‹ Abraham Du Quesne et la marine de son tempsChapitre 16 sur 32 · XXII · texte numérisé non relu

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Du Quesne passa les derniers mois de l'année 1679 à Toulon, donnant ses soins aux radoubs, à l'examen des bois de construction et de mâture , et préparant avec trop de lenteur, nu gré de M . Colberl, qui, au milieu de l'année 1680, la lui demandait du ton de l'impatience, sa théorie de la construction des vaisseaux. Elle embarrassait un peu Du Quesne ; car il sentait tout le poids de la ponsabilité qu'il accepterait en donnant des principes cl des mesui qu'on allait peul-élre adopter tout d'abord, au moins pour la struclion d'un vaisseau de chaque rang. Si ses vaisseaux ne réussissaient pas mieux que ceux des maîtres Hubac, Chapelle, Coulomb, Poumet ou Biaise l'angolo — un charpentier napolitain que M. Colbert avait fait venir d'Italie sur sa réputation, — tous ses ennemis, tous les envicui se dresseraient contre lui , et sa renommée en recevrait un choc fâcheux. Il travaillait donc sans hâte, examinant dans les radoubs qu'il faisait exécuter les défauts à éviter, et s'instruîsant pour instruire les autres. Au reste, M. Jean Cabaret, à qui l'on avait demandé, comme à Du Quesne, un mémoire sur les constructioDS, no se pressait pas non plus de l'achever, ayant probablement les nié craintes que le Lieutenant général, qui pourtant avait fait un assez important, faisant construire par le fils de maître Chapelle modèle de vaisseau conformément à ses principes et sur les propoi^ lions qu'il avait fixées. Ce modèle , il voulait l'emporter ou Teuvoyer à la Cour, où il serait soumis à l'examen du Roi, de M. Colbert et de M. de Scignelay, cl à la critique des officiers de marine qui seraient u à la suite de Sa Majesté " . De son calé , M. de Tourville faisait construire à Rochcfort un vaisseau de petite dimension, maîi plus grand qu'un modèle, qui^ démonté et toutes ses pièces nui rotées, devait Être porté « en fagot d de Itocbefort au Havre Grâce, et de là à Saîut-Cloud. Là, on devait •'. le charger sur voitures pour êlre transporté à Versailles, Louis XIV voulant se donner le plaisir de le voir monter, border, peindre, dorer, mater, gréer, voiler, et enfin prétendant s'y embarquer avec sa Cour et se promener â bord sur le rand canal. M. Colbert avait eu, nous V

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MARINE DU XVIl- SfbCLK.

déjà dit (tome I", p. 53!), et ci-dessus, p. 46), avait eu la pensée de doDiier au Roi cet amusenieut afin de le familiariser un peu avec les détails de la marine et fortifier le goill qu'il avait montré pour ces choses (l'un si puissant intérêt. Ce n'était ni du temps ni de l'argent perdus. Pendant la paix , porter le Roi à s'occuper des arts et de la marine , que pouvait faire de mieux le Ministre ayant à lutter sans cesse contre M. dcLonvois, qui s'affectionnait le [toi par la guerre? M. Colbert faisait venir d'Italie des chefs-d'œuvre de toutes sortes, encourageait les artistes français mis sous la direction savante et féconde de M. Charles Le Brun, introduisait dans l'arsenal de Toulon Puget, dont il achetait le Milon et le Diogène et à qui il commandait une série de dessins représentant des vaisseaux de toutes les grandeurs, des navires de toutes les formes, collection destinée au cabinet de Louis XIV et que ne composa pas tout entière le grand sculpteur. Un artiste de talent, peintre de marines, dont P. Mignard estimait les ouvrages, M. Jean-Baptiste de La Rose, entretenu au port de Toulon en quaUté de maître peintre, faisait sa part de ces dessins sur vclin, et ses ouvrages n'étaieut guère inférieurs à ceux de Pierre Puget. La Rose n'avait rien à réclamer pour son travail, étant maître entretenu ; Puget , lui , que sou devoir comme sculpteur des poupes et des proues des vaisseaux ne forçait point à faire œuvre de dessinateur et de peintre, demandait 150 livres pour chaque dessin que M. Arnoul croyait pouvoir payer 100 livres seulement. Le 21 avril 1679, MM. La Rose et Puget ayant achevé chacun six dessins, l'Intendant se proposait de les envoyer à la Cour u collés sur K les planches oîi ils ^ avaient été faits, <■ vu que de cette manière » le velin > devait rester ci toujours tendu '>'. (Arcb. de la Marine, Lettre de P. Arnoul, 21 avril 1679.)

^ Au commencement de l'année 1679, — ne pouvant tout dire A la fois, nous sommes ohligé de revenir souvent sur nos pas, — M. Arnoul avait eu la pensée de faire construire un bassin ou forme, en bois, dans laquelle ou devait bâtir des vaisseaux, Celte forme pouvait être fermée, et vidée au moyen de vis d'Archimëde. Il voulait qu'elle resiât à flot; et, de Paris, M. de Seignelay lui objectait que son fond ne serait pas assez solide pour porter une masse comme celle d'un vaisseau , et qu'il fallait la couler quelque part dans le port. La réponse à l'objection était fort simple : » Qu'on \ tasse son fond assez solide. :i M. de Seignelay, dans son voyage, !S aioDS prié do ce M. U Rojc, tome I", [ngc 5U.

"vil celle forme doot VaubsD avait approuvé la pensée, et j M. Arnoul de la couler ; il dil cependant , dans une lettre du ". vrier à Du Quesne, qu'il fallait examiner et ne se décider qu escient. Du Quesne trouva que le bassin aérait à refaire complètement , et qu'il valait niieui lui donner pour buse et point d'appui le sol du port. II fut coulé en février 1680.

=^ Lorsque le sort de M. P. Arnoul fut décidé, Du Quesne, avait localement fait tout sou possible pour sauver l'Intendant , soi (|ea à le remplacer par un homme expérimenté et d'un caractère q le m respecter par tout le personnel du port et des vaisseaux.

B L'on écrit de Paris, dit Du Quesne au ministre (24 novembre 1671 quE l'on doit envoyer à Toulon im autre lateadant que le sieur Amoaltl j'ai cm devoir prendre la liberté de vous dire, pour l'inlérét du serviae i Roi , que j'ai toujours remarque par eipéricncc que le noviciat d'ui daul, qui ne conooCt ni le terrain ni la mer, coûte toujours fort cher d Hoi, et que celui-ci (M. Arnoul), ayant présentement reconnu tous Ih défauts où il pourroil tomber, s'en donnera de garde à l'avenir plus aisé* ment qu'un autre qui seroil tout nouveau. Que si pour d'autres snjela • {plaidoyer in exiremis tout à fait honorable pour l'avocat) « voua le voolei dier d'ici, je crois. Monseigneur, qu'd n'y en a point qui puisse mïeni réussir, dans un port oi'i il y a cinquante vaisseaux de guerre, que le lieor de Vauvré , par les marques qu'il a données de sa capacité et de sa drn*

M. Colbert avait prévenu les désirs de Du Quesne et leur donnt satisfaction le 26 novembre. Ce jour-là il annonçait à M. de Va»ï vré , Intendant de la marine à Dunkerque , que le Roi lui donnai rinteudaDce du port de Toulon. On remplaçait à Dunkerque M, Vauvré par M. Desclouzeaux. M. Jean-Louis Girardiu de Vauvr était frère de M. Pierre Girardin , conseiller au Parlement de Parii J qui succéda à M. de Guilleragues, mort & son poste d' Ambassadeur J à Constantinople, en mars 1684, ainsi que nous l'avons dit cî-dM sus, page ^% '.

■ MM. Piem et JuD-Louii Ginniin éUiént Gli de U. Pitrrc Oirardin, conHilIlfl lecréUire du Roi, et d'Anne da VilJiiui. Ut aiaient pour Mm UU. Pierre 0inrdj^__^ CDniciller du Itoî en lei conicili, Licalenint civil de la prciflé el Ticooilé de Ftr^.:;^ et CUnde-FrançoIi Gînrdin, rhevilier, leignear do L^rf, colonel d'un régiinea^^

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UARINE DU XVII" SliCLB. 351

= OuaDd il était à Paris (de janvier à la lin d'octobre 1670), Ou Quesne avait travaillé à arranger ses aCTaires domestiques. Il possédait une terre peu considérable, en Bretagne, dont il voulait se défaire; sur la vente de cetle terre seigneuriale, le Roi devait toucher des droits qui lui étaient attribués par la coutume. Du Quesnc demanda à Louis XIV de ne pas diminuer le produit de son bien , s'il le vendait, en prélevant ce qui revenait à la Couronne. Le Roi oe refusa pas, cl, le 30 septembre 1679, lui accorda el fit dou •< des droits de lots et ventes et autres droits et devoirs seigneuriaux qui lui pourraient être dus (au Roi) pour ta vente, adjudication par décret ou autre mutation de la terre de Rieux , Prillac et Pachouic (?) et dépendans. pour jouir par ledit Du Qiiesne desdits droits, aux clauses et conditions portées par l'édit du mois d'avril 1669 » . Cela [(S'enrichissait pas beaucoup Du Quesne , mais au moins témoignait da bon vouloir du Roi pour le Lieutenant général des armées navales. Content do ce côté, Du Quesnc eut heu de ne l'être pas d'un autre. M. Colbcrl régla son entretien à Toulon à un prix qui blessait sa dignité et ses intérêts, et lui inspira ce billet qu'il adressa, le 19 décembre, au Ministre :

