‹ Abraham CowleyChapitre 111 sur 429 · Cf. le testament de Cowley · texte numérisé non relu

Cf. le testament de Cowley

dant conseil 56. Le 14 mai 1663, Evelyn note dans son Journal : « Dîné avec Lord Mordaunt, et de là à Barnes, pour rendre visite à mon excellent et savant ami, Abraham Cowley » 57. Il s’y rend de nouveau le 2 janvier 1664 pour prendre de ses nouvelles 58, Lorsqu’il publie, en 1666, la seconde édition de son Kalendarium Hortense, il le dédie à Cowley, et après lui avoir dit : « Monsieur, ce calendrier des jardins est vôtre, en souvenir de l’honneur que vous lui avez fait, lorsque vous avez bien voulu interrompre vos plus nobles transports, et trouvé ce livre digne d’être transcrit par vous. », il le loue de sa vie retirée, de sa solitude sagement agrémentée de livres et de méditations : « et par dessus tout des amitiés choisies et savantes dont vous jouissez : qui ne voudrait, comme vous « cacher sa vie ? » 59. Et Cowley le remercie par une longue lettre, moitié en prose, moitié en vers qui paraît dans le livre d’'Evelyn, après l’épitre dédicatoire, et qui figurera parmi ses propres Essais sous le titre The Garden. Le 12 mars 1667, Evelyn le prie de composer une ode en l’honneur de la Société Royale, pour accompagner le livre de Sprat :

Supposez que votre excellent ami soit en train de publier des éloges de la Société Royale et, en étudiant ses premiers progrès et les avantages de son dessein, veuille lui attirer quelque respect dans le monde ? Mr. Cowley ne se sentirait-il pas inspiré ? La couronne la plus héroïque ne viendrait-elle pas ceindre ses tempes ? Pourrait-il souhaiter un sujet plus noble ou plus fécond, pour les airs les plus harmonieux et les plus éclatants échos, pour les notes les plus douces ou les plus vives de sa lyre pindarique ? 60,

L’intimité de ces deux hommes ne nous étonne pas. Evelyn nous apparaît comme un esprit curieux, réfléchi. Les problèmes les plus divers l’intéressent, et la science surtout l’attire. Mais la culture antique a sur lui une prise égale et fait de lui un humaniste raffiné. Enfin, l’amour de la nature familière lui donne le goût des jardins : autant de traits qui rappellent Cowley. Seulement, grâce à sa fortune, il peut réaliser ce que notre poète a dû

56. Lettre conservée au British Museum (Stowe Ms., 755, f. 13).

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