Evezyx. Diary and Correspondence, pp
se contenter de convoiter. C’est bien ainsi que l'essai The Garden nous le représente :
Tu es heureux, toi qui as reçu de Dieu Le choix total de ton propre bonheur :
Encore plus heureux, parce que tu as reçu La sagesse, et que tu fais le meilleur choix.
Au point de vue littéraire, l'amitié sur laquelle nous sommes le mieux renseignés est celle d’une femme, Katherine Philips, l’incomparable Orinda. Cette amitié date peut-être d’avant la Restauration, du séjour de Cowley en Angleterre, entre 1655 et 1659. Nous avons déjà parlé de la visite d’Orinda à Barn Elms, et de son ode sur la retraite de Cowley, où elle s’applique à pindariser selon les règles données par le poète. Après avoir quitté la capitale, elle va passer quelques mois à Dublin, et là elle a la fierté de recevoir des poèmes inédits de Cowley qu’elle s’empresse de faire circuler. Elle écrit à Poliarchus (pseudonyme de Sir Charles Cotterell dans la « Society of friendship » dont elle était l’âme) le: 20 août 1662 pour lui annoncer l’envoi de sa tragédie Pompey, « et, parce qu’il n’y a rien là de très tentant, je vous enverrai quelques traductions de Virgile par M. Cowley » 61.
Nous !la voyons suivre de très près les publications du poète car, dès le 13 octobre 1663, elle déclare ne pas se fier au jugement populaire sur Pompey, « croyant, avec Mr. Cowley, que les créatures de la scène (c’est-à-dire les pièces) sont soumises au hasard aussi bien que tous les êtres », claire allusion à la préface de Cutter of Coleman Street qui venait de paraître 62. Elle fait plus; elle s'intéresse d’une manière active au sort de Cowley, et fait agir en sa faveur ses nobles relations. A la fin d’une lettre adressée à une mystérieuse « Berenice », nous trouvons en effet : « Je suis très heureuse du succès de Mr. Cowley, et je m’y intéresse au point de remercier votre Grâce pour la part que vous y avez prise » 63. La lettre est datée « June 25, Priory of Cardigan » sans
61. Letters from Orinda to Poliarchus, London, 1705 (publiées par Bernard Lintott), p. 68 Ce point est mentionné par E. Gosse dans son article déjà cité sur Orinda (p. 249).