‹ Abélard; drame inédit. Publié avec une préf. et des notesChapitre 65 sur 164 · IIII.AIKK · texte numérisé non relu

IIII.AIKK

3Ioi!.. hélas! Eh biorr?

0 mon Dieu!

ABKLAKD.

HILAIRE

Il met sa tète dans ses deux mains.

Mais.... qu'est-ce donc?... Afon cher Ililaire, viens près de moi, dis-moi tes peines.... qui peut te troubler ainsi?... Parle, tu sais que je t'aime comme un père.

HILAIRE, dans les bras d'Abélard.

0 mon père, mon père, pardonnez-moi. Jo ne puis lien vous dire.

ABÉLAKD.

A moi? à qui donc le confieras-tu?

Je n'ai rien à vous dire.

Mais ces larmes?..

HILAIBR.

Je ne sais, toutes les fois que je parle de ma cousine, j'ai bientôt envie de pleurer.

C'est étrange.

O mon maître! je voudrais que vous la vissiez une l'ois. Si vous saviez comme elle est belle! si vous saviez comme sa voix est douce et saisissante! comme dans sa bouche la vérité, la science, la poésie deviennent puissantes et bar-

monieuses! 0 mon maître! vous êtes bien beau et bien grand, vous m'avez vu palpiter et pâlir, alors que j'écoutais vos leçons ; et votre voix m'a tenu comme frappé d'un charme pendant des heures entières. Je vous admire, mon maître, et je crois entendre en vous le prophète sur la montagne. Mais vous.... vous ne me faites pas pleurer!

C'est étrange. — Cher enfant, calme-toi. — Et tu me disais que tu la vois rarement?

IIILAIKE.

Oui; je ne sais pourquoi Fulbert, le chanoine, qui est un homme dur et fâcheux, m'a interdit de fréquenter sa maison. Seulement, de loin en loin, je peux y venir, ditil, puisque nos liens de parenté l'exigent. — Maître, pourquoi ne voulez-vous pas y venir?

ABKLAKU.

Pour m'y suivre, n'est-ce pas? Nous verrons. Remetstoi ; je t'aime. Sois toujours confiant et sincère. — Tiens, ouvre ce volume, ouvre-le au hasard et lis.

Hilaire prend le livre et s'assied. Al)élard reste debout devant lui. m I.AIRE, lisant.

Justa precor: qute me nupcr priedata puolla est,

Aut amet, aut faciat cur ego scmper amom. Ah! nimium volai! tantum patiatur amari.

Audierit nostras tôt Cytherea preces!

Accipe, per longos tibi qui deserviat aimos;

Accipe, qui pura nôrit amare tide.

Si me non veterum commendant magna pareiitiiin

Nomina; -si nostri sanguiiiis auctor equos, Noc meus innumeris renovatnr campus aratris,

Tempérât et sumptus parcus utcrque pareiis ;

At Pluiibus, comites([ii(' novem, vilisquo ropcrtor,

Hoc l'aciant ; et, me qui tibi donat, arnor; Kt niilli cessura (ides; sine crimino mores,

Nudaque simplicitas purpureusiiue pudor.

Non niihi mille placent; non sum desultor amoris.

ïn mihi, si qua lides, cura perennis eris. Tccum, (|uos dederint annos mihi (ila sororum,

Vivere cohtingat; teque dolente mori!.. ^

H s'iiiTotc ot piiraît al)sorl)(''.

ABKLAKD, qui s'esl éluigiié do lui, à part.

Je n'ai jamais observé d'émotions pareilles à celle de cet enfant. C'est inexplicable. Quoi! la raison est souveraine, et cependant il semble qu'il y ait dans l'Iiommo (juclque chose en dehors de la raison. Cela ne devrait pas être pourtant. Ah ! que de choses qui ne devraient pas être! (onfriipp(.) Qui est là".'... Entrez!

Dittmar, Amauiy, Gauffioy entrent.

uir r.MAH.

Nous n'osions ouvrir; nous savions que vous élirz enfermé pour travailler.

ABÉLAUD.

Il est vrai, mais il faut se délasser quelquefois.

DITTMAK.

En vérité, le temps y invite. Ces premiers jours de printemps sont d'une douceur et d'un éclat.. !

Oui, ce soleil est beau.... je regardais tout à l'heure de ma fenêtre ses rayons briller sur mes arbres en fleui's.

GAUFFROY.

Puis, ce n'est pas tout à fait pour interrompre votre travail que je viens à vous. Vous m'aviez demandé un

188 ACIE niOISIÈMK.

extrait du Proslogmm d'Anselme de Oaritorbéry ** . Vous en paraissiez fort pressé, je vous l'apporte.

Il lui présente un manuscrit.

ABKLAKD.

C'est bon, mon clier Gautfroy.

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