P. Lecouis. Marvell, p
99. Cf. Dav., IL, v. 70... et note 7, p. 307; v. 42, p. 285, et note 3, p. 306.
100. Ce développement sur l’amour a pour base l’amitié de Jonathan et de David. Voici ce qu’il pense de cette amitié :
s'attache à le limiter. Il le restreint d’abord au mariage. Tous ses amoureux, celui de The Mistress comme les autres, ont comme seul but l’hyménée 101, Si les sens doivent jouer un rôle dans l'amour, qu’ils obéissent aux lois du mariage. Même là, cependant, Cowley réduit au minimum la part du corps. Pour lui, le moment d’exaltation suprême de l’amour est celui du premier aveu. David et Michol se marient en eux-mêmes, d’une manière plus pure et plus vraie que le jour de leurs noces 102. Même du mariage Cowley se défie. N'est-ce pas une confession de sa pensée profonde que nous trouvons dans ce passage de ses Essais où, parlant de la grandeur, il dit :
… We enter into the Bonds of it, like those of Matrimony; we are bewitcht with the outward and painted Beauty, and take it for Better or worse, before we know its true nature and interiour Inconveniences 103.
C’est donc une aversion à la fois instinctive et raisonnée de l'amour sous toutes ses formes qui en détourne Cowley. L'amour l’effraie par sa puissance. Avec humour, il nous confie dans un de ses Essais qu’il aime en toutes choses la petitesse, et que, pour cette raison, il espère bien échapper à cette « grande passion » 104, Il voit dans l’amour une force irrésistible, capable de bouleverser en un instant toute une vie de modération et d’équilibre. Excessive par nature, elle ne peut faire naître que le désordre, et la raison devant elle est impuissante. Aussi, dans le rêve de sagesse de Cowley ne trouve-t-elle pas de place.
« Never did Marriage such true Union find,
Or mens desires with so glad violence bind:
For there is still some tincture left of Sin,
And still the Sex will needs be stealing in. » (Dav., IX, v. 104..., p. 286).
101. Cf., par exemple, Her Name (p. 135), où il déclare qu’il ne révèlera le nom de celle qu’il aime que le jour où elle le perdra pour prendre le sien: cf. aussi Bathing, p. 151, st. 6.
102. Cf. Dav., III, v. 844, p. 345. Cf. aussi II, v. 108, 109, p. 286.