D. Massox. The life of John Milton, vol. I, p
Noël et à Pâques; la plupart habitent loin et ils hésitent à entreprendre un voyage pénible, périlleux parfois, pour un temps relativement court. D’ailleurs Abraham, en sa qualité de boursier, jouit de moins de liberté qu’un étudiant ordinaire 6, et l’on peut dire, que, depuis son entrée à Westminster School, il n’a guère vécu chez lui. Sa vraie famille, c’est l’école d’abord, puis l’Université.
Au sortir de la discipline stricte de l’école, il a dû éprouver à Cambridge un sentiment de libération. Malgré les règles encore nombreuses qui limitent ses initiatives, il est beaucoup plus libre d'organiser sa vie comme il lui plaît. Sans doute, il reste prisonnier du collège : quand il va aux classes de l’Université, c’est sous la conduite d’ur moniteur; il ne peut sortir en ville que si un maître ès arts l’escorte. Et même lorsqu'il sera devenu bachelier ès arts, il ne pourra franchir la porte à sa guise, un autre B. A. devra toujours l’accompagner 7. Mais le collège est le plus grand de l’Université, et Abraham est sûr d’y trouver chaque fois qu’il le désire un ami prêt à converser ou un livre à lire.
L'emploi du temps de sa journée, tout chargé qu’il nous paraisse, lui laisse un assez grand nombre d’heures pour son travail personnel. Le matin à cinq heures, la cloche l’appelle à la chapelle, puis, après avoir récité les prières chez son « tutor », il va prendre son déjeuner dans sa chambre. Il se rend ensuite, de six heures à neuf heures, aux classes réservées aux étudiants du collège, et, de neuf à onze, à celles qui s’adressent à tous les membres de l’Université. À onze heures, il dîne dans le Hall. Dans l’après-midi, de une heure à trois, il peut aller entendre dans les salles de l’Université, les « declamations » ou « disputations » réservées aux étudiants avancés. Maintenant, il est libre jusqu’au service du soir à la chapelle. Après le souper, qui a lieu à six heures dans le Hall, il rentre dans sa chambre et travaille à sa guise 8.
6. Par exemple, il est obligé de rester au collège pendant le trimestre d'été. J. VENN. Early Collegiate Life, p. 229.
7. G. Peacocx. Observations on the Statutes of the University of Cambridge, p. 4.