‹ Abraham CowleyChapitre 364 sur 429 · Yet all the watery plenty I bestow · texte numérisé non relu

Yet all the watery plenty I bestow

Is to my flame an oyle, which feeds it more. » (Constantia, v. 351, p. 18), conceit que nous retrouvons dans The Mistress (The Incurable, I, st. 4, p. 144).

26. Les yeux de Constantia « light beholders on their way to Love » (Const., v. 42, p. 8). Son chant aurait pu comme celui d’Orphée arracher son amant aux enfers (v. 161, p. 12). Cf. aussi le début de l’élégie sur Littleton, p. 55.

corrections qu’il apporte, en 1636, à l’édition de 1633, le montrent à la recherche des complications gratuites 27. Il reste que la vogue de Donne l’a certainement encouragé à persévérer dans cette voie où le portait son instinct, et que, l’exemple du maître lui donnant le courage d’oser, il s’est appliqué de plus en plus consciemment à développer dans son œuvre la formule métaphysique.

Seulement, il l’applique dans la mesure de ses moyens, et c’est pourquoi il reste toujours en deçà de son maître. Il va dans le même sens, mais pas aussi loin. Il nous en donne une image affaiblie, assagie.-C’est que sa personnalité n’a pas la puissance de celle de Donne. Son intelligence et son imagination sont l’une et l’autre moins vigoureuses. La finesse subsiste, mais la force manque. Il ne se trompait pas quand il avouait « j’aime la petitesse en toutes choses » 28,

D'autre part, et c’est la cause première de son infériorité visà-vis de Donne, nous ne sentons dans ses vers aucune passion. Disparus, l’enthousiasme et l’intensité qui nous transportaient à la lecture de Donne. Il a remplacé l’ardeur par le sérieux, mais sa conviction, même profonde, reste froide et sans élan. Au lieu d’un révolutionnaire, s’enivrant de sa liberté conquise, nous croyons entendre la voix calme d’un homme raisonnable qui trouve naturel de jouir de cette liberté. L’un part fiévreusement à l’assaut de l’idée; l’autre l’examine d’un air curieux, au microscope. L'un étale un individualisme despotique, l’autre s’efface derrière son sujet, et se réfugie dans le général. Il semble que Cowley répugne à parler en son nom. Ses vers n’ont que rarement un accent d'intimité. Même quand il emploie le langage de la scolastique, Donne reste un poète lyrique. C’est toujours de lui-même qu’il parle. Cowley généralise, écrit des poèmes sur des idées pures, sur l’espérance, la destinée, la gloire. Il annonce le poête philosophe du dix-huitième siècle, et prépare l’Essay on Man. Il ramène la poésie métaphysique à l’impersonnalité. Nous retrouvons

27. Cf. sur ces corrections, l’étude de Grosart dans sa Memorial Introduc-

tion aux œuvres de Cowley, p. XxxVII1).

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