‹ Abraham CowleyChapitre 223 sur 429 · C’est celle de R. West et R. Welsted, publiée à Oxford · texte numérisé non relu

C’est celle de R. West et R. Welsted, publiée à Oxford

28. Par exemple Ascham, Lodge, William Webbe, Puttenham, G. Harvey. Cf. SHArER. Op. cit., pp. 73-76.

29. Odes. To the Reader (Anderson’s British poets, vol. III, p. 577).

son est une vraie pindarique, divisée en quatre triades (qu’il appelle turn, counter-turn, stand), et reproduisant fidèlement par Sa Composition la division des odes de Pindare 30, Cowley trouvait là le parfait modèle du genre. Il ne l’a cependant nullement suivi, et nous ne pouvons voir dans ses Pindariques, comme le voudrait Schelling, un des emprunts les plus marqués qu’il ait fait à Jonson 31. S'il s’est souvenu de la tentative de son grand prédécesseur (et il semble difficile qu’il ne l’ait point fait), nous pouvons être certains que c’est pour le contredire, et non pour l’imiter. Ses intentions sont toutes contraires. Dans son effort de modernisation, il sacrifie la forme pour mieux faire revivre l'esprit de Pindare, alors que pour Jonson l’imitation est avant tout formelle.

Mais il est remarquable, et trop peu remarqué, que Jonson luimême a pindarisé consciemment dans une ode sans triade: chaque strophe est sans doute bâtie sur un modèle uniforme, mais l’audace du mètre est grande. C’est l’ode à James, Earl of Desmond 32. Cowley n’a rien écrit de plus délibérément pindarique. Rien ne nous autorise d’ailleurs à affirmer qu’il a délibérément suivi cet exemple. S’est-il davantage appuyé sur Ronsard ? Assurément, il aurait pu subir son influence et trouver dans son abandon de la triade un aliment pour sa propre audace. Toutefois des différences profondes séparent ses odes de celles de Ronsard 33.

En somme, toute imitation précise semble improbable. Sans avoir découvert Pindare, sans avoir été le premier à rivaliser

Page 1