‹ AbeillesChapitre 13 sur 14 · Si l’année avait été assez favorable, pour · texte numérisé non relu

Si l’année avait été assez favorable, pour

ue la plupart des ruches eussent rempli leur s quatre Cases avant l'époque de la réduction

on pourrait laisser les abeilles s'étendre sur la largeur des ruches, et la première opération à faire, serait, quelques jours avant cette réduction, de trancher avec le fil de laiton, tout ce qui saillirait hors de leur contenance (20).

77. Comme on le voit, les théories de notre culture, sont très-faciles à concevoir. Elles reposent uniquement, sur la possibilité, qui existe, de pouvoir séparer une ruche en deux parties pour former ce que lon appelle un essaim artificiel (36), et ensuite sur celle de pouvoir superposer deux ou trois ruches l’une sur l’autre, pour n’en former qu’une seule.

Cetté méthode de cultiver les abeilles exige les conditions suivanies :

1.° Que toutes les ruches aient, pour passer l'hiver, leurs quatrecases parfaitement pleines;

‘2.° Une grande attention lorsqu'on les sépare, pour former les essaims artificiels , afin de ne pas manquer celte opération;

5. L'emploi de la famée pour opérer Îles réunions sans événement;

4. Que les mélanges soient les mieux proportionnés possible. C'est-à-dire que l'on réurisse une ruche forte avec une faible, plutôt que deux fortes ou deux faibles ensemble;

5° Enfin, que sar chaque ruche, avant la

réunion, on enlève de préférence les cases in-

férieure et supérieure ; par ce moyen on laissera

les cases centrales qui sont toujours les plus riches, et par conséquent les plus nécessaires pour reformer de bonnes ruches : et ensuite en agissant toujours ainsi, on n'aura jamais de vieux gâteaux.

Nous ne pensons pas que, qui que ce soit pût nous contester la réussite de cette culture; d’ailleurs il faudrait qu'il en niât les deux bases ” fondamentales ; maïs qui ne sait pas qu’on peut

faire des essaims artificiels, et qui ignore qu’au - ? 8

moyen de la fumée, on peut faire accorder ensemble les abeilles de deux ruches différentes ?

Maintenant, analisons les résultats de notre nouvelle méthode. Nous avons déja dit que n'ayant, pendant la mauvaise saison, que des ruches bien peuplées et bien approvisionnées, elles seraient assurément dans les meilleures dispositions pour ne rien craindre; que la récolte de cireserait considérable au printems; parce que la consommation de miel aura été grande, À ces avantages se réunissent les suivans, par exemple : lorsqu’au mois de mai, on aura divisé toutes les ruches, on préviendra ainsi, en grande partie, la sortie des essaims naturels, et tel cultivateur qui aura un grand

nombre de ruches dans un même endroit, n’aura Jamais beaucoup d’essaims à la fois, ce qui évitera la confusion, d’une part, en ce que ces ruches séparées n’en fourniront qued’assez faibles eten petite quantité, etensuites’il s'en mé- : Jait deux ou trois ensemble, au lieu d’être un inconvénient, cela deviendrait au contraire un avantage. Mais nous le répétons, on n'aura que peu d’essaims naturels, et les propriétaires qui n'auront qu'un petit nombre de ruches, pourront se dispenser de les veiller à l’époque or- dinaire de l’essaimage; car, la perte de ces faibles essaims serait de peu d'importance , et loin d’équivaloir à l’assujettissement de les attendre (a).

On sait que le mois de maiest celui de l’année, qui offre le plus de ressources aux abeilles, et que les essaims naturels qu’on obtient au commencement de ce mois, fussent-ils même faibles en population, font à cette époque des progrès immenses et en très-peu de tems. Mais ils ne sont que bien rarement aussi précoces, et le plus grand nombre ne

(a) Le villageois pourra séparer ses ruches le dimanche, et soigner ses champs dans la semaine , sans avoir besoin de s'occuper davantage de ses abeilles. «

s'obtient jamais (aux environs de Paris et même dansune étendueassezgrande) que dans le cours du mois de juin. Si quelques pluies surviennent jnmédiatement après leur sortie, ils n'ont pas - le tems de pouvoir s’approvisionner, et demandent, ca hiver, des secours au propriétaire.