" Afeï agriïable. Monseigneur, que je. vous dise que l'entretien qu'on m'offre ici, suivant l'état, qui est quatre cents livres par mois, me fait lionte, me réduûant à l'auberge, où je n'ai jamait été du Itmpt que je m'diou qite capitaine el Chef d'etcadre. Et ccpEudanl après avoir eu l'honnenr de commander les escadrea el armées des vaisseaux et galères du Roi, je suis réduit eu leur présence ù faire à cet é<{ard une fort mauvaiee figure; aussi oul-ila de quoi tenir leurs range " (lea officiers gëuérauj) u avec cinq cents écus par mois, quoiqu'ils n'ùent |)as readu de ptua longs services ni plus utiles que moi. Il est vrai que le Roi m'a fait une gratification considérable >• {nous allons dire ce que c'esl) ; « mais il est vrai aussi que je n'en ai pas encore joui et que je n'en jouirai pas encore sitôt. C'est pourquoi , Monseigneur, ayez la bonté de me procurer que mon Jtat-major, qoi m'est payé à la mer, me soit payé dans les ports, en y ajoutant les appointements d'un secréloire dont j'ai absolument besoin,

Ml coDMili, el de daœo Frsnjoite ChevreiD (RegiiU^ de Siinl-Eusliche). \\. da Vaniré mourul le 39 leplenibre I TS4, en IB maison, nia Sûnl-Vielur, i Paria. San Corpi, présenl^ d'abord i Sainl-Nirolu du Chardonnel, fut parlù su fouiorI de* Minlniu de [s place Royale • pour j i\ie inhumé B«ec les ancêtres ■ . L'bcIb mortailra, rédigé à Saint-Nkolu du Ghardonnet, dil le défunt kgé de TT ans. It >mit dont? né vers 1617 \ noua n'avons pas trouvé l'acte de Son bapti'iue- Madame Louise BeUiniui;, leucc de U. de Vaucrc. mourut le 37 avriJ ITSâ , t,<gée de 87 ans (Mtr^ tun de Frioict). — • On a appris qae le sieur GIrardin , ambstsaddur de France i *!■ Forte, élalt mort à CoDilanlinople. • (ComHi de France, 3 iiril 1089.)

ABRAHAM DU QVESNE,

(grande dans un 'ofCciers qu'elle c

pour salisfaire à vos ordres. La juste raison celte demande, <:'eil que la dépense esl plui il y a cinquante valâseaiix et ^rand nombre i la mer, >.

La réclamation élait fondée ; elle fut «^coûtée , et le Iraitement Du Ouesne fui porté à mille livres par mois, ce qui élail conveni La >! gralili cation considérable n àiaquelle le Lieutenant «jénéralfaii allusion, élait le don que lui avait fait le Roi ' d'une somme de cent mille livres, qui devait élre employée à l'achat d'une grant propriété , el qu'on ne loi compterait que lorsqu'il se serait fiïè sur le choix de la terre dont Sa Majesté le voulait propriétaire. Ce choii ■l'était pas fait encore. Sa femme et lui avaient jeté les yeux sur un bien appartenant à madame de Bellenave, qui consentait h s'en défaire , mais (jui en voulait un prît: que n'y pouvait pas mettre Du Quesue. L'affaire ne se décida pas vite , et nous en verrons plus tard la conclusion.

1^ Ne quittons pas l'année 1679 sans mentionner certains qui , pour n'avoir pas une grande importance , ne sont cependi point sans intérêt. Le 1 il janvier, le Roi enjoignit par nance à tous les officiers qui étaient hors des ports u sans congé de s'y rendre incessamment • , voulant que ceux ■ qui auront oéj n de s'y rendre entre ci el le mois de juin prochain soient rayés de » sus les listes, o Et à l'égard des années suivantes, Sa Majesté déi rail vouloir que tout oRicier, dans les trois mois au plus lard , aprS^' avoir eu connaissance du port où il devrait servir, se rendit dans ce port, " sous peine de cassation. " (Arch. de la Marine, Ordre du Roi, fol. 37.) Ceci n'est-il pas curieux, et n'avons pas eu raison dire que le Roi, ce despote qu'on représente comme Jupiler tonni disant, avec une autorité qui ne souffrait ni contredit ni retard' « Ainsi je le veux, ainsi je l'ordonne, que ma volonté soit tenue pi " la raison même » , n'avons pas été autorisé à dire que Louis n'élail jamais obéiî Ce délai de cinq mois donné , en 1679 , aux ciers réfractuires , ce délai de trois niois accordé aux mêmes officiers, pour les années suivantes , ne sont-ils pas d'évidents signes de fai-

1 Le don do dou> cent mille lierai fui fall par le Roi , le i aoill , à Du Qae LoDii XIV put, i Sninl-Geruiiiii, faire pari un Lienleoint g^n^iil de a tiK i ce injel Pour ans riiton qae noiti ignorons, il ne conciDl pai au prince qi acie de u muniGcence el de tu jusiirc Kx conna lonl de luito de la Cunr el A «illc; CODE TdI qu'au mais d'oclobre r\at le Mercure et U Gaiette eurent la pernd de l'aunoaccr, en lermes Irèa-brefa cl SKn ciplicationa.

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UARtNK DU XVI[° SIECLE.

blesse et ne monlrenl-iis pas que le Roi n'élail point parvenu encore h établir une discipline respectée daos le corps Ae ta marine? Où donc est ce pouvoir absolu , lyrannique , dont on fait honte à la mémoire de Louis XIV? Louis XIV, à la vérité, n'était pas le Roi irre»ponsabtc d'un gouvernement, et c'est son crime devant le bon sens des historiens modernes!

^ Pour récompenser At. le duc de Vivonnc des services qu'il rendait comme Général des galères, le Roi lui accorda pour son Gis, qui sortait à peine de l'enfance, la survivance de sa charge. Su Majesté gratiGait Louis de Itochechouart-Mortemart plus magnitiqucment encore à propos du mariage qu'il faisait avec mudemoiselie Anne- Marie Colbert, la troisième tille du tii'crétaire d'Étal, et lui donnait un million de livres, qui devait mettre le jeune ménage en bonne position, car ce million en valait plus de deux de notre monnaie. (Bibl. Nat., Ms. Clairambault, vol. 556, p. 302.) M. Colbert, (\ue louchait fort l'intérêt de ses enfants, recherchait l'alliance des Mortcmart, maison considérable où étaient de grands emplois et qui était avant dans la faveur du Roi, madame de Monlcspan régnant encore. Au reste, ce ne fut pas la seule union que sa prudence arrangea avec les Itochechouart; on le vil, en l(>H2, le 26 août, marier sou fils Jules-Armand, seigneur d'Ormoy, à mademoiselle Msrie-Gabrielle, fdle du défunt comte de Ton nay-C bu rente et de Vivonne, Jean-Claude de Rochcebouait. Jules-Armand Colbert avait un peu plus de dix-huit ans, au jour de son mariage, étant né le 17 décembre 1663. (Rcg. de Saint-Eustache.) SasœurAone- Uarie était beaucoup plus jeune lorsqu'elle épousa, le 14 février 1679, M. Louis de Rochecbouart, vrai mariage enfantin, où l'époux avait bien quatorze ans et l'épouse un peu plus de treize, car elle élaîl née le 17 octobre 1665. (Reg. de Saint-Euslacbe.)

Le 13 février 1679, M. le duc de Vivonne, Maréchal de France et Général des galères, comme survivancîer de son fiU, son propre survivcmcier, fut reçu au Parlement de Paris , et y prit place comme duc de Mortemurt. Le mémejour^ il céda son duché au marquis Louis, qui, le 1 i février, prêta entre les mains du Koi le sennent de fidélité dû par le Général des galères. Immédiatement après, son mariage fut béuî par Mgr l'évéque de \'oyoa. Dans l'après-dtnée, la jeune duchesse de Mortcmarl prit le tabouret chei la Reine , en présence de la Cour ; puis le Roi lui rendit visite chez elle , grand honneur f/u 'il faisait, dans la personne d'un enfant, aux Mortemart et

su ABRAHAM DU QUESKE.

aax Colbcrt, et qui dut exciler bien des envies dans le moni noblesse moins favorisée. Le 15 février, la Itcine alla v limiter aussi la petite ducbessc, qn'elle aurait pu trouver jouant à la poupée et qui jouait à la grande dame.

Leduc Louis de Mortemart , qui assista à quelques actions de guerre, comme commandant des galères et même comme commandant des vaisseaux, tomba malade en 1687, reçut les soius les plus tendres de sa jeune femme et mourut le samedi, 3 avril 1688, en son bôlel, rue Saintc-Avoye , et fut inhumé, le mardi suivant, ( âgé de vingt-cinq ans ou environ ■ , dans le chœur de l'église de Saint-TJicolas des Champs. (Rcg. de Saint-ïiicolas des Champs, n° 2i4i, fol. 130; Arch. de la ville.) Une note inscrite à la marge du folio 130 fait connaître que, le 7 avril 1690, Louis de .Mortemart fut exhumé et transféré dans la cave des Vivoune; on plaça Bon corps à côté du cœur du Maréchal son père. Celui-ci était murt àCbnilIot le 15 septembre 1688. Son corps avait été enterré dans l'église de Chaillot, et son CŒur avait été apporté dans la cave de la chapelle des Mortemart à Saint-Nicolas. Il avait repris la charge de Général des galères, après le 3 avril 1688, jour de la mort de son fils , que le Père Anselme , la Gazette de France, le Memire Fran^oà et l'acte inscrit â Saint-Nicolas des Chiuups, s'accordent à dire âgé de vingt-cinq ans, et dont nous n'avons pu trouver le baptistaire dans les registres de l'état civil de Paris.

