AVERTISSEMENT
4 | La découverte des ruches, à Pair libre, est due à mon père; il en fit une pour la première fois en 1804. A cette époque, ilne la considéra que comme un objet de simple curiosité. Il Papporta à Paris, mais il n’y trouva que des obstacles, et prit le parti de la remporter sans la montrer. Vingt années s’écoulèrent sans qu'on entendit parler d’une expérience semblable :
il n'avait pas suivi la sienne et ne songeait nullement à la renouveler, lorsqu’en 1824, un amateur d’abeilles, enthousiaste de ces insectes, vint le Œ,.
v] AVERTISSEMENT.
trouver dans son rucher. La nature de la conversation qui s’engagea, le conduisit à rappeler son ancienne expérience; cet amateur fut surpris qu'il n’eût pas fait plus de cas d’une chose aussi curieuse, et l’engagea très-fort à recommencer. Mon père se détermina, la même année, à établir deux autres ruches à lair libre. Pourtant le fruit de vingt années de plus de culture ne fut pas entièrement perdu; car il a perfectionné ses ruches de telle sorte qu’elles deviennent, je crois, peu susceptibles de modifications
Bientôt le bruit des nouvelles ruches se répandit dans les environs de Corbeil , où une foule d'amateurs et de curieux vinrent les voir. On conseilla à mon père d’en faire part à la Soci-té d'agriculture de Versailles, ce qu'il fit. Cette société députa quelques-uns de ses membres pour véri-
AVERTISSEMENT. vi fier l'exactitude du fait. Ces Messieurs rendant justice au mérite de cette découverte, firent, au nom de leur société, l'acquisition de l’une de ces ruches. La ruche concédée fut transportée à Versailles, où elle fut examinée par une plus grande quantité de membres de cette société. On fit quelques objections ; son volume était si considérable que l’on crut d’abord qu’elle avait été peuplée de deux foris essaims; mon père engagea sa parole sur le contraire, etaujourd'hui tout le monde pourra se convaincre que cetie forme de ruche seconde bien mieux l’activité des abeilles que celles qui sont closes, quel que soit leur genre de construction. On lui objecta ensuite que peut-être elle n’essaimerait pas : il n’hésita pas de pronostiquer qu'il était certain que les abeïlles essaimeraient comme dans les autres; effectivement, en 1825, cette
vil AVERTISSEMENT.
‘ruche donna deux essaims (a), et celle qui resta chez lui en donna également deux. Le premier essaim de cette dernière fut placé dans les mêmes circonstances que sa mère : c’est celui que l’on voit à Paris au jardin du Roi.
Là, journellement entouré de connaisseurs , on pria instamment mon père de communiquer les moyens d'en établir de semblables ; cest ce qu'il promit de faire par la voie de l'impression. | Tous les essaims qu’il recueillit en 1825 furent placés dans des ruches à l'air libre, et ce qui d’abord ne lui avait paru que comme propre à étudier les abeilles, nous parut bientôt avoir un avantage incontestable pour la culture en grand. La facilité de l’ex-
(a) Il est à remarquer que dans le même jardin , à Versailles , où cette ruche était placée , ily
douzaine de ruches closes qui , cette année là nèrent, pas.
avait une
, n’en don-