En séparant toutes nos ruches au commencementde mai, nous mettrons chaque partie, dans ia psition des essaims naturels de cette époque. La nature n'est alors, pour les abeilles, qu'un vaste réservoir où elles n’ont qu'à puiser (a); outre ce même avantage que nous offrirons à toutes nos ruches séparées, elles auront encore celui, que n’ont pas les essaims naturels , de commencer avec quelques provivions ; il faudrait alors que l’année fût bien mMaïheureuse pour qu'elles ne prospérassent pas , et que toutes Îes ruches cultivées autrement fussent perdues.

Mais dans les années ordinaires, chaque

(a) Le tems n'est peat-êlre pas loin où on se rira d’un cultivateur d’abeilles qui allendrait la sortie de ses essaims; autant vaudrait , dira-t-on , qu'il atiendit que ses moissons se sémassent d'elles-mêmes , comme élant une chese plus naturèlle,

parlie de nos ruches ayant pu profiter de la saison entière , aura bien facilement rempli Les deux cases sur-ajoutées à chacune d’elles, et lors de la réduction, on obtiendra une quantité égale de produits, au nombre total des

ruches que l’on possédait avant la séparation, ou bien on pourra obtenir moins, mais augmenter son rucher en conséquence. Ainsi par nos ruches et notre manière de les gouverner,

; n pourra doubler un rucheren peu de tems,

el le réduire à volonté sans faire périr une seule abeille {«).

(a) Depuis fort lons-tems, on se récrie sur la .inéthode qu'emploient beaucoup de culüivaleurs d’abeilles , d’étouffer ces insectes pour s’en débarrasser et recueillir leurs produits. Mais il arrive souvent, dans les ruches closes, lorsque les esszims sont faibles et tardifs, qu'ils n’ont que peu de provisions, qu’il est impossible de réunir à d’autres , alors on se détermine facilement à faire périr une ruche qui ne peut pas se suffire. Dans Les ruches à l'air libre , nous avons démontré comment on devait agir dans celle circonstance; ce doit être un motf de plus pour les faire adopter, car ce serait un tort réel que de sacrifer des abeilles , puisqu'on aura des moyens évidens de pouvoir faire autrement , et que jamais les ruches ne peu-

vent être trop fortes en population (14 10.°).

CSSS

Préparations du Miel et de la Cire.

Novs n’aborderons pas la grande question de savoir si le miel existe tout formé dans les plantes, ou si les abeilles n’y puisent qu’une matière sucrée, qui subit une espèce d’altération dans leur estomac, d’où , l'élaboration. Nous n’examinerons pas non plus si la cire est recueillie toute formée par les abeilles, ou si le miel est transformé en cire par elles, ou si, enfin, elle est formée du pollen des fleurs, comme le veulent encore quelques personnes : tout ce que nous pourrions dire à cet égard n'étant pas appuyé de preuves assez con-

Yaincantes, nous laissons à d’autres le soin de trancher la question, s’il est possible de le faire sans objection.

Préparation du Miel,

L’extraction du miel, est une opération des plus simples. Après s'être convenablement débarrassé des abeilles qui environnaient les gâteaux, on enlève ceux-ci des cases à l'aide d'un couteau; on choisit ceux qui contiennent du miel, ct on met de côté tous ceux qui ne présentent que des alvéoles vides, ou qui ne conliennent que du couvain, ou du rouget (a). On fait ordinairement deux choix des gâteaux pleins de miel ; on met ceux qui sont les plus blancs d’un côté, et le reste de l’autre : ce qui, plus tard, constituera deux qualités distinctes de miel.