ABn que dans la maison de Mortemart chacun eûtpart aux bienfaits du Boî, Louis XIV donna des lettres patentes portant u permission » à la duchesse de Vivonnc pour l'impression des nouvelles ordon- » nanccs touchant la navigation et le commerce maritime " ( 1" mai 167!)). Ces lettres furent enregistrées seulement le 2 février 1681. (Arch. Nationales, Ordonnances de Louis XIV, 21'vol.. coté PF FF, fol. 162; Bibl. Nat., et Ms. Clair., vol. 550, p. 201.) il est bien entendu que la duchesse de Vivonne lit argent de celle permission et qu'elle la vendit à un imprimeur, ne pouvant pas l'exploiter elle-

< Dini le privilège accorda pir le Roi 1 ii portant pcrmfuion d« faire imprimer par qai lingalière guqbs donnée k ui Vivoune du prjiil^ge de lidile ioipreiiiou . • l'introduire l'il était libre i clucun d'ioi Lorique Tut rédigée rordoanince . den c^da ion priiil^^e pour l'impreaiion d

ingt-buifans et trois mois

Barl alors avait vingt-buif ans et trois mois euviron ; il avait assisté à sii combats , digne petit-ljls et fils île Michel et de Cornil Bart, corsaires qui s'étaient rendus redoutables sur les côtes des Flandres, de lu Normandie et de la Bretufjae.

^ Voici deui petits faits qui feront comprendre quelle était U position des chevaliers de Malte employés dans la marine de l'Etal. Le 25Janvitir 1679, le Boi écrivit â son « cousin " le Grand Mdtre de Malte, pour le prier de permettre au chevalier du Mené, capitaine de vaisseau, de jouir du bénéOce que lui accordait un bref du, Saint-Père (Innocent Xl), lequel le dispensait " de la résldei 1' qu'il ^ devait n. à Malte " , lui permettant ^' de faire ses vœux 11 France et d'y prendre la commandcrie ». Le 17 février, Louis donna un congé au chevalier de Valhelle qui lui perm.eltait d'aller Borne et à Malle, « pour ne pas perdre son ancienneté dans l'ordre M. de Valbelle Gt son voyage de Borne pour s'agenouiller devant Pape, et revint à Malle, où il fil un séjour de quelques mois. AprJ cela, il alla prendre à Toulon le commandement d'une escadre trois voisseauK armés contre les Barharcsques. 11 entra eu campa^e le 18 décembre 1679. (Lettre de DuQuesno; Toulon, 1!) décembre. ^ M. de Chàteau-Beuault , qui avait toujours la garde-côte, ayant accompagné un certain nombre de navires marchands jusqu'j Cadix, était revenu à llrcsl sur le Diamant, qu'il avait désarmé toi de suite. 11 avait déjà renvoyé en France la Favorite, commandé^ par M. de Saint-Marc, et \a Diligente, que menait M. d'Amblimoat. Il avait laissé le Neptune, que commandait le chevalier de Lhéry, entrant dans le Tage et convoyant un grand bâtiment de commerce qui avait une voie d'eau. (Lettre de M. de Chàteau-Uenault ; Brest, 3 novembre 1679.)

^ La Fontaine avait fait dire par le savetier — le Blondeau la 21° nouvelle de Bonaventure Desperriers — au Goancier qui 11 demande :

Eh bien, que gocjnez-voi» , dites-moi, parjouméef — Tanidt plus , Isoldt moins ; le mal est que loujouj (El sans cela nos gains seraieul asseï honnêtes). Le mal est que dans l'an s'enlremélent di

Qu'il Tant châmer: on nous ruine en /étés; L'une fail lort a l'autre , et monsieur le curé De quelque nouveau saint charge toujours son pr6iie.

mut oa d'eOMignB. Les eammiuiana tipcMci ilaionl loujouri d»lfei du joor ^S uomîiiilioQ iet olRcien crééi ou promua.

n MAHtNE DU XVK* SlbCLE. 33T

Lonig XIV Tut de l'avis du savclier, loin de voir en lu! un insolent,

un liberlin (|ui raillait l'Église. Ce rapprochement est assez piquant ;

qu'on nous permette de le fuire voir. Le Roi écrivit à M. Pierre de

Neboux de La Brosse, évéque de Léon, le 25 février 1G79 : >■ Ayant

■ été informé que le grand nombre de Jétet qui sont observées dans « votre diocèse empêchent les habitants de gagner leur vie et fervent M souvent beaucoup moins à exciter leur dévotion qu'à les entretenir dans H leur fainéantise, et considérant d'ailleurs que mon service en souffre « par le retardement que lesdiles Fêtes apportent aux travaux que je V fais faire à Brest pour les armemens et équipemcns de mes vais- " seaux, j'ai bien voulu vous faire celle lellre pour vous exhorter par n d'aussi fortes considérations â en retrancber le nombre que vous n estimerez à propos, et vous SssurCr en même temps que vous ferei!

■ en cela chose qui me sera bien a<|réablc. ti

■ Monseigneur de Léon ne troova-t-il pas malavisé ce Roi qui se mêlait du spirituel de son diocèse ? Rclrancha-l-il quelques-unes des fêles qui proStaient surtout â la paresse et à l'ivro.'jnerie , et retar- * daienl les travaux du port de Brest? Nous n'avons pu le savoir; la Gallia ehriitiana, dans les quelques lignes consacrées à ce prêtai, ne fait point allusion à celte demande de Louis XtV ; il est permis cependant" de croire que Monseigneur déchargea son prône de quelques petits saints peu recommandés, pour ne pas déplaire au prince qui avait dans ses mains la feuille des bénéfices.

Le i" décembre 1679. Du Quesne avait écrit à M. Colbert : ■ Si "j'en étois cru, le Roi auroit toujours dans ce port " (Toulon) n douze vaisseaux de différenls rangs radoubés de charpente et « d'autres dépendances, prêts h donner carène et leurs magasins ■ fournis, v Celte pensée ne pouvait manquer de plaire au Ministre, qui se plaignait sans cesse des retards éprouvés par les armements. M. Colbert en parla au Roi, qui donna largement salisfactit^ au sentiment de Du Quesne; aussi, le 29 décembre, écrivait-il à M. Colbert : u J'ai vu avec beaucoup de joie l'intention de Sa Majesté que » non-seulemeni douze vaisseaux fussent toujours prt^ls et leurs n magasins aussi , mais que tous ceux qui sont dans ce port le soient I) également ; ce qui la redouble davantage, c'est que je verrai, quel- 1 que jour de ma vie , le Koi bien servi dans ses ports, n

358 ftBRâHAll DU QUESSE.

M. Colbert, lorsqu'il annonra à Du Quesne que le Roi avait réglé ses appointements >■ sur le pied de mille livres par mois pendant <i qu'il scroit dans les ports ", lui dit : •'A l'égard du voya<|c que n vous avez fait à Toulon et de celui que vous ferez à Port-Vendres K pour exécuter les ordres de Sa Majesté , Elle vous accordera une n (jratillcation à votre retour. i> (Lettre du 3 jauvier 1680.) Le voyage que devait faire Du Quesne à Port-Vcndres était important. Du Quesuc avait missiou do voir si ce petit port pouvait être asset agrandi pour pouvoir contenir les trente galères de France et rece- voir au besoin quelques vaisseaux des derniers rangs, Du Quea satisGt aux ordres du Roi à ce sujet ; mais, quant alors, Porl-Vendn ne subit aucun changement. La dépense pour créei galères devait être si considérable qu'on ne devait pas songer ti cbarger le trésor celte année, ni peut-être de longtemps.

= M. le marquis de Grancey étant mort le 30 septembre 1679, ' la charge de u Chef d'escadre de Poitou et de Saintonge ■> restait vacante, Le Roi en donna la commission, le 26 janvier 1680, i M. le comte de Sourdis. Une promotion assez nombreuse eut \iêt^ dans tous les grades; parmi les jeunes ofiiciers qui eurent des c missions d'enseignes de vaisseau, nous remarquons M. de Fricai bault et M. Du Quesne-Moros, que la plupart des documents ofliciell^ nomment mal h propos Du Quesnc-Monros. Ce Du Quesne était le deuxième fils du grand Abraham ; il avait prénom Abraham, comme flon père, et tenait le sumom de Moros de la terre de Moros qu'Abraham II avait achetée, le 21 janvier 1651, du capitaine David de Beaulieu, — nous l'avons dit en son temps. — Quant à M, de Fricambault, c'était Edme-Élic Certaines de Fricambault, un des fils de M. Pierre Certaines de Fricambault, Chef d'escadre, dont nous avons dit les services et annoncé la mort, qui eut lieu à Lagos le 4 juin 1666 (voyez I. I°',p. 400). M. Edme-Hlie de Fricambault, reçu enseigne aux Gardes françaises, le 4 janvier 1678, quitta le régiment des Gardes pour entrer dans la mariue, où le souvenir de son père pouvait lui être une bonne recommandation. Le 27 septembre 168* (il était lieutenant de galiote depuis le t" janvier 1684), M. de Vauban écrivit à M. de Pontchartrain , Ministre de la Marine , au sujet de ce lieutenant : <■ J'oserai prendre la liberté de vous faire^ B souvenir de M. de Fricambault qui est fort bon ofGcier, bien sage.^^ ■ et fils d'un homme illustre de mou pays, qui »l une chose l>i» « C'est pourquoi vous devez avoir la bonté de vous souvenir de loi. ]

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UTB'lrOI . MARtNE DC XVII" SIÈCLE. 3SH

