaient tout ce que la sculpture du temps pouvait pro* duire de plus compliqué et de plus délicat. Voici l'esquisse d'un petit rélabîe en pierre de Caen que je crOis de la première moitié du XVI» siècle, et qui se irouve dans une chapelle de l'église de Graye (Cal* vados) : on y voit saint Martin, à cheval, coupant son manteau, et tout autour, des figures de saints; au sommet du dais à décorations ogivales qui couronne la statue, paraît le Père-Éternel, entouré de ses anges, bénissant Martin représenté ici, comme ailleurs, au moment où il accomplit l'acte de charité qui a été, aux yeux de Dieu, un de ses plus grands mérites.
Mg"^ ds Saint-Mars, archevêque de Rennes, a découvert un magnifique
DE CAUMONT. ABÈCÉDAIRK d'aRCHÉOF^OGIE.
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retable en bois dans les greniers de révêclié, où il avait été relégué, on no snil ?i quelle époque. Ce rélablc est peint et doré, les
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personnages portent des phylactères sur lesquels on lit des inscriptions explicatives des figures.
J'en ai trouvé d'autres qui n'avaient pas été peints. On en voit un magnifique, à Paris, dans l'église St-Germain-l'Auxerrois , offrant, au milieu des dais, des pinacles et des ornements architectoniques de toute sorte, de petites figures disposées dans des niches.
Tabernacles. —Les tabernacles en pierre, qui peuvent aussi être considérés comme étant un accessoire des autels, quoiqu'ils en fussent le plus souvent séparés et accolés aux murs voisins comme les crédences, ont toujours été assez rares : il nous en reste pourtant quelques-uns du XV* siècle.
Ces tabernacles ont été plus particulièrement construits en Allemagne, et dans les contrées où l'École arcliitectonique allemande a exercé son influence, que dans la France proprement dite.
A Nuremberg, on voit dans le sanctuaire de l'église St-Laurent,
du côté de l'évangile, un magnifique tabernacle qui frappe l'attention
de tous ceux qui visitent celte église : c'est une pyramide isolée con-
''*&iruite''u"jouyen grès bigarré, dans le style gothique allemand de la
3* époque, fmme les chaires de Strasbourg et de Bâie, et les rétables
de Fribour/en Brisgaw.
Ce chefi'œuvre, dû à Adam Kraf, date de la fin du XV* siècle ; il se lermin/par une pyramide surmontée d'une crosse, et il servait évidemmenj'à déposer les hosties, car on y lit cette inscription : ecce PAifis AïELORUM, au-dessous du ciboire. Dans cette magnifique pyramide, (i/i s'élève jusqu'à la voûte, sont représentées les scènes principales (X. la Passion : l'Agonie dans le jardin des Olives, — le Christ devant /iaïplie, — le Couronnement d'épines, — le Crucifiement, — la Résur^clion.
La/jyramide est portée sur trois personnages, qui sont, à ce qu*on croiy les portraits d'Adam Kraf et des deux apprentis qui l'avaient aidtfdans l'exécution de l'œuvre. Ce magnifique tabernacle a demandé sisans de travail ; il fut terminé en 1500. L'artiste éminent, qui a eipelli sa ville de plusieurs chefs-d'œuvre, mourut en 1508. ïe donne le dessin de la base qui sert de support ou de piédestal [cette tour aérienne, dont la hauteur est, dit-on, de 60 pieds (V. la lanche).
Il existe, dans le chœur de la cathédrale d'Ulm, un tabernacle au
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moins aussi élevé que celui de Nuremberg ; on l'attribue, m'a-t-on dit, au même architecte, et l'analogie de composition justifie cette attribution. Il se trouve aussi du côté de l'évangile.
J'en ai vu qui ont la forme d'une riche tourelle formant encorbellement sur le mur: la cathédrale de St-Jean de Maurienne, en Savoie, en offre un magnifique sur le mur du sanctuaire, du côté de l'évangile.