On coupe les gâteaux par le milieu dans le sens de leur épaisseur, de manière à ouvrir toutes les alvéoles et faciliter l'écoulement du miel. Les gâteaux ainsi brisés sont placés sur

(a) On appelle rouget, une substance jaune-orangée, dont les abeilles remplissent quelquefois des gâteaux entiers. On croit que c’est du pollen qu'elles avaient mis en réserve , mais dont elles ne peuvent plus se servir,

Les alvéoles vides , celles qui contiennent du couvain et du rouget, seront portées à la fonte lorsqu'on préparera la

are, ces maitres né pouvant influer sur sa qualité, |

un laimis ou sur une toile claire. On s'établit ordinairement en plein soleil, ou dans un lieu dont on élève la température. Dans le premier cas, qui est le meilleur procédé, il faut prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter les abeilles, qui, attirées par l'odeur du miel, arrivent en grand nombre vers le lieu où on opère , et qui, lorsque lon n’y fait pas attention , viennent s’engluer , et périr, en gênant considérablement les manipulateurs : on devra donc avoir le soin de recouvrir d’une toile tout ce qui contiendra du miel ou des gâteaux. Il faudra, par conséquent, que le tamis ou la toile qui supportera ceux qui sont à égoutter, porte exactement sur le vaisseau qui recevra le miel, afin que les abeilles ne puissent s’y introduire. La toile qui recouvrira les gâteaux à égoutter devra être assez claire pour que le soleil puisse les échauffer. Si l’on opère dans une chambre, on devra en élever la température au moyen d’un poële, afin d'augmenter la fluidité du miel. Tous les vases alors pourront rester à découvert; mais il n’est pas jusqu'aux trous de serrures, qu’on ne doive boucher, afin d'empêcher les abeilles de pénétrer dans l'endroit qui sert de labora-

toire.

Le miel quiégoutteestreçu dans desterrines, d’où on le verse dans les vases qu'on lui destine, et que l’on conserve dans des endroits frais. Ainsi obtenu , il prend le nom de miel-vierge et n’a pas besoin d’être purifié : peu à peu, il se solidifie et devient grenu.

Lorsqu'il ne s’écoulera plus rien des gäteaux , on devra les soumettre à la presse, parce qu'ils retiennent toujours une certaine quantité de miel qu’on ne pourrait obtenir autrement. Cette fois, on pourra réunir les gâteaux plus ou moins colorés pour les soumettre ensemble à la presse, et n’obtenir qu'une seule sorte de miel, qui est d’autant moins impur qu'on a eu le soin d’enlever primitivement le couvain et le rouget qui se trouvaient parmi les gâteaux, et qu’on a évité de presser les abeilles qui ont pu s’y rencontrer accidentellement; tous ces corps étrangers fournissant au miel des principes qui l’altèrent et le disposent à fermenter.

Pour soumettre les gâteaux à la presse, on doit les renfermer dans un sac fait d’une toile un peu claire, mais forte : on emploiera avec avantage, pour cela, un tissu de corde qui résiste facilement à une grande pression. Le miel exprimé a besoin d’être purifié, car quelques

APPENDICE. 115 soins que l’on prenne, il entraine toujours des matières étrangères; les unes, plus pesantes que lui, les autres moins. En le laissant reposer deux ou trois jours, les plus légères viendront à sa surface, on les enlèvera, et on le séparera des autres en le décantant. Le miel obtenu par expression est toujours d’une qualité inférieure; on devra donc s'arranger de manière à en obtenir le plus possible sans cela.

. Le miel se livre ordinairement au commerce dans des barils de 75 à 100 livres; son prix varie selon sa qualité et l'abondance de la récolte: il est d'autant plus estimé qu’il a bon goût, qu'il est plus blanc et grenu. Les falsificateurs ne peuvent lui donner que de la blancheur. Pour cela, ils l’agitent fortement; mais le goût et l'aspect décèleront cette manœuvre. Quelquefois aussi ils y incorporent de la farine pour non-seulement le blanchir, mais encore en augmenter la quantité et la consistance. On découvrira cette fraude en en faisant dissoudre à chaud une portion dans sept ou huit fois son poidsd’eau,quideviendralaiteuse, si le miel contenait dela farine, au lieu derester transparente, s'il n’en’ contenait pas. On découvrira aussi très-facilement la présence de la farine dans le

miel par l’iode (a). En général, on doit se défier des miels qui ne paraissent pas grenus. Le miel est principalement employé comme médicament ; il est pectoral, laxatif, apéritif, etc.

