‹ Abraham CowleyChapitre 73 sur 429 · Cité par AscoLi. Op. cit., p · texte numérisé non relu

Cité par AscoLi. Op. cit., p

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Aussi s’est-elle bien réduite, la cour de la pauvre Henriette- . Marie. La misère, la lassitude, diminuent sans cesse le nombre de ses fidèles, et les Français ne la fréquentent guère. « Quasi personne n’allait visiter ni la reine d'Angleterre, ni le roi, son fils. Il y avait de grands seigneurs Anglais qui avaient suivi la destinée de leur prince et qui composaient leur cour », note, dès l’été de 1649, M”° de Motteville 54. Lorsque, dix ans plus tard, Sir John Reresby va rendre ses devoirs à la reine-mère, il la trouve presque seule au Palais-Royal, et il est d'autant mieux reçu, dit-il, que peu d’Anglais avaient la même attention 55. Les émigrés ont donc vécu, le premier moment d'enthousiasme passé, en marge de la société parisienne, repliés sur eux-mêmes dans un demi-isolement.

Nous comprenons, dès lors, comment et pourquoi nous n’avons sur les rapports des exilés avec les milieux littéraires français, aucun renseignement précis. Ils ont dû être, somme toute, assez restreints. Le livre dé M. G. Ascoli a mis en lumière la nature du très vif intérêt que prenait à cette date l’opinion publique française aux évènements d'Angleterre 56. Elle suivait passionnément les vicissitudes tragiques du drame où se jouaient les destinées de la Maison des Stuarts, et les malheurs d’Henriette-Marie lui paraissaient d’autant plus émouvants que la princesse était fille d'Henri IV 57. Mais tant du point de vue sentimental que du point de vue politique, les Français ne s’intéressaient guère qu’à ce qui les touchait ou pouvait les atteindre, et la masse de la nation anglaise, les émigrés mêmes, leurs hôtes, leur restaient indifférents.

De fait, les Mémoires du temps que nous avons étudiés se préoccupent uniquement de la reine, des princes. et des maîtres de la politique anglaise. Nous n’y trouvons mentionné aucun des écri-

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