X PRÉFACE
Elles ne manquent donc à aucune grande philosophie; et elles peuvent être découvertes sous tous les voiles que les caprices du raisonnement leur ont prêtés. 11 est curieux et piquant parfois de les reconnaître, malgré les déguisements dont les revêtent la philosophie et la théologie de nos pères. Cet intérêt nous soutenait dans la tâche ingrate de pénétrer ra fond de ces deux sciences, d'en reproduire les idées et les expressions, de leur rendre, s'il nous était poi^ sible, la vie et la lumière. Cette restauration était une œuvre assez nouvelle. Depuis quelques années, on a bien su ressaisir avec sagacité le sens intime de toutes les doctrines , on les a traduites avec succès dans une langue commune, celle de la critique contemporaine. Mais à peine a-t-on osé, dans de courts passages, faire revivre l'enseignement original des maîtres du passé. A peine celui qui a le premier parmi nous entrepris de retirer la scolastique d'un oubli dé deux siècles, a-fr-il osé lui rendre à certains moments et ses formes et son style. Par le choix de notre sujets par rétendue de notre travail , nous avons dû nous jeter audacieusement dans cette œuvre de restitution scientifique. Nous sommes rentré dans la nuit du moyen âge, pour y marcher le flambeau à la main. Un historien dont la science profonde est vivifiée par une puissante imagination , a su ranimer les sentiments et les mœurs de la société de ces temps-là. Il a remis sur ses pieds le Germain , le Gaulois , le Saxon , le