À Discourse by way of Vision... (II, p
beaucoup détestent son nom, et lui reprochent cet acte comme un crime 16.
Fouiefois, une vertu aussi proche de l'idéal que celle de Brutus est exceptionnelle et difficilement recommandable. Cowley, soucieux de tailler une morale à notre mesure, fait résider, après Aristote et Horace, la vertu dans le juste milieu. Il ne veut pas nous fixer de but impossible, mais nous apprendre à réaliser l'équilibre harmonieux de toutes nos facultés et leur emploi judicieux 17. Il ne s’agit pas pour nous d'accomplir de grandes actions; la vertu ne s’entoure pas de bruit ni d'éclat. Caton, Aristide étaient des hommes vertueux, et ils jouissent de la vraie gloire qui est « l’ombre de la vertu » 18. Mais la perte de leur bonheur a été la rançon de leur élévation morale. Ne cherchons donc pas à atteindre les plus hauts degrés de la vertu. L'imperfection de notre nature nous condamne à la médiocrité. Fuyons l’ascétisme. Comme tout excès, il est stérile, et même nuisible. Salomon, le plus sage des rois, refusa tous les plaisirs, jusqu’à ce que la sagesse d’en haut fut venue l’éclairer, et l’eût persuadé que la trop grande austérité est presque aussi éloignée que le vice de la vertu véritable. L’ascétisme est une violation du but suprême de la vie humaine, l’équilibre. C’est une passion à laquelle sa sainteté n’enlève pas son caractère funeste de passion 19.
Comme il déteste le sectarisme religieux, Cowley haït le sectarisme moral, la tyrannie des esprits entiers. La morale est à ses yeux une tendance générale de notre être vers le bien, c’est-à-dire l’obéissance aux lois divines, plutôt qu’un code de règles rigides. Et de même que, en matière de dogme, la raison doit nous préserver des excès, elle doit nous guider ici vers les solutions moyennes où notre nature imparfaite trouve son épanouissement le plus complet.