ANALYSE D£ L'ACTS DE FOI
jectures, et se justifie par elle-même aux yeux de nos lecteurs, nous devons d'abord établir quelques principes sur la part respective de la raison et de la foi dans les diverses méthodes théologiques.
Aux yeux de tout historien impartial, l'Église n'a jamais varié dans son appréciation des rapports de la Raison et de la Foi. Quelle qu'ait été sa méthode d'enseignement pendant l'ère apostolique, pendant l'ère patristique, pendant l'ère scolastique, elle n'a jamais sacrifié la raison à la foi, ni la foi à la raison ; elle a pu demeurer longtemps sans définir exactement leurs droits et leurs devoirs réciproques, mais elle ne les a jamais méconnus ni confondus. Aujourd'hui, ces rapports, malgré leur complexité et leurs nuances délicates, sont parfaitement déterminés, grâce au travail des scolastiques. Nous allons en donner une analyse succincte.
« La foi est une vertu surnaturelle par laquelle, avec l'aide de l'inspiration et de la grâce de Dieu, nous croyons vraies les choses qu'il nous a révélées, non pas à cause de la vérité intrinsèque des choses perçues par les lumières de la raison, mais à cause de l'autorité de Dieu luimême qui nous les révèle, et qui ne peut ni se tromper ni nous tromper (1). »
(1) Concil. Vatic, ConstiU Do jjrtna^/ cap. m.
On peut distinguer,* dans l'acte de foi, le sujet et l'objet de cette vertu.
L'objet est double, il est matériel ou formel. L'objet matériel, ou proprement l'objet de la foi divine et catholique, c*est tout ce qui est contenu dans les saintes Ecritures et dans la tradition, et tout ce qui est proposé par l'Eglise comme vérité divinement révélée, soit p£^r un jugement solennel, soit par le magistère ordinaire et universel (1).
Par objet formel de la foi, les théologiens entendent le motif de la foi, c'est-à-dire la raison pour laquelle l'intelligence humaine accepte les vérités révélées.
Le sujet de la foi, c'est l'intelligence humaine aidée par la grâce et la volonté libre.
Quelle est donc la part respective de la raison, de la volonté et de la grâce dans un acte de foi ?
Trois motifs peuvent entraîner l'assentiment de l'esprit et lui faire accepter la vérité qui lui est proposée ; ce sont : l'évidence immédiate de cette vérité, ou bien l'évidence médiate acquise parle raisonnement, ou, enfin, l'autorité de celui qui parle. De ces trois motifs, un seul peut déterminer l'assentiment qu'on nomme acte de foi : c'est l'autorité même de Dieu révélateur. Tel est
(1) CoDcil. Vatic, ibid.