‹ AbélardChapitre 43 sur 122 · ELISABETH · texte numérisé non relu

ELISABETH

Grand merci, noble dame! mais c'est trop ou trop peu se nommer.

Il jette le papier.

DlTTMAR, le ramassant.

Elisabeth ! serait-ce la comtesse de Mantes, la sœur du roi " î

Je ne sais d'où ces grandes dames me connaissent, je n'en connais pas une. — Les femmes .sont la plus grande perte de temps de ce monde; en tendez- vous? — N'est-ce pas, Dittmar?

DlTTMAR.

Mais, je ne sais pourquoi vous me dites cela....

GAUFFROY, à Amaury.

Quel homme ! la science d'un philosophe et la pureté d'un enfant.

Gilbert de la Porrée ouvre la porte et entre. GILBERT.

Serviteur, maître. Je viens vous donner avis que Lotulfe et Albéric, absents depuis un temps,, ont reparu dans la Cité et qu'ils ont dit contre vous des choses menaçantes. Ils prétendent avoir trouvé des appuis dans l'Église

et cherchent à vous débaucher vos disciples.

Je leur en cède trois cents à choisir, s'ils le veulent. Qu'en feraient-ils?

DlTTMAR.

Nous ne sommes pas un troupeau à vendre.

Tu vois bien que le maître s'amuse.

GILBERT, à Abélard.

Je crois cependant que vous agiriez sagement de prendre garde....

A quoi?

GILBERT

Mais l'Église

Eh bien, l'Église ? nous mettons le pied dans l'Église. Nos écoles ne deviennent-elles pas la vraie pépinière du clergé? Et vous, Gilbert, vous Gauffroy, n'avez-vous pas chance prochaine de passer de la simple cléricature à quelque dignité? (En souriant.) Vous me protégerez quand vous serez évêques.

GAUFFROY.

C'est à vous de l'être.*

DITTMAR.

Je te réponds bien que tu le seras avant lui.

GILBERT, à Abélard.

Enfin, croyez-moi, n'ayez pas trop de sécurité.

Gilbert, ceux qui se font mes ennemis s'y prennent trop tard 12. ia Dittmar.) Ne disiez-vous pas que, par ce beau temps, toute la ville se promène?

DITTMAR.

Au Jardin du roi, à la pointe de l'île *3. C'est un charmant spectacle; toutes les bourgeoises ont leurs habits de Pâques.

ABÉLARD, prenant son chaperon.

Sortons, Messieurs.

lis sortent.

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