Lorsque l’on fait beaucoup de miel, on a une certaine quantité de résidus après sa préparation. Ces résidus sont plus ou moins impurs. Pour les mettre à profit, on pourra les délayer dans trois ou quatre fois leur poids d’eau ; on pourra laver également avec une petite quantité d’eau tout ce qui a pu servir aux différentes manipulations du miel, ainsi que

(a) L’iode est un corps simple ; combustible et non métallique ; il est solide; sa forme lamelleuse et sa couleur lui donnent l’apparence de battitures de fer. En dissolvant /’zode dans l'esprit de vin, on en forme une teinture. Cette teinture s'emploie en chimie comme réactif, pour décéler la présence de l’amidon. Nous ayons dissous dans quatre onces d’eau tiède, deux gros d’un miel qui ne contenait que le quarantième de son poids de farine ; en y ajoutant quelques gouttes de #inture d’iode ; la liqueur est devenue subitement noire, très-foncéc, tandis qu'une solution de miel pur est restée transparente, en acquérant une légère couleur ambrée ; ce qui est dû à la couleur propre de la teinture d’iode ; mais il est absolument impossible de s’y méprendre.

APPENDICE. 117 les gâteaux qui ont été exprimés. On réunira toutes ces eaux miellées, on les fera bouillir ensemble, avec un trentième de leur poids de charbon animal (a). On laissera évaporer ce liquide jusqu’à ce qu’un œuf frais puisse le surnager, ce qui arrive lorsqu'il a acquis une certaine densité. Etant à ce point, on y projettera deux blancs d'œufs délayés dans huit ou dix fois leur volume d’eau, on agitera le tout, on laissera bouillir quelques minutes, et on enlevera l’écume à mesure qu’elle se formera. Sile liquide ne paraissait pas transparent, on ajouterait deux autres blancs d'œufs de la même manière que nous venons de le dire, ce qui terminerait la clarification. On retira la bassine du feu, puis on passera le liquide au travers d’une chausse. Les premières portions qui passent ordinairement troubles seront reversées sur la chausse, et le tout filtrera lensuite parfaitement clair. Ce liquide ne se conserverait pas long-tems, l'opération n'ayant pour but que de l'épurer; mais il est propre à faire un sirop, de l’hydromel vineux et de l'alcool.

Pour en faire un s#rop, il suflira de le faire

(a) On trouve aujourd’hui beaucoup de ce charbon dans

le commerce , son usage étant très-répandu.

rapprocher jusqu’en consistance convenable; ce que les personnes peu habituées à cette opération pourront reconnaître par la densité, en agissant de la manière suivante : elles prendront une petite bouteille, qui, si elle contient une once d’eau, contiendra onze gros de ce sirop convenablement cuit. Si la même capacité de la bouteille ne donnait pas ce poids, il ne le serait pas assez, et il le serait trop si elle donnait davantage. Dans le premier cas, on laisserait encore le sirop sur le feu ; dans le second , on le décuirait en y ajoutant de l’eau , afin de l’amener à la consistance désignée.

Pour faire de l’hydromel vineux, on n’a pas besoin de fairé rapprocher le liquide dépure. On le mettra dans un baril qu’on remplira aux deux tiers; on y ajoutera, par trente livres, deux onces de levure de bierre délayée dans une pinte d’eau tiède; on exposera ce mélange dans un endroit où il puisse conserver assez constamment une température de quinze à vingt degrés ; bientôt la fermentation s’établira et durera environ quarante jours; lorsqu'elle sera terminée, on soutirera ce liquide que l’on mettra en bouteille, et qui prendra de la qualité en vieillissant. Cette liqueur, très-

agréable , était connue dès la plus haute antiquité (a).

On imite parfaitement certains vins de liqueur avec l’hydromel vineux, lorsqu'au commencement de la fermentation on y joint des sucs de fruits, comme ceux de coings, de framboises, de groseilles, ou des fleurs sèches de sureau, des fleurs et des feuilles d’orvalle, connue aussi sous le nom de toute-bonne. Ces liqueurs ne sont nullement dangereuses (b).

Par la distillation on retire de l’eau-de-vie ou de l’alcool de l’hydromel vineux.