Le tabernacle de la cathédrale de Grenoble, dont nous donnons un dessin, a beaucoup d'analogie avec celui de St-Jean de Maurienne. Il est d'une grande élégance, fort élevé et soudé au mur, du côté de l'épître. M. l'abbé Trépier a prouvé, dans une dissertation lue au Congrès scientifique et publiée dans le Bulletin monumental^ t. XXIV, que ce monument de sculpture est d'une époque peu éloignée de l'an 1660.
Nous avons un magnifique spécimen de ces tabernacles dans l'église de Semur : c'est une tour d'une extrême élégance, composée de plusieurs étages garnis de contreforts, avec fenêtres à compartiments flamboyants, surmontées de crochets et de bouquets de feuillages pédicules. Tout l'agencement de ce petit chef-d'œuvn 'i^iii|St . d"V-''s heureux effet; la flèche terminale est découpée à jour^t garnie de bouquets sur les rampants. Une porte en fer s'ouvre ons une des fenêtres du premier étage.
Cette tour, qu'il faudrait plutôt appeler un ostensoir en pierre^ repose en encorbellement sur un piédestal à deux étages ornés de fenêtres simulées dans la base, et offre des proportions pafaitemenl calculées.
Un dessin peut seul rendre l'effet de ce gracieux morceau tf^sculpture. Je dois celui que je présente, et qui ne laisse rien à déarer, au crayon de M. E. Sagot, de l'Institut des provinces.
Comme on le voit, c'est à la fin du XV« siècle et au commenement du XVI* qu'on éleva les ciboires les plus considérables. Il e» probable que cette impulsion fut donnée par suite des prescriptions épiscopales qui ordonnaient de conserver les hosties dans des armires bien fermées, près de l'autel. Il y avait, au point de vue de l'ai et des cérémonies, avantage à pratiquer ces armoires dans les murs aec tout le luxe usité par les sculpteurs de l'époque.
A Sl-Sebald de Nuremberg, on voit, à l'extérieur de l'abside, a représentation de l'ensevelissement du Christ. Ce tombeau corresponl
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à un magnifique tabernacle piacé à l'intérieur de l'église et adossé à la muraille, lequel se compose d'une armoire creusée dans le mur, fermée par un volet bardé de fer et entourée de niches et de contreforts, formant un grand rétable de st}le ogival allemand.
Ainsi, pendant que les hosties reposaient dans celle espèce de tabernacle, on pouvait, jour et nuit, à toute heure, adorer les saintes espèces dans la rue, car l'ensevelissement et la chapelle extérieure dont je parlais ne sont, en quelque sorte, que le revers du tabernacle de l'intérieur.
Les enquêtes de la Société française d'archéologie nous ont appris que la même disposition existait, en pclif, dans plusieurs églises rurales de l'est de la France (diocèse de Verdun, de Metz, de Nancy, etc., etc.). Une lampe placée dans une petite fenêtre indiquait, à l'extérieur, la position correspondante du tabernacle à l'intérieur.
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J'ai trouvé, dans plusieurs églises du nord-ouest de la France, des tabernacles en pierre offrant l'image d'une tour, et dans lesquels il y avait, comme dans nos tabernacles actuels, une petite cavité fermée d'une porte, pour déposer les hosties, et au-dessus un étage percé de fenêtres, qui pouvait servir d'ostensoir ou d'exposition. La plupart de ces tabernacles ont été déplacés et mis de côté.
Le spécimen ci-joint offre l'imag? de ceux que j'ai vus dans plusieurs églises, notamment dans celles de Maliol et de Tracy-Docage ( Calvados '.
Je pense que ces tourelles, quand elles n'étaient pas le long des murs du sanctuaire, place qu'elles occupaient presque toujours, s'élevaient au-dessus de l'autel, comme nos tabernacles : aucune de cel'cs que j'ai vues ne paraît
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