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LE BAL

02 LES ARTISTES CÉLÈBRES ce point, celui-ci s'était échauffé, était sorti, et la délibération avait été remise à un autre jour !.

A une séance suivante, Abraham Bosse s’était encore retiré, cédant à son impatience, parce que l’Académie n’avait pas voulu examiner à fond et sur l’heure son différend avec Le Bicheur. Une autre affaire lui était suscitée par Errard, qui l’accusait de s’être servi de ses propres dessins dans un traité, Des Proportions des plus belles figures tirées de l'antique. Errard demandait à ses collègues leur arbitrage qui lui était gracieusement accordé.

Entre temps, l’Académie trouvait indispensable de confirmer à Abraham Bosse ses titres de conseiller et d’académicien honoraire; mais elle lui rappelait qu’il n'avait pas remis son ancien brevet, signé par Martin de Charmoïs, brevet qui devait être remplacé par un autre, émanant de la compagnie elle-même. Abraham Bosse tenait à conserver cette pièce dont la formule lui était plus favorable. L'artiste ayant refusé d’obéir aux ordonnances de l’Académie, la querelle s’envenima. Abraham Bosse continuait d'envoyer des lettres et des libelles offensants, et ses procédés ne laissaient pas que de causer quelque division parmi les académiciens. On prit la résolution d’en finir avec lui. Comme il ne s'était point soumis, après des avertissements répétés et quelques démarches venant de ses amis, l'Académie tint une assemblée générale, en mai 1661. Elle annula la lettre d’agrégation qu'il avait reçue, révoqua « toutes les grâces et faveurs qu’elle lui avait ci-devant accordées », et ordonna, en outre, de ne plus recevoir et de ne plus lire les écrits qu’il adressait à la compagnie. e

Cette exclusion était une mesure sévère. Les collègues d'Abraham Bosse lui infligeaient un affront que son tempérament intraitable ne pouvait souffrir qu'avec peine. Revenons au procès, pièces en mains. Le graveur avait évidemment tous les torts ; ses collègues s'étaient montrés remplis de longanimité à son égard.

On a toujours envie de condamner ceux qui ont recours, dans leurs démélés, à des polémiques irritantes. ]1 n’est guère facile de défendre Abraham Bosse ; il nous reste à formuler des réserves à propos des accusations qu’Errard et Le Bicheur avaient dirigées contre lui. Le professeur de perspective de l’Académie était assez riche de son propre fonds pour m’avoir rien à emprunter aux autres. Peut-être y avait-il eu ren-

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