Ministère du 6 septembre
viii PRÉFACE.
qui l'écoutait, tout intellectuelle qu'elle fût, dans le monde du xii® siècle. Les plus instruits eussent été dépaysés tombant de plein saut au milieu d'une leçon de scolastique, et des plaisanteries pédantes et gauloises des écoliers. Il voulait d'ailleurs que la science et le sérieux ne perdissent point leurs droits sur une œuvre qui , parce qu'elle est amusante, pouvait sembler frivole. C'était un portique austère dressé devant le temple plus orné, plus brillant. Sans doute, une telle explication est moins nécessaire pour le lecteur plus attentif et mieux prévenu, que pour l'auditeur de salon ; sans doute, le moyen âge est mieux connu, et la scolastique pas plus que les autres sciences n'a échappé aux vulgarisateurs ; enfin mon père, dans un ouvrage historique et philosophique, a contribué à populariser le nom d'Abélard, ses malheurs et sa doctrine. C'est à ce livre * que le lecteur doit recourir, s'il veut apprendre ce qui est seulement indiqué dans le drame, et comparer la fiction à la réalité. Pour que la clarté soit complète, il n'est pas indifférent toutefois de faire précéder cette publication par quelques-uns de ces éclaircissements qu'un manuscrit de mon père et mes souvenirs de lectures plus récentes me permettent de reproduire tels qu'il les donnait en causant avant de lire. Je rejette à la fin du volume des notes destinées à expliquer, à justifier les citations.
1. Abélardf sa vie, sa philosophie et sa théologie, par Charles de RÉMUSAT, Nouvelle édition, 2 vol. in-8». Didier 1855. — La première édition a été publiée chez Ladrange en 1845.