CHAPITRE IV
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Sprat laisse entendre que, de retour à Paris, Cowley redevient secrétaire de Lord Jermyn : « … Il s’aventura à revenir en France, et y demeura, dans la situation qu’il avait autrefois, jusque peu avant le retour du roi » 1. Que Jermyn ait désiré le reprendre, et que Cowley ait envisagé avec joie son retour à ses anciennes fonctions, cela ne paraît pas douteux. Mais des obstacles très graves ont surgi qui semblent avoir interdit à Jermyn, pendant de longs mois, de se servir officiellement de Cowley.
On n’a pas oublié, dans l’entourage du roi, l’attitude suspecte du poète, et les phrases malheureuses de sa préface de 1656 sont dans toutes les mémoires. On le considère comme un renégat, sinon comme un traître, et on le lui fait durement sentir. Il n’est pas autorisé à baiser la main du roi. La Cour lui est fermée, et Jermyn, malgré sa puissance, ne peut empêcher sa disgrâce. Le bruit s’en répand en Angleterre, et les amis de Cowley s’émeuvent. Un certain colonel, Robert Whitley, écrivant à Sir Edward Nicholas, le 9 mars 1659-60, rapporte que Sir William Davenant, causant avec deux parlementaires et un intime de Monk, racontail « comment le roi avait refusé de donner sa main à baiser à Mr. Cowley, malgré les sollicitations de Lord Jermyn qui le lui présentait »…. 2.
Cinq lettres précieuses, trouvées dans les manuscrits de Thomas Carte par l’historien C. H. Firth, éclairent d’un jour nouveau toute cette question 3. Elles nous montrent le désarroi de Cowley et la gravité des accusations portées contre lui. Le 26 décem-