Le cadre que nous nous efforçons de remplir de détails utile» pour rhialoire de la marine et pour celle des liommes qui se gi<jnalèreul |)ar de bons services et de belles actions, ne sera pas assez large pour que nous y fussions li^ijurer M, de Fricambault, après l'année I68IS qui bornera notre carrière; qu'il nous soit permis de résumer en peu de lignes sa vie militaire. La recommandation de U. de Vaubaii n'eut point d'effet pour lui, au moins immédiatement; le 1" janvier 1692, il St un pas dans l'avancement, et devint capitaine de galiole, — il s'agit <Ie ces galiotes à bombes que nous verrons bientôt figurer dans la flotte française. — Un an après , jour pour jour, il eut une commission de capitaine de vaisseau. Le 3 avril 1693, à la première promotion de cbevalicrs de Saint-Louis, faite par le Roi qui venait de créer l'ordre, il reçut la croix, fort enviée, et le brevet d'une pension de 800 livres, qui, le 2i aoilt 1699, fut portée à 1501) livres. Ln registre des chevaliers de Saint-Louis, gardé aux Archives de la marine , note que M. de Fricambault était CBlropié d'une main ' . i\oua savons dans quelle occasion il mourut ; ce fut à Vigo. M. le comte de Chdteau-Renault, Vice-Amiral du I.e van t depuis la mort du comte de Tourville (1701), avec une escadre considérable de vaisseaux français, Jointe à une escadre espagnole, ramenait en Europe la flotte des galions d'Espa<|ne, lorsque, près d'atterrir, il apprit, par un navire olonnais capturé, qu'une forte armée nnglo-butave tenait la mer sur les côtes d'Espagne et de Portugal el attendait probablement la flotte des galions. Cadix était le port que l'armée bispano-française devait aller chercher, comme celui où les galions allaient toujours aborder, mais il n'y fallait pas songer pour le moment. M. de Cbàteau-Rcnault se trouvait très au nord de l'Espagne, et sa pensée fut d'aller se réfugier dans le port de Brest. L'Amiral espagnol et son conseil s'opposèrent à ce projet et déclarèrent vouloir aller à Vign, dont la baie et la rivière pouvaient recevoir tout le convoi. Le Vtce-Amîral de France fut contraint de se rendre et entra dans Vigo '. Il mouilla les galions loin,

■ M. Edme-Ëlie de PriraisluDll 0%'>il perdu un« main, le 30 toit 1691, dîna le combit saDlcDD par le csiasesu VHnimr, loai [et ardrei de M. àea Vnnct. contre EBD l>iliineQl hollandsia de Sfl cidodi. cointut qui Ooit pir l'iaceDdie du liollaadsii, d«Dl nne paiiie de l'ëijDipage Tul au|ée, el l'anlre, in noiabra de 107 hommea. fut

2 M. Eugène Sue di[ que M. de Cbilean- Reniait lyml éli chargé ■ d'aller au- deianl de la Dutte du ltUii[|ue pour la coDVOfor, a'acqnilla de celle miiiian nvee m taccii el la coiiduiiil. juirunr Iti ordrti qaU arell nçniÊdi Ui Cour, m Galitt, nu

au fond de la rivière, cl les couvrit par une ligne de vaisseao' guerre, pendant qu'on munissait de canons une ballerie à l'en du port et ({u'on mcllail sous les armes une milice cspa^ole-, aguerrie et d'ailleurs peu nombreuse; pendant aussi qu'on icamait tur l'tnién'ear de î'Eipagne l'or iht galions, que s'obstinent toujours à vouloir repêcher ceux qui ne veulent pas croire à la vérité des let- . 1res de M. de Cbàleau-Kennull. Pour défendre la première ligneA vaisseaux, on établit une eslacadc flollanle, composa de mâts, ehatnes, de câbles, et soutenue par des tonneaux vides. Entré dam* la rivière le 27 septembre HOâ, le Vice~Amiral était prêt, autant qu'il pouvait l'être, à recevoir l'ennemi qu'on signala le 20 octobre, et qui ne parut devant Vigo que le 23, au point du jour. Deux vaisseaux, VEipérance et le Bourbon, commandés par de braves officiers, MM. le comte de la Galissonièrc et de Mesmond , placés aui deux extrémités de l'estacade pour en interdire l'approche , tirent le premier feu , se battirent éuergiquement , mais ne purent empêcher que l'estacade , rempart impuissant contre de grands vaisseaux que poussait violemment un vent fort secondant la marée , ne fût rompue. Le combat devint alors général, ardent et acharné; il dora deuï heures. Le Fort, que montait M. le Vice-Amiral, XOriflamme, commandé par M. E.-E. de Fricambaull, le Prudent, dont éUfM capitaine M. de Chamiliart, et le Solide, où commaudait M. jjfl Champmeslin, étant en première ligne avec l'Amiral espagni^A eurent la plus grande part à l'action. Mais M. de Chàteau-Ketioult

• port il l'ijo. . La Conr □ itait pu donné rel ordre , nftii bien celui de conduire lei gallDn) • leur poK ordioiire, \>*a% une lellre conuriM *ut Archiit» de li Uiriae. le Viire- .Amînl nroate camiDcnl U enl la main tonie par l'.lminU «tpagnel, qaand «ou iolenliiMi ëtail d'aller à Breil (Campagoef, 170i). U. Henri Uarlin dil (Hiti»iTtJtfrtm€€)nutU Cnuiil lU C«ttilU nfua i U. de CUleati-Hcnaiilt l'aatoriutiaa de ronduire ta gilioDi en Fnnce; le ConHÏl de Catlillc ne Tul pour rien dani la délermioalioD <\ut prit Is général tran^ut. Li cbote fnt déluUue i U mer; l'Aminl «pagnol dil qa'il dmit lanmellne ini orfieien rontpouDl «in ciinteïl de gncrrr la proposition de l'.lminl rnD;aii. el qa'il répondrait le lendemain. Le lendemain, ta réponse fui quo wn cantejl eUit d'avif d'entrer dam ta niiénr de Vïgo. Let pniteMalioni de M. de Châleau-Henanll n'i pnrenl rien, ri l'obilinalion des Eiptguolt fol ciUH dn cniel éiénemenl qni «lùu bien rW a l'Eipagne el à la Vrann. HDD qte tant ce que porlaicnl In ^lîoni tiil prit par 1« Angtaif . car on aiaîl èneui nr le Maire de t'Kipagiw nne partie dei ricliei car^iioDi leuanl de \' h malériet BoIUnl. prit on déiniil. fnt une perle (ooaidénbte pour le* deai CI mnna. Quinae on WÏM mille piaitrea appartenani à U Krance furent «nssi [ pillé» par de* Eipagnol* qoand 11. de Gaatioet let TaJaUl porter dani l'ïa (Documenta dp la Uarioe.^

r9-IT01 MARINK on KVII* SIÈCLE. Sfll

ïif bientdt qu'il ne pouvait espérer de résister nu Dombrc el à la force des Anglais et de leurs associés les Hollsudaisi i) envoya l'ordre à tous les capitaines d'évacuer leurs vaisseaux et de porter à terre tous leurs équipages, ne laissant en parlant qu'un petit nombre d'hommes pour inellro le feu aux navires. Cet ordre fut exécuté; personne ne resta sur les bâtiments que gagnait l'incendie; un seul homme ne put ou ne voulut pas se sauver, M. de Fricambault, qui gaula avec l'Oriflamme quand le feu eut gagné sa soute aux poudres. Mort généreuse ou malheureuse, qui fut d'autant plus remarquable qu'elle fut unique dans l'escadre française , — nous n'oublions pas , bien entendu , les morts laits pendant le combat. — M. de Fricambault fut vivement regretté par M. de Château-Renault. Sa perte ajouta â la douleur que ressentit ta marine d'un désastre qui lui coûta quatorze vaisseaux et un brillât. Ces quinze navires ne furent pas tous brûlés, six seulement périrent par l'incendie: ie Fbrt, YOriJIamme , le Pndent, le Solide, la Dauphins, qu'avait amenée M. du Plessis-Liancourl , et le Faivri, brûlot, qui s'accrocha au Vice-Amiral rouge de l'escadre anglaise. Six vaisseaux furent pris : le Ferme, VAauré, le Modéré, le Bourbon, le Prompt et le Triton; quatre s'échouèrent et coulèrent bas ; VEipérartce, le Volontaire, la Sirène et le Superbe. Le Solide communiqua l'incendie au Contre- Amiral d'Espagne et à la Daupkine ; l'Amiral espagnol Drûla son vaisseau pour ne pas le laisser aux mains des Anglais.

= Retournons eu arrière sans trop nous excuser pourtant d'avoir fait en avant un pas de vingt-deux années, qui nous a permis de donner sur la triste affaire de Vigo des renseignements certains qui ne se trouvent guère ailleurs qu'ici.

M. Colbcrt et M. de Seignelay, pour obéir aux volontés pressantes du Roi sur te chapitre des conversions des protestants, multipliaient, en 1679 et au commencement de 1680, les ordres aux Intendants qui, par des promesses de gratilications, d'avancements et de pensions , et aussi par la crainte qu'éprouvaient les ofBciers de la " religion prétendue réformée » , — comme on disait , — de perdre leurs emplois , obtenaient quelques retours à l'Église romaine. Mais ils agissaient avec modération. Us déclaraient bien que ceux des récalcitrants qui, dans trois mois, n'auraient pas renié Calvin et ses doctrines seraient privés de leurs grades ; ces menaces n'étaient guère suivies d'effet, car en 1681, 1682 et même plus tard, on veit des capitaines, des lieutenants et des enseignes, menacés

3fl3 ABRAHAM DU QVESNE.

en 1679 et 1680, encore sur l'état et figurant dans les équipages des vaisseaux. On écrivait à M. de Demuin , Intendant de Rocheforl, qu'il u ne saurait trop s'appliquer aux conversions » , mais on ajoutait qu'il devait <i prendre garde qu'en donnant i pour les emplois, Il la prÉfÉrence aux catholiques, le service n'en souffrit, n observer de ne les préférer que lorsque leur capacité étoit à pat > près égale à celle des matehti et offideri de la R. P. fl, n On as] rail à conquérir les protestants , mais on ne voulait pas afïaiblir états-niajors ; modération politique.

