‹ Abraham CowleyChapitre 140 sur 429 · In Imitation of Martials Epigram (I, p · texte numérisé non relu

In Imitation of Martials Epigram (I, p

11. O fortunatus nimium.. À Translation out of Virgil (II, p. 409).

Statuts de son « Collège philosophique » il note que la tenue morale des professeurs sera strictement surveillée, et que si l’un d’eux devient une cause de scandale, il sera expulsé 12. A table, la conversation ne devra jamais dégénérer en libertinage, et deux < arbitri mensarum » veilleront à ce qu’elle ne s’égare pas. JI admet difficilement la nécessité d'enseigner la danse aux jeunes gens : elle lui semble faire un appel trop direct à la vanité. La mode l’impose, il la tolère donc, maïs on leur en apprendra juste ce qu’il faut pour donner aux mouvements l’aisance et la grâce.

Enfin, ses préoccupations morales se font jour dans la foule des préceptes et des maximes dont il parsème sa poésie, dans ses Poeticall Blossomes surtout, et l’on peut sans doute penser qu’il a eu le souci de complaire à ses maîtres de Westminster, toujours préoccupés de dégager des textes une leçon morale. En bon écolier, Abraham s’exerce à modeler des sentences. Il est bon de se résigner, dit-il par exemple :

For to remember Sorrowes past away, Is to renew an old Calamity.

Hee who acquainteth others with his mone, Addes to his friends griefe, but not cures his owne 13.

Mais moraliser n’est pas seulement pour lui un devoir d’écolier: c’est un devoir supérieur qu'il s'attache à remplir dans toute son œuvre. Il veut exercer sur le public une influence salutaire en lui rappelant les grandes règles de la conduite chrétienne. Il dresse ainsi tout un code de maximes de sagesse pratique, bien banales d’ailleurs le plus souvent : l’aide de Dieu, dit-il, est toute puissante; le châtiment céleste est terrible; malheur à l’homme quand le ciel se courrouce; mesurons nos désirs à nos forces; n’ayons souci que des choses qui en valent la peine; résignons-nous à l’inévitable; ne remettons jamais au lendemain ce que nous pouvons faire le jour même; sachons que la grandeur ne fait pas le

12. À Proposition for the Advancement of Experimental Philosophy, I, D250% 1 1 p.253; 0 12;"p; 207:

13. Constantia and Philetus, v. 315 et 317. Cf. encore Pyramus and Thisbe, v. 216; On His Majesties Returne out of Scotland, v. JUL Ep 47); A/Vote, st. 11 (IL, p. 50), etc.

bonheur: la vertu brille dans le malheur; on n’apprécie vraiment le bonheur que lorsqu'on a été malheureux 14.

L’abondance de ces aphorismes nous permet de croire que ce n’est pas seulement le devoir qui pousse Cowley à les répandre ainsi à pleines mains. Il prend plaisir à cette prédication. Moraliser a été pour lui, dès l’origine, un besoin de sa nature, une manifestation, instinctive au début, puis toujours plus consciente et plus voulue, de son respect de l’ordre et des conventions sociales. C’est à ses yeux un devoir de bon chrétien, mais c’est aussi

un plaisir que de se faire le champion de la vertu.

En quoi fait-il au juste consister la vertu ? Nous le devinons plus qu’il ne nous le dit. Cependant nous savons qu'il distinguait, avec une rigueur quelque peu scolastique, deux espèces de vertus: les unes se traduisent par des actes, et peuvent être appelées morales; les autres sont intellectuelles, et s'expriment par les paroles et les écrits. Tout grand homme, c’est-à-dire tout homme vraiment vertueux, les a pratiquées l’une et l’autre 15. Vertus morales et vertus intellectuelles prennent également leur source dans une vertu idéale d’essence supérieure, qui consiste à obéir aux lois que Dieu nous a dictées, à développer notre être dans le sens marqué par lui. Il se peut que nous ne puissions la saisir, et que nous prenions parfois pour un forfait odieux ce qui est vertu suprême : ainsi Brutus assassinant César accomplissait un acte éminemment vertueux, car il défendait la cause sainte de la liberté. Son mérite était d'autant plus grand que celui qu’il devait tuer était César, son ami et son protecteur. Et cependant

14. Dav., I, v. 411 (1, p. 252), et III, v. 596 (p. 339); The Plagues of Egypt, st. 11, v. 2 (1, p. 224); À Paraphrase on an Ode in Horace’s Third Book. st. 5, v. 11 (II, p. 442); À Paraphrase upon the tenth Epistle of the First Book of Horace, v. 43 (II, p. 417); Love Given over, st. 1, v. 5 (I, p. 151); Dav., I, v. 622 (I, p. 257); Of Greatness (II, p. 431, 1. 20); To the Bishop of Lincoln.…., v. 40 (I, p. 29); Ode. Upon His Majesties Restoration and Return, st. 11, v. 10 (I, p. 427).

Cf. encore, Dav., IN, v. 205 (p. 329); IV, v. 124 (p. 368) et v. 382 (p. 374): To Mr Hobs ({, p. 190); Of Wit (I, p. 18); To the Royal Society, st. 5, v. 19 (I, p. 450).

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