‹ Abélard; drame inédit. Publié avec une préf. et des notesChapitre 64 sur 164 · I.'AMOUK. 1K · texte numérisé non relu

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Vous êtes seul ?

ItlLAIHE.

Oui, j'attendais le moment oîi vous daigneriez inteirompro vos profondes études.

Quel est ce livre?

HILATRE,

(]e livre?... Il est à vous.

ABÉLAUD.

A moi?... Donne. — Un beau livre, un fermoir d'or. Ali ! ce sont les poëmes d'Ovide ''. D'oii te vient cela?

On me l'a donné pour vous.

ABKLARI).

Comment! qui cela?

Vous vous rappelez qu'un de ces derniers jours, vous vous plaigniez de ne pas avoir les ouvrages des Romains, les poètes surtout; les moines n'en copiant presque pas. Je suis allé chez une personne qui, j'en étais sûr, devait avoir de ces livres-là....

ABKLARD.

Et cette personne, je la connais? elle me donne....

HILAIRE

Oh! non; vous ne la connaissez pas, vous ne voulez pns la connaître. Je vous ai parlé d'elle quelquefois....

Enfm?...

\m ACTE TROISIÈME.

L'oncle vous a bien prié souvent de venir chez lui ; il le souhaite encore. C'est une maison oîi vous êtes si admiré !

ABÉLAKI).

Oh ! je sais.... un chanoine. Et il m'envoie ce livre?

HILAIKE.

Ce n'est pas lui; c'est.... sa nièce.... ma cousine.... celle a qui vous avez refusé de donner des leçons !

Mais, je te le demande, suis-je fait pour complaire à de telles fantaisies? Et elle a de ces livres? elle les lit?

HILAIRE

Elle les sait par cœur. — J'ai pris cette occasion de retourner chez elle, n'y allant plus que bien rarement. J'ai dit que vous souhaiteriez avoir un Ovide. Alors, prenant ce volume sur une sorte de dressoir à tablettes de chêne ornées de feuilles de trèfle sculptées, et oîi elle met ses livres : « Si mon oncle le trouve bon, m'a-t-elle dit, je prierai votre maître d'accepter ce livre comme un gage de l'admiration d'une pauvre jeune fille qui aime la science. »

ABKLARI).

Elle me connaît?

HlLAlKE.

Jamais elle ne vous a vu ; je lui ai montré tous mes cahiers, et votre ouvrage : de Propositionibus et Syllogismis Catégoriels ''.

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