Du Quesne était un des hommes émtuents par leur mérite, li charges ou leurs services, dont la conquête tentait le plus le M. Colbert avait fait maintes tentatives sur l'esprit du Dieppois pour le persuader d'entrer dans l'Eghse romaine ; Il n'avait rien obtenu. Louis XIV ou son Ministre pria-t-il fiossuet d'essayer de convertir Du Quesue ; ou bien, poussé par ce zèle ardent qu'il mettait à tontes les choses qui touchaient à la foi, Bossuct allu-l-ildroil à Du Quesne pour lui montrer, à côté des avantages terrestres que lui ofTrait sa conversion, le péril que courait son àme s'il ne cédait pas aux raisons que le Prélat regardait consciencieusement comme absolument vraies? Voilà ce que nous ne saurions décider. Ce qui est certain, c'est que Du Quesne eut au moins un entretien avec Bossuet : il eit difficile de dire précisément à quelle époque; mais nous soi porté à croire que ce fut en 1619, pendant le long séjour que Lieutenant général fit à Paris. Le I" février 1680, M. Colbert ayant dit à celui-ci ; u J'ai rendu compte au Roi de la lettre que vous i> m'avez écrite le 20° du mois dernier; Sa Majesté est s&tisfaite des 1 services que vous lui rendez, et vous pourriez vout attendre à tùm I les grâces auxquelles vous pouvez prétendre, si les exclusions QI « VOLS vous DOKMtz n'empêchoicnl Sa Majesté de vous en faire de pit» l' grandes, auxquelles je souhnilcrois bien, je vous assure, de voua " voir parvenir. ^. (Arch. de la Marine; Dépêches, 1680, folio 63.^ Du Quesne répondit, mais seulement le 20 février, ayant voulu sai^ doute réfléchir avant de se prononcer :

ii Monseigneur, j'ay reçeu la lettre que vous m'aués fait l'bonn^^ "> de m'écrirele 1" de ce mois, où vous me dites que, sans les exc::;,!^ n sions que je me donne, je recevrais des grâces du Roy au del^w « mes prétentions.

» Je croyois que puisqu'après avoir exposé les principaux at>. • de ma religion à M. l'évéque de Condon [sic), il les a app>y^ '''^

t, et

leox^H Roi^^H

{ue U^^l

f à Dieu ce , qui estes zélé pour la

IflSO UARINE DU XVII* SIÈCLE. 363

K comine eslant d'une doctrine chrétienne et conforme aux bonnes ,ii mœurs, et que le seni delTaul qu'il y trouve est seulement que je ■ n'en crnis pas assez, cela ne devroit pas, ce me semble, m'avoir ' ■ attiré ces eiclusious ; et, sans blesser le respect que je vous dois, .1) l'on pourroit dire qu'il y a aussi bien scandale pris que scandale m donné; et puisque c'est le commandement du Seigneur de rendre 9 6 César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à 91 Dieu, César, sans doute, ne trouvera pas mauvais qu'en luy ren- » dant religieusement ce qui luy est dâ, l'oi ')> qui lui appartient. Et vous. Monseigneur i«. gloire du Itoy. considérez, s'il vous plaist, que rien n'est plus « capable de l'augmenter et faire cognoislre sa générosité à toute la f terre que le surcroît des grâces que Sa Majesté fait à ceux qui la ji servent bien, et cela même fortifie le zèle que ses sujets ont pour •f son service. — Je suis avec beaucoup de respect. Monseigneur, a votre très-humbie et très-obéissnnt serviteur. Du Qubsnb. i f Celte lettre remarquable ' , donl la signature seule est autographe, et dont le corps nous paraît être de la main de M. Henri Du Quesne, ne donnait pointa M. Colbert d'espérance pour l'avenir, il est probable que Bossuet, évéque de Condom ou de Meuux, ne se tint pas pour * battu et qu'il recommença ses instances lorsque Du Quesne reparut k la Cour; efTorts inutiles, éloquence perdue! Du Quesne persista dans sa foi, persuade qu'il en croyait assez, quoi qu'en pensât M. de Condom.

= Le 4 février 1680 on décida à Saint-Germain l'armement d'une escadre que commanderait Du Quesne; elle serait composée ainsi : le Florissant, — à la demande du Lieutenant général, il fut remplacé ^axXe Saint-Esprit; — \e Ferme, donné au marquis d'Amfrevitle, Chef d'escadre, qui devait avoir sous lui comme capitaines MM. d'Aligre, de Roussel et de Champigny; le Fortuné, capitaines, MM. Saint- Aubin d'infreville , Des Francs et de Ferville; l'Heureux, mené par UM. de Saint-Amans , de Salampart et de La Roque-Persin ; la Bien- L ^imie, frégate légère, capitaine, M. Colbert de Saint-Marc ; l'Espion, I .Jinilot, conlié au brave Uonnorat; enlin i' Avenant, fidte conduite r par le capitaine Faurc. (Ordres du Roi, 1680; Arch. de la Marine.) Si les autres vaisseaux avaient trois capitaines, le Saint-Esprit

* Notu rivooi publia, pour la première roii, page 1032 ds aoire Diclioiuiaire ■ thliqiit dé tiograpkit tt tkiiuiri. Noai la couununiqD^ei, il f a ptaiienn annéet, L A U. Ploqad, qui l'tKcnpait alon d'une Hiilelrc ée Botiurl.

3» ABHAHAU DU QUESNK.

étaîl encore mieui parlagé. Outre Du Quesne, premier capîlaine , il avail M. de La Moite, second capitaine, M. du ChalnrJ, capitaine en Iroisième, et cnlin M. Du Quesiie-Guiton, quatrième capilnine. (Ordres du Ilot, et Ictl. de M. de Saint-Geniès à M. Cabart de Villermont, Bibl. Nat., Ms. Dan^eau.) Od multipliait ainsi les capitaines, — et l'on lit souvent de même pour les lieutenants et les enseignes, — afin que les orCcierg allassent le plus souvent possible à la mer pour perfectionner leur éducation maritime ; système excellent , qui lit de très-bons capitaines et en grand nombre.

Du Quesne, avant de s'embarquer, se rendit à Porl-Vendres pour étudier la question qui lui avait été soumise pnr M. Colbert. Quand il eut 6ni son examen, il pensa pouvoir aller à Paris, et, le 30 mars, écrivit à M. de Sei<|nclay que telle était son intention. Par deux lettres datées des 8 et 15 du mots d'avril, M, de Seignelay lui ordonna de retourner à Toulon , tes vaisseaux qu'il devait commander pouvant être prêts à faire voile à la fin du mois. Il s'était mis en route sans tenir trop de compte de la première lettre du Ministre, et il reçut la seconde à Lyon, où probablement elle lui fut envoyée de Toulon. Le 23 avril , il y répondit de Lyon que, par des lettres du 13 avril qu'il avait reçues, il avait appris que les vaisseaux seraient prêts seulement dans le courant du mois de mai, bien qu'on y trtf*' vailldt avec toute la diligence possible.

u J'aurois eu le letops, suivant la permission de la part da Roy vous m'en avez donnée par voire dépécbe du 8 janvier dernier, de venir rendre compte à Sa Majesté des observations qne j'anrois faites sur lei ouvrages à eiëculer au Port-Ventres , et de plus j'awoit, en trois jour», terminé mes affaires parliculiireg et changé l'état ruineux où je lei ai laiiléa en partant de Pari» suivant tos ordres pour faire le voyage de Toulon au commcncemeDl du mois d'octobre de l'année dernière. Cependant, Monscjjjneur , quelque préjudice qu'i'n rtçaiveut mes affaires . je vaii ob^ir et reprendre la roule de Toulon , bien persuadé que voua appuyerei de votre protection les sollicitations qui vous seront faites » (par madame Du Quesne sans doute) » en faveur de mes intérêts, n

Quant aux travaux à foire à Porl-Vendrcs , Du Quesne ajoutait qu'il allait faire un Mémoire « même dans le bateau , en s'embarn quant sur le RhAne " ef qu'il l'enverrait en Cour " en arrivant à » Valence, avant que d'aller à Saint-Gervais pour voir l'épreuve des » canons '' . Il finissait en suppliant M. de Seignelay de se rappeler u l'ordonnance qu'il lui a promise pour le voyage de Provence (en octobre 1679) u et la gratification de Sa Majesté pour li

a MAniNE DU XVII< SIÈCLE. 3S»

dépenses extraordinaires de celui de Porl-Vcndres, en même temps que « le mémoire et cerliGcal du sieur Arnoul » de ce qu'il lui retinl de son état-major, pendant la campagne èg mers de Sicile " et que 1 le Ministre lui promit n dans le temps de lui faire payer par le Itoi. • J'attends , dit-il , les effets de votre promesse , en ayant extrêmen ment besoin pour acquitter mes dettes avant mon embarquement « .

Dans sa lettre du 8 avril 1680, M. de Sei^nelay avait averti Du Quesne qu'il ferait -mal sa coum de venir à Paris, à présent, où d'ailleurs il ne le trouverait pas, lui Seignelay, devant partir dans peu de jours pour un voyage qui pouvait durer plus d'un mois. M. de Seisnclay allait à Blaye, ois. M. de Tourville, sou mystérieux correspondant, qu'il s'attachait chaque jour davantage, avait ordre de se L trouver le Q avril. (Lettre de M. de Scignelay à M. de Demuîn, H 14 avril.) De son calé , M. Colbert écrivait à Du Quesne : B 11 II eiil c(ë impossible que ïolib fuesie/ venn ici et que vous eiissieï eu

uiex de temps pour rendre comple an Rui de tout ce que vous avez vu au Port-Vendres , faire tout ce que vous cussiei eu à faire pour vos affaires domestiques et vous rendre à Toulon pour vous embarquer... Vou» éles assuré que vion Jtli et moi nous roui ilonaerona loules les aaiittaiirii dont toux aurei bctoin pour -cot affhirei domntiques , lorsqu'on nous enparlera. Ne »on0ez qu'à bien faire, et tâches lie rencontrer les galères d'Espagne pour les obliger à saluer les pavillons injèrieurt du Roi, et su surplna exécutez ponctuelle m en I tout ce qui est contenu dans voire iostruction. ■> {Arch. de U Marine, Dép(>ches, 20 avril 1680.)

