VOIX DIVERSES
Non, c'est moi, — moi, — moi.
MANEGOLl).
Tous ont crié le premier à présent.
GOMBAULD
C'est qu'en effet, ce fut un mouvement général et soudain.
AMAURY
Comme aujourd'hui.
D ITT M AU.
Oh! bien différent d'aujourd'hui. Quel bruit! quel enthousiasme !
ODON
Jamais je n'ai vu plus d'entrain et de bruyante allégresse, môme au jour où le roi Louis VI a fait à Paris son entrée de joyeux avènement.
MANEGOLD
Lui aussi, il faisait son entrée de joyeux avènement. C'est notre roi à tous.
DITTMAR.
Quelques-uns appellent leur roi Louis le Batailleur : on pourra bien dire aussi Pierre le Batailleur '^K
GOMBAULD
Guillaume le Simple.
ODON
Anselme le Débonnaire.
Abélard parait.
MANEGOLD
Salut à notre roi!
DITTMAR.
Sera-t-il proclamé sur le pavois ou sacré devant l'autel?
ABÉLAKD.
L'un et l'autre, s'il vous plaît. La dialectique, c'est le pavois qui nous couvre; la théologie, l'huile qui nous consacre.
MANEGOLD
Vive le roi!
DITTMAR.
Vive le roi! comme disaient tantôt les braves Laonnais.
AMAURY
A propos, que sont-ils devenus ?
Ils ont fait cortège à son départ au sire de Garlande.
MANEGOLD
Quelle journée pour le chapitre de Laon !..
ABÉLARD, interrompant.
Chacun rentre dans son droit, la bourgeoisie, la philosophie, l'Église. L'Église, notre sainte mère, n'a rien perdu de ses augustes prérogatives. Le cœur de l'homme, voilà son royaume. Les esprits seuls sont à nous, et la vie du corps est réglée par les chartes et les édits. — Mes amis, je vous ai amené ces dignes et savants clercs que bien connaissez. (Montrant ceux qui sont entrés avec lui.) Ils pensent COmmC
nous. Eux et leurs camarades, ils veulent désormais se nourrir du même pain.