‹ Abraham CowleyChapitre 224 sur 429 · F. E. ScxezuinG. The English Lyric, p · texte numérisé non relu

F. E. ScxezuinG. The English Lyric, p

32. C’est un effort vers le vers libre, qui n’est pas isolé, ainsi que le montre Shafer (p. 133 et sq.) et que nous le verrons lorsque nous étudierons la versification de Cowley. Voici le début de l’ode :

« Where art thou, Genius ? I should use

Thy present aid : Arise Invention,

Wake, and put on the wings of Pindar’s Muse To tower with my intention

High as his mind, that doth advance

Her upright head, above the reach of Chance, Or the times envy.

33. Ronsard, au lieu du vers libre, choisit un genre de vers isométrique et fort court, erreur bien pire que celle de Cowley. D’autre part, il conserve scrupuleusement l’élément grec du style de Pindare, toute sa mythologie. Voilà deux différences essentielles.

avec lui, Cowley a songé avant quiconque à l’adapter, et si l’instrument dont il s’est servi, le vers libre, avait déjà un commencement d'existence, ainsi que nous le verrons plus tard, l'usage qu'il en a fait était entièrement nouveau. Par la manière dont il a compris l’imitation de Pindare, il a vraiment créé un genre particulier de la poésie anglaise.

Ce genre, il en a fait lui-même un ample usage. C’est, après 1656, la forme poétique qu’il préfère. Ainsi, dans le volume qu’il publie en 1663, sous le titre Verses Written upon severall Occasions, sur seize pièces de vers, nous trouvons onze Pindariques : la proportion est significative 34.

L’ode pindarique se prête éminemment, en effet, à ses desseins. Parvenu à la maturité, il voit dans la poésie un véhicule pour sa pensée. Le temps des gageures comme The Mistress est passé; passé aussi celui de la fantaisie anacréontique. La conviction l’emporte désormais sur la convention. Il écrit sur des thèmes qui éveillent en lui un intérêt réel : il ioue l’œuvre de ses amis ou déplore leur mort 35; il célèbre en royaliste sincère la restauration du roi 36; il discute de littérature et de science 37, et surtout de philosophie et de religion 388.

La prédominance de cette dernière classe de sujets dans le recueil de 1656 révèle, nous semble-t-il, son intention profonde.

34. En ajoutant les Pindariques de 1656, celles de 1663, l’ode sur le mariage de Buckingham, deux poèmes originaux et deux paraphrases d’Horace publiés dans les Essais, nous atteignons le total imposant de 31 odes.

35. Cf. To Mr. Hobs, p. 188; To Dr. Scarborough, p. 197: Upon Dr. Harvey, p. 416; On Orindas Poems, p. 404; On the Death of Mrs. Katherine Philips, p. 441). Il faut mettre à part cependant les odes à Lord Broghill (p. 406), et sur la mort de Balcarres (p. 413), poèmes de circonstance traditionnels.

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