»^ frois escadres avaient été envoyées à la mer ou s'apprêtaient à y aller, la première sous tes ordres du chevalier de Valbelle, la seconde sous le commandement de M. de Chàteau-Kenaull , la troisième enGn sous celui de M. le comte d'EDsIrées, à qui n'avait fait aucun tort apparemment son affaire des ilcs d'Avès. On le renvoyait en Amérique! Les cauipagnes dans ce pays-là lui revenaient de droit, cela semblait être convenu. Une Hotte espagnole , au mépris du traité de paix, avait enlevé, dans le golfe du Mexique, uu navire français; les plaintes du capitaine étaient arrivées en France, et le Koi, qui

» tenait au respect desconventionsfailes avec lui, avait ordonné l'armement à Rocbefurt de trois vaisseaux, trois frégates, une barque et uu brûlot, pour châtier les Espagnols.

M. d'Estrées, avant de se rendre en Amérique , devait participer

avec MM. de Cbàteau-ltenaull et de Valbelle à l'exécution d'un plan

à laquelle, de son côté, travaillerait Du Quesne, dont la part était la

I pjus considérable. Poursuivre avec plus d'activité encore que par le

iri

396 ABRAHAU DU QUKSNE. ISSOll

passé la giierrc failc au\ Barbaresques : Saléttns , Algériens et TripolUains, c'est ce qu'on voulait que fissent ensemble ou séparément le Vice-Amiral , le Lieutenant général et les deux Chefs d'escadre i qui l'on remettait l'honneur du pavillon et des armes de France sur l'une et l'autre mers. L'escadre donnée à M. d'Estrées — qui l'aurait voulu pins eonsîdérahie — (Lettre de M. de Seignclay à M. d'Estrées, 8 mars I6S0), était composée ainsi : l'Excellent, de 60 canons, sur lequel le Vice-Amiral allait mettre sou pavillon ; le Hatardeux, de 44 canons, monté par M. Jean Gabarct, Chef d'escadre; les Jeux, de 40 canons, capitaine, M. le marquis de Villctlc; la DiligerUe, frégate de 26 canons, commandée par M. Thomas-Claude itenard de Fuschamberg , marquis d'Amblimont; le Marin, frégate de 26 canons, capitaine, le chevalier de Flacourt ; la Tempête, aussi fréj{ate , capitaine , M . de Brèvedent ; la Belle, barque , capitaine , M. de Quinci; le Brutal, brûlot mené paj le chevalier de La Borde; ie Dromadaire, flûte, capitaine, M. La Vilaine. (Arch. de la Marine, Ordres du Roi, vol. 48, fol. 97.)

M. d'Estrées quitta Rocbefort le 30 mars 1680, et fit voile pour se rendre à Salé ; mais la tempête le iorça de relâcher dans le Tage. Il y trouva les vaisseaux de M. de Château- Renault, qui avaient plus ou moins souffert des violences du vent. L'escadre de M. de Ch4teau-Renaull avait été dispersée et ne rallia le pavillon de M. d'Estrées que vers le 20 mai. Elle comptait deus vaisseaux, trois frégates ou vaisseaux du cinquième rang et un brûlot, à savoir : le Français, du quatrième rang, que montait M. de Cbâteau-llenault ; tHeretile, commandé par M. de Langeron; la Mutine, capitaine, le .; chevalier de Rosmadec; la Fée, capitaine, M.de Itelingue; VÉiie lée, capitaine, M. de Montbron ; le Périlleux (devenu brûlot), capi— ^ taine, M. de Longchamps. V Hercule, la Mutine ell'ÉveiiUe avaxenl 61^^^^^ détachés par le Chef d'escadre, pendant la roule de Rocbefort à T côte de Portu<{nl , pour courir sus h quelques corsaires de Salé, 0^^ leur échappèrent, à la faveur des rames dont étaient munis ces V^ ^ bans, A ce moment la mer était calme et le vent mou. MM. d'Est^. et de Cbdleuu-Renoull regrettaient vivement qu'à Brest on n'eûig donné aut frè<{ates de l'escadre des avirons de galères, 'o^^.^ ' rames utiles pendant les calmes. (Lettre du comte d'Estrées ^ ~*k, *" Seignelay. 22 mai 1G80; à Sainte-Catherine dans le Tage. ft^^ . j'^ la Marine, et Mémoire» de M, de Villelte, p. 181.) ^''

M. de' Château-Renault sortit de la rivière de Liii\)oti(ie i

I«80 UABINE DU XVII'' SIÈCLK. 36T

20 avril, et prit ]a route de Salé, où le Vice-Amiral ne put le suivre, la saison étuot trop avancée. M. d'ËsIrées partit de lu rude devaut Cascaye, le '25 mai 1680, parun vent contraire, cause d'un incident qui, heureusement, n'eut pas de suites fâcheuses. Le vaisseau les Jeux ayant manqué uu viremeut de burd, le calme et le courant le poussi^rent vers les Cuchopes , rocbcs où il aurait touché et sur lesquelles il se serait ouvert peut-être, si les perroquets mis à propos par ordre de M . de Villelte, et recueillant une légère brise haute, ne lui eussent fait franchir la passe où il était engagé , à l'abri du fort Saint-Julien. (Mimoires de M. de Vllletle, p. 53.) M. d'Ëstrées arriva à la Martinique la 34 juin, d'où il fit voile pour découvTir l'Armadilla, cause de son voyage. Le Chef de celte escadre, averti de l'arrivée des Français dans les mers des Antilles, eut l'art de se faire chercher et d'échapper à la rencontre d'un ennemi redoutable; il se retira à la Vera-Cruz. M. le Vice-Amiral revint en France, et dans les derniers jours de février lG8t mouilla sur la rade de la Ilochelle'. M. de Vaihelle, avec les vaisseaux le Parfait, qu'il moulait, le Bardi, qui avait pour capitaine M. de La Porte; la Sirène, couimandée par M. de Montrcuil de Sébeville, et la Frégale-Royale, aux ordres de M. Des Gouttes, était allé établir sa croisière sur la côte

* d'Afrique , allant d'Alger à Tripoli et de Tripoh à Alger. Il serra de n près la terre qu'aucun navire corsaire de ces régences ne put lorlir d'un de leurs parts ou y entrer, navigation d'autant plus méritoire qu'elle ^ait difficile, étant faite pendant les mois de février et de mars, où régnent des vents violeots qui battent en côte et rendent dangereuse l'approche du rivage africain.

Deux instructions envoyées à Du Quesne (28 mars et 21 avril 1680) lui prescrivaient : la première, d'aller avec sept vaisseaux

^ d'abord à Tripoli pour se faire voir et enipâcher les corsaires tripolitains de sortir, puis , après quelques jours passés dans cette croisière, de se rendre dans l'Archipel et d'aller savoir à Smyrue sî des marchands français étaient là attendant une escorte pour revenir en

* Disa quo M. le Vice- Amiral a'sùl pa salliriire tu |)riDcipal Aitit du Roi dîna !■ . Ulùte &a Bipignnli, la campagne ne Tut pai gins int^rdl. M. d'Kilr^«s en i racontd bi dlven incidenlt dam douie leltrei ou mémoirCT adreji*< i W. de Seignelay. U. Uouinen|Uè a impriara en piècsl i U luila d&i tl^muiret du mirquii do Uil[«tte. Ndui ne pauirioua ni lei publier ici i noire lour, ni en donner la (ubilancn ; l'ospara Doui manque, cl noua cngageuns los Ircleun rurîcux de dctalla que nuus lonimea (Àtigé d'omettre, de racoorir aiu UémoirM dont M. Monmerqu^ h fit l'éflittur. an 18U.

ABRAHAM DU QUESNK.

ISTlJ

France. Le Roi comptait que la présence de cette escadre coDlraindrait la Porte Ottomane à accorder à l'Ambassadeur de Sa Majesté les honneurs du sup/ia, que le Grand Vizir g'obslinaît i lui refuser ' . Par la seconde instruction, il élail ordonné à Du QuesnA de 'travailler à enfermer dans leurs ports les galères d'Espagne^ celles de Gènes, que commandait un Doria [le duc de Tursi). celleS' qui pouvaient élre à Cacjliari , à Carllia,^ènc ou à Naples , ou , si ellw étaient à la mer, d'empêcher leur jonction , et, dans te cas ofi il )i rencontrerait, de leur demander le salut et de l'obtenir par la forccE' des armes, si elles s'avisaient de le refuser. C'était bien des choses 1 mener à Hn; mais le Itoi voulait que « le sieur Du Quesnc n em-i plojàl u tout ce que sa longue expérience et sa capacité lui » dont naient " de connoissance dans la nuvigalioa pour parvenir à cet' Gns » . I,'

Les choses n'allaient pas aussi vite qu'on l'avait pensé à Saint* Germain. L'escadre de Du Quesne ne put être prèle que dans le* premiers jours du mois de juin. En allendanl, noire Lieutenant général entretenait avec M. Colbert une correspondance, au chapitre de ses intérêts. Nous l'avons vu plus haut les recommander chaudement au Ministre {10 avril), cl nous avons publié le pass8gs> de la réponse de celui-ci , qui donne à Du Quesne l'assurance qiu M. Colberl et son Gis l'assislcroiil dans tout ce qui intéressera te» » affaires domestiques, lorsqu'on " leur i> en parlera n (p. 365). Du Quesuc accusa réception de cette lettre , le 1 U mai , en insistant ses services et ses besoins, u Considérez un peu, s'il vous piaf t, lelong) X temps qu'il y a que je travaille avec action sous vos ordres /Nnr >i acquérirdela gloire à lamarine; c'est vous qui en avez fait remat^ n quer au Roy les plus considérables endroits. De grdce , Monsô*,, « gneur, ne les oubliez pas , aCn qu'ils vous engagent à la protectîoi » de ma famille , pendant que je continue mes services el par len» <• et par mer pour vous complaire et à Monseigneur le marquis de 0 Seignelay , qui n'a pas laissé de m'oublier quand il m'a adressé un » contre-ordre pour retourner à Toulon , m'y embarquer, sam m'acoîr ^i/ait paijer mon voyage de Provence ni la gratification du Itoi guil a « bien voulu me promettre pour celui de Port-tendres et de Sainl-Ger- * vais. De quel fonds a-t-il pu croire que j'aie pu faire cette dépense « cïlraordinaîrc , pour laquelle/ai été obligé de )>ie servir du fonds tfc

nné Inu

Im détails de l'ilTaire da Snplia, ci^dcuH), yt^tê Ifr «

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■ mon amtemenl, ajaiit prétendu le remplacer par celui de mes » voyages et g raltiî cation promise.,. Souvenez-vous de grâce de la

■ réponse favorable que vous nie Ries, en me disant que vous porte- » riez le Roi à nie donner de quoi subsister avec honneur. "

, Il est vraiment triste de voir un vieil olficier, un des plus éniineuts, disons le plus éminent du corps de lu marine, obligé de descendre à la prière afin d'obtenir le juste remboursement des sommes qu'il a dépensées pour le service de l'État, et une gralilicatian que le prince lui a fait promettre solennellement pour uu travail bien plus du ressort d'un ingénieur que d'un capitaine de mer. Il n'est pas moins douloureux de voir un général qui doit l'exemple à tous ses inférieurs , employer l'argent destiné à payer les dépenses de l'arlement de son vaisseau, à des frais de voyage, étant si près de pièces, comme on dit, par sa fortune délabrée, qu'il ne put faire crédit au Roi de quelques deux ou trois cents livres. Ce passage de la lettre de Du Quesne dut frapper H. Colbert d'une façon pénible. 11 pressait le commandant do l'escadre de partir, se plaignait du peu de bâte qu'on apportait à l'armement des vaisseaux, et il apprenait par le coupable lui-m(!me — était-ce bien un coupable? — que le fonds destiné au Saint-Eiprit avait' été appliqué à un tout autre usage! M. Colbert s'emprcssa-t-il d'acquitter sa promesse? Nous ne le voyons pas, mais nous devons penser qu'il ne laissa point partir Du Quesne sans l'avoir muni d'un peu plus d'argent qu'il n'en devait recevoir pour son traitement , sa pension et sa table. .\ous soupçonnons que M. Colbert fut pris d'un peu de mauvaise buintuir en lisant la lettre du premier capitaine <lu Saint-Etpril , et il nous semble que cette humeur durait encore lorsqu'il écrivit ceci à M. de Vauvré :

mi - Lb pri^leiilion que le sieur Du Quesne b que, quelque vBisseau qu'il Inotilc, lia lui doit fournir Is m^me quantité d'agràs et munitions r|De s'il Dionloil un vaisseau du premier ran|{, esld'aulanl pins mal fondée que. lorsqne Sa Majesic a fait le règlement du 10 février I6'7i, Elle n'a pas prétendu rcgler les quanlilés des agrès et rechanges à fournir, par le rang et la qualité de ceux qui commandent ses vaisseaux , mais par le besoin que ces vais.'«eaiii eu avoient, suivant leur grandeur. l,edit sieurde Vauvrc observera donc n (il avait cédé, le pauvre Intendant !) , u dans la conduite qu'il lieudra k regard dndit sieur Du Quesne, de soivrc ses ari», comme d'un homme habile et consommé dans ce qui concerne Is marine « (celle phrase sert ordlnairemcol de passe-port à nn reproche adressé à Du Quesne, ou j^ DO InlenJant à propos de Du Qiiesiie), " lorsqu'il ne propose rien de contraire à ce qui a ëlé réulé par Sa Majesté ; ntais lorsqu'il (t dispense .1. ii

de feiécDliOD des ordonnances et règlumenU <!e marine , il ne dotl ji y ronEenlir qu'après en avoir informé Sa Majesté et reçu «et ordres anjel. » (Arch. de la Marine, Dépêches, 1680.)

Du QuGsae était parli , le 18 ou 19 juïn , pourvu de tout ce qu'il ^ avait obtenu pour son vaisseau de la coniplaisaucc de M. de Vauvrc, I et si tes obscrvalioBS du Ministre , justes au l'ond , mais peut-être uo peu sévères , devaient lui être communiquées par l'Intendant , comme avis pour l'avenir, ce ne serait qu'à son retour, et alors il n'en tiendrait prubablemcut pas plus de compte qu'il n'avait tenu compte dans le passé {t'averlisscmenls analogues. Espérer réformer Du Qucsne en cg qui était de ses exigences, c'était une prétention que Banf! doute n'avait pus M. Colbert; mais il protestait pour l'hon- . neur des ordonnances et dès règlements qu'il avait faits et que [ Qnesne respectait un peu moins que ses camarades, t ^ pectaient guère.

- Après avoir montré son pavillon dans le golfe de Naples, qu'il bvuva vide de galères, après avoir paru à Port-Farine, d'où il écrivil le 28 juillet, et avoir passé à Palerme, à Caglinri cl à la Goulelle, ce qu'il annonça par une lettre du 17 août, Du Quesne se rendit & Tripoli. 11 arriva le 25 août, et célébra la fête du Roi - par des coups de canon, suivant la coutume des vaisseaux de Sa Alajcslé •< . Le lendemain , un coup de vent le força , au lieu de mouiller devant U ville, de fuir à l'Est , l'espace de plus de aoiiantc tieues . La teiiH péte apaisée, le 29, l'escadre jeta l'ancre dans la baie de Tripoli. Un certain Jacques Martin , patron d'une barque , avait dit à Toi an mois d'avril, que le Pacha, gouverneur de la ville, lui S] demandé s'il était vrai que l'on armait en France vinfjt vaisseaux trente galères pour faire la guerre aui Tripolitains , il avait répondu que la nouvelle était vraie; sur quoi le Pacha avait répliqué : '•. Il " n'est pas besoin d'une si grande armée ; il sufGroit de quatre vais- ■ seaux, avec ordre de faire la paix. " C'était sur la foi de ce propos que l'escadre de Du Quesne était allée k Tripoli. M. de Cbaumoni, major de la marine , fut envoyé au Bey pour lui annoncer l'arrivée des vaisseaux français et lui demander s'il était dans « le même sen* n liment qu'il avait témoigné pour la paix •> par la boucbe du Pacba. Le Bey parut fort surpris de ce discours, auquel il répondit qu'il n'avait point entendu parler du patron Jacques Martin ; que le Pacha ne commandait point dans lu Régence, mais lui Bey; que quant i la paix, il n'était pas en son pouvoir de la faire seul , qu'il lui

non-

lut ^^^

lUO UARINE ou XVII< SIÈCLE, 3TI

lail t 'assentiment de la milice, et que lous lus membres ea étaient

alors à la mer sur les navires de g[uerre du pays -, enlin que si l'on

voulait revenir dans trois mois on aviserait. Cette <• réponse Iroide

|.ia et négligente, pleine de mépris », suivant l' expression de Du

l'Quesne, <> conlirmoit bien les sentiments de ces corsaires n. Le

LCoDsul anglais , résidant à Tripoli , se montra » plus ennemi des

■ Français que les corsaires eux-mêmes " , ce qui indigna Du Quesne.

KOuis des lettres que cet agent écrivit eu Italie et qu'on intercepta,

il dit que * les v&isseaux du iloi avoient été demander la paix à Tri-

n poli et qu'on s'y étoU moqué d'eux, n On recannait ici l'ancienne

bienveillance anglaise à noire égard.

Du Quesne, ne voyant aucun bâtiment tripolitain dans le port, partit le 30 août, pendant la nuit, et alla croiser vers le cap Matapan cl Cérigo. Le vent le porta jusqu'à Zanle. Il rencontra ensuite vers les lies Sapience deux navires qu'il crut corsaires ■■ à leur nian nceuvre et à leur bannière rouge et ronde par le battant b , c'est-àdire, h leur pavillon rouge, aux angles extérieurs arrondis. Traqués par le Saint-Esprit, le Ferme, l'Heureux, ie Fortuné et la petite frégate, ils se rendirent. C'étaient deux tripolitains servant au commerce particulier que faisaient le Pacha et le Kiaïa de Tripoli. Leurs équipages étaient Inrcs , bien qu'ils eussent " le toupet sur la tête " . Va d'eux se donnait pour habitant de Zante et " affranchi sortant d'escla- » vitudc ' , comme le dit Du Quesne. Le commerce de Marseille demanda la restitution de ces deux navires " pour ne pas porter préju- IV dice au commerce des sujets de Sa Majesté. » (Lettre à M. de Vauvré, 9 novembre ItîSO.)

L'escadre se rendit à Tunis, d'où ie Lieutenant général écrivit au marquis de Seignelay la lettre qui nous a fourni les quelques détails que nous avons donnés (l"-23 octobre '). Nous ne quitterons pas

aoiu na ponioni reproduire sa ne. Elle en sortit nnaa lie uiods b t llPVolutioD, 0 le fui rnnEc i lu garde àeà cilojeDi nfméi de Vvruil buïi peadaiit l'hiccr, te chauflèrent avec dat carluni et dei Muiaa de dcKDioenli. Fiat-.jtre elon no girde DBlional intelligent sauta-t-ît dei Uammai, ea le l'appropriinl, celte pièce ioléreisante. Lu lettre porlanl 11 dauhle dite : • De li baye de TtiDiiii, ce I" octobre 1680 >, et: ■ Du gnlfe de Palme, ce 33 octobre 16S0 ., a quitone pagei ia-Folio ; elle o'eit autographe que par la ligoature et deiu lignei de Du QoeiDc, AnnoDcée diuii le catalognu d'uae leate d'autographes faite en janiier e t récrier IS4S, elle fut miie lur lible le 3 révrier ISiS, et acqoîte, ao pHi de cent an IrBDci, par U, le (icoals Du tjufliiie, ilon capitaine de conetle,. brave et britiuil

< Cette lettre fort longue, et que poDr colle n I entier, appartint aui Artliiiea de li elle épuquc; penl-étrv ful-c

li le d^pât dea papiers

ST3 fSBRAHAVI DU QUESNE. I«SO

ce docoment sans lui emprunter un passade dont l'impression fut sérieuse sur l'esprit de l.ouis XIV, car l'opinion qui y est eiprimée trouva sa satisfaction dans la campagne qu'on Ut plus tard contre Alger. Du Qucsne, deinandnnt avec inst;mce tu permission d'aller en Cour pour informer le Minisire de 'i beaucoup de circonstances n qu'il estimait devoir t^tre observées si l'on voulait obliger les Tripolitains à la paix, ajoutait :

0 Je tiendray toujours i grand honneur d'y *tre employa ; mais , Monteigaenr, je vous demanderai en grice qu'il y ait liea d'espérer que le Roi y sera lervi avec succès et salisfaclioa ; car, en vôrité . ces médiocres tentatives ne l'oDi qn'enorguoillir ces corsaires et font dëïhoaneur a la marine, et la dépense que l'on fera de la manière qne l'un a fait jusque» à présent contre Tripoli el Alger «eroilà mon avis mieni employée ailleurs..." Ici se montre en son jour le sens droit de Du Quesne. Il n'ose point blâmer ouvertement ce système des escadrilles de trois, quatre ou cinq vaisseaux , i qui n'a rien produit « ; mais il fait assez comprendre quelle est son opinion à ce sujel. Il voudrait de fortes escadres, des déoionstrations sérieuses, des entreprises grandement conçues et menées avec l'énergie qui prépare et assure le succès; sons imposer son opinion, mais en la présentant dans toute sa sincérité, il conseille de substituer aux petits armements des armements capables, par la peur qu'ils inspireraient, ou par lu force qu'ils déploieraient, de contraindre les Barboresques à tenir aux traités faits avec eux. L'bonneur de la marine y est attaché, et l'honneur de U marine touche vivement son patriotisme.

Dans sa lettre, revenant à une idée qu'il avait plus d'une fois exprimée, et qu'on avait condamnée chez lui, Du Quesne parlait loyalement ainsi ;

u Je suis encore obligé de vous dire , Monseigneur, qu'en cas qtu Sa Majesté fasse armer de set vaisseaux l'année prochaine, il est de la oéi'essilé de son service de consen-er la soldatesque qui est sur cette escadre. El]e est belle et bonne, ngiierrie à la mir el au biscuit, et je ne crois pas qu'il y on ait cinq de^cenl à rebuter '. n

offlcicrqni mou ml Contre- Amiral. Cet originnl nnai fut vomaïuniqa^ psr notraimi, U. le (iromtn Du Qumic, qoi en Gl faire uns eujiii!, liqnelle appirlisal aujourd'hui ani Archiio de ta Msrinc (Rugiilre Csiupsyiiei, 1680). Puisque uoua aïoni uomni H. te Ticomle Du Qumne, diiona qu'il n aumuinll Joieph-Uarie-Laurc, el que, oé il« HnvBne le IB décembre 1004, il laournl i la Hansno, le 3 jailiel I8Ï4, COOH naiidant l'eKadre des AdIiIIm.

' Comme il ïrrivii suuteni, Toblervalion de Du Quemo no fui point écoutée tonl d'ibord; mùi elle pnrla ion fruil un peu plus tard. Eu 1683, H. de Sei.qDehj

MABrNE DU XVn" SIÈCLE.

Suivant les ordres qui lui en Turent réitérés le ii septembre, Du Qucsne se rendit â Alger ii pour convenir de la restitution des » esclaves français faits par les Algériens contre la bonne foi des

■ traités - . Il éprouva là que, n'ayant pas la force nécessaire pour contraindre le Dey cl le Divan à accéder aux désirs de la France, il ne devait rien obtenir. Il revint à Toulon dans les derniers jours de

t novembre : il y trouva le con^é que le Roi lui accordait, et dont il ■ pouvait profiler aussitât que serait fait le désarmement de ses vaisseaux. Il pressa cette opération, car il avait bâte d'Être k Saint-Germain pour reudre compte de sa campa;|ne à Louis \IV, à Paris pour voir M. Colbert et donner ses soins à ■> ses affaires domestiques n , qu'il regardait comme en ^laaA péril par ses longues absences. Madame Du Quesne y avait veillé, sans doute ; mais pour les rétablir il fallait son action incessante. Le 18 juin 1680, madame Gabrielle de Bernîéres, qui avait quitté la rue des Douze-Portes, où ' elle était logée en 1676 (acte du 29 septembre, chez M* Defresne, notaire), et était allée rue du Sépulcre (aujourd'hui rue du Dragon), avait pris à bail, pour trois ans, une maison de M. Jean Girard, architecte et entrepreneur des bâtiments du Etoi et de Monsieur, demeurant rue Saint-Jacques. Ce bail , elle l'avait fait au nom de Bon mari et au sien propre, » en vertu de la procuration générale i que Du Quesne lui avait « passée pour toutes leurs affaires ". La maison qu'elle louait, qu'elle habitait déjà, et qui, sous la plume du notaire, prit le nom d'Hâtel, était u sise rue du Sépulcre, paroisse n Saint-Sulpice " . (Nous n'avons pu en connaître l'emplacement.) C'était ' une grande maison à porte cochére, consistant en cour,

■ caves, écurie, remise de carrosse, petit jardin, cuisine, salle de

■ commun, entre-sol, lieux, appartenances et dépendances de ladite

■ maison, ainsi qu'elle se poursuit et comporte. " Le prix du loyer était " neuf cents livres tournois » . L'acte fut >i fait et passé en l'tiàtel ■> de ladite dame, l'an mil sii cent quatre-vingt, le 18*jourdejnin " ,

^criiil à U. de Dfmuiii, JDlFQcIsiit de Rgrhsrnii : • Il faut atait un coi|ii du aoldiU loujoun prjli i tenir, bSh d'inviter l'iaFODiénieDl dei nauietlei teiici e( d'ivoir dea geni accoulum^a à ta mer et recoiinui brave» tt capables de lenir. ■ l.e Roi i riiulu.

■ unlre lei 4ea> cenU loldits eutreteaui camme gardieoi • (dei laiiseiui dsm le port) ' qui dotceul foriner lei compagniei , d'en SDlrelenir encore ta nombre de Iroii cenli. aaïqueli il doDoera la permiHÏou de l'en raloarner chei eiu pendanl quatre moïi de l'uméD, et qui wroDl piy^a de la deoii-talde à raiun do daui lODi ail deoieri par joor é . Oa voit ^e la aolde dea • béroi i cin^ wiia gii j<x>l|,;. *>'

déjl ..ci,™,. .•«. .«ii «i j JimX .

»74 ADHAHAM DU QUESNE. I

et signé : a Gabrielle de Bcmi^rc-Duquesoe («>), Girard. ■ (Mini de Leinaislre, chez M. Dcfrcane'.}

Une des choses qui appelaient à Paris Abraham Du Quesne )' quiélait un peu. Il n'avait pas fait encore la déclaration des terres qu'il possMail depuis longtemps en Bretagne, et les commissaires chargés de " la réforraatiou du papier terrier » de cette province lui demandaient celle déclaration et réitéraient leurs demandes obtenir de réponse. Il pouvait Atre poursuivi s'il ne s'exécutait il avait présenté requête au Conseil, et, le 5 juin, le Hoi lui ai accordé nn arrêt de surséance, son service le retenant dans le Levant. Mais, arrivant à Paris, tout prétexte cessait, et il fallait satisfaire aux injonctions des commissaires. C'était de quoi l'occuper pendant un certain temps ; ce n'était cependant pas l'objet essentiel auquel il lui fallait s'attacher. L'emploi des deux cent mille livres que lui avait promis Louis XIV, et qui devaient servir à l'acquisition d'une propriété considérable, était au nombre de ses premiers s la Viec-Amirautè, qu'on tenait toujours suspendue devant ses y< et qu'il Fallait gagner par une abjuration ; que d'a^'aires ! A la fin' du mois de novembre, on lui paya six cents livres u pour les quinse 1 derniers jours dudit mois s ; en 1681 seulement, on lui paya mille livres pour ses appointements du mois de décembre 1680, (i dn contrôle du port de Toulon.)

Le 9 décembre 1680, M. de Seignelay écrivait i Du Qaeme ti Xoi npprÎH . par la lettre qne vous ave/ pris 1s peine de m' écrire , 30* dit mois pasEt!, tfoe roiis Hes arrivé h Toulon avec Ions les vsiaseani que vous commanilet. J'ai ëtii lilen aise d'apprendre en mdme temps l'état auquel est votre santé ; et , comme je ne doute point que vous ne | promplement pour venir ici, suivant la permission que le Boi vou doQDiie, J'alleodrai que vous soyez arrive pour vous entretenir de ce y aura à faire l'aDoce prochaine dans la Méditerranée, n

Le 11 novembre, le Ministre avait écrit ii M, de Vauvré, à proi du futur retour de Du Quesne ;

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« A l'égard de ce que l'égard du sieur Du Qntsn

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Do Ounne éUtI i moiHD. C'cat une crranr qtiD noas re^rrltoni accBionï liia-fruiehemail. Da <)ne

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