Lives of the English Poets, vol. I, p
naître d’un écrivain. La curiosité du lecteur est légitime tant qu’elle a pour objet la vie publique de l’auteur, maïs elle ne saurait exiger qu’il lui soit montré dans sa vie privée. Et cette théorie explique un des actes les plus critiqués de Sprat, son refus de publier la correspondance de Cowley. Les confidences de l’amtitié, dit-il en substance, l’aimable laisser-aller de lettres familières, ne sont pas faits pour être étalés au grand jour, pas plus qu’un homme ne songerait à sortir dans la rue dans la tenue négligée où il peut recevoir ses amis 3. Sprat a, sans doute, détruit les lettres de Cowley; s’il les a épargnées, elles ont échappé jusqu'ici à toutes les recherches, un hasard seul peut les ressusciter. Sans aller, comme certains critiques, jusqu’à le maudire 4, nous ne pouvons nous empêcher de déplorer ce rigorisme, car il nous prive d’un inestimable élément d'appréciation sur Cowley.
Ni les contemporains de Sprat, ni ses successeurs immédiats n’ont comblé les lacunes laissées par lui. Sans doute, les allusions à Cowley, les éloges ou les critiques de son œuvre, les notices biographiques même ne manquent pas, mais les faits nouveaux y sont bien rares, et ces détails dont les chercheurs de notre époque se montrent si friands sont passés sous silence par un siècle encore dédaigneux de la critique et trop peu curieux de connaître lPindividualité des écrivains dont il admirait les œuvres 5.
En rencontrant le nom de Cowley dans la liste des hommes distingués dont Anthony à Wood a tracé le portrait 6, nous pouvons espérer trouver chez lui ce qui manque ailleurs, car cet infatigable fureteur est l’ami des dates, lui, et de la recherche précise. Sa notice sur Cowley est, en effet, riche d’indications qui seraient