Préparation de la Cire.

La préparation de la cire se fait après celie du miel ; lorsque les gâteaux sortis de la presse seront rompus et lavés, on leur joindra ceux que l'on avait primitivement mis de côté, parce

(a) « Odin, législateur des Scandinaves, promet le para- » dis à ces peuples, où ils boiront de l’hydromel présenté » par les Valkyries, dans les crânes de leurs ennemis. »

(6) Les préparations de miel , sont, en général, d’autant plus belles et agréables, qu'on en a employé de plus

pur.

qu'ils ne contenaient point de miel. On en enfermera une certaine quantité dans un sac fait d’une toile également trés-forte. Ce sac, noué, sera plongé pendant un quart d'heure dans de l’eau bouillante, ainsi que deux plaques de fer sion en a à sa disposition ; après quoionretirera ce sac que l’on placera entre les deux plaques de fer chaudes, pour soumettre immédiatement le tout à la presse, que l’on serrera graduellement, jusqu’au plus haut terme de son action. La cire qui s’écoulera sera reçue dans un vase contenant de l’eau chaude, afin qu’elle ne se refroïidisse que lentement, et que les matières étrangères qui seront entrainées puissent se séparer; celles quirestent adhérentes à la cire et qui occupent la partie inférieure de la masse, constituent ce qu'on appelle vulgairement le pied.

Ce qui reste dans le sac, après l'expression, ne contient rien qui puisse être utile.

On fait refondre une seconde fois et même une troisième fois la cire pour la purifier. Pour cela, on râcle la surface pour en enlever le pied et les impuretés (4). On coupe ensuite le

(#) On garde ces impuretés , qui contiennent toujours

pain par petits morceaux; on met cette cire dans une bassine avec le quart environ de son poids d’eau, qui lui sert de bain-marie. On chauffe graduellement, et quand elle est fondue, on retire la bassine du feu , on laisse reposer un instant, puis on verse doucement la cire dans les vases où elle se moule. La cire étant refroidie, il suffit de plonger les moules dans l’eau chaude pour la détacher fac#ement de ceux-ci.

La cire, obtenue comme nous venons de l'indiquer, est jaune, a une odeur particulière qui n'est point désagréable : elle est onctueuse et se laisse facilement pétrir entre les doigts sans y adhérer. Cette substance, qu’on range pami les huiles fixes concrètes, paraît peu disposée à rancir ; nous n'avons jamais eu occasion d'en remarquer qui ait présenté cette propriété.

La cire jaune, raclée et exposée pendant un certain tems à l’action du soleil et de la rosée, yblanchit, mais elle perd son onctuosité que les fabricans lui rendent en y mélant du suif; mal-

un peu de cire, pour les chauffer et les soumettre à la

presse , lorsqu'on commence une autre opération.

122 APPENDICÉE,

heureusement ils exagèrent trop cette précaution.

\Mais c’est la cire jaune qui exerce le plus l'activité des falsificateurs; outre le suif qui se décèle au goût et à l’odorat, ils y incorporent quelquefois une si grande quantité de fécule qu'elle est visible à l'œil nu. Quand on soupconne cette fraude, on fait fondre à chaud une partie de cire suspecte dans cinq ou six parties d'essence de térébenthine, la cire se dissout complètement si elle est pure, et si elle contient de la fécule, cette dernière se précipite. Il faut avoir l'attention de prendre pour essai, : un morceau de l'intérieur du pain, parce que souvent on pousse la supercherie jusqu'à recouvrir avec une couche de cire de la plus belle qualité , des pains de cire très-impurs.

La propolis n'étant pas employée, nous en ferons peu mention. Cette substance est d’une couleur rougeâtre , d’une odeur très-agréable, d’une saveur chaude et amère ; elle est déposée par les abeilles sur les bords des cases qui constituent les ruches à l’air libre, on l’enlève avec un couteau; on la fond à une douce chaleur puis on la passe au travers d’un linge, pour en séparer les impuretés. Autrefois on l’em-

APPENDICE. 123 ployait en médecine, mais les propriétés qu'on lui accordait n’ayant pas été constatées, on a renoncé à